• Décryptage

    Dette publique : pas de quoi paniquer !

    Christian Chavagneux 17/12/2018
    https://www.alternatives-economiques.fr//dette-publique-de-quoi-paniquer/

     

       Les mesures annoncées par Emmanuel Macron pourraient porter un coup à la dette française qui frôle les 100 % du PIB. Est-ce si grave ? Ce n'est pas elle qui devrait nous inquiéter le plus. Plongée dans ses arcanes.

       En juin 2018, la dette publique française représentait 2 300 milliards d’euros, l’équivalent de 99 % du produit intérieur brut (PIB), à la limite de la barrière symbolique des 100 %. Mais les symboles sont importants : l’économiste britannique John Maynard Keynes nous a expliqué depuis longtemps que la psychologie joue un rôle clé dans le comportement des ménages, des entreprises et des investisseurs financiers. Faut-il donc s’inquiéter du niveau actuel de notre dette ?

    Pour les économistes libéraux, la réponse est oui : il reflète une excroissance de la présence de la puissance publique dans l’économie. Et tout ce qui va financer les administrations publiques représente autant d’épargne disponible en moins pour les affaires privées. Chez les économistes héritiers de Keynes, la réponse est également positive, mais pour une autre raison : plus la dette monte, plus les rentiers reçoivent les intérêts de la dette et accroissent leur richesse sur le dos des contribuables et de l’économie productive.

    Aucune étude ne démontre qu’une dette publique pose un problème à partir d’un niveau particulier

    Dette publique : pas de quoi paniquer !

       A lire Les dossiers n°16 - 12/2018

       Pourtant, aucune étude ne démontre qu’une dette publique pose un  problème à partir d’un niveau particulier. Les économistes américains Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff pensaient avoir montré que toute progression de la dette publique au-delà de 90 % du PIB entraînait des conséquences néfastes pour l’économie. Mais quand un jeune thésard a refait leurs calculs, il a découvert qu’ils s’étaient trompés dans leurs chiffres... De fait, avec une dette publique de l’ordre de 55 % du PIB, l’Argentine est en pleine crise tandis que le Japon vit sans souci avec ses 235 %. En réalité, la situation de la dette publique s’apprécie au cas par cas pour chaque pays. Qu’en est-il pour la France ?

      1. Comment la dette publique française a-t-elle évolué ?

      Pour bien comprendre la dynamique de la dette publique française, il faut prendre du recul. Une mise en perspective historique sur un siècle et demi en dévoile les trois déterminants clés : les conflits, les crises et la dérégulation libérale des dernières décennies. Les deux premiers éléments se comprennent facilement.

    Les guerres entraînent un surcroît énorme de dépenses publiques qui creuse les déficits et les dettes. La faiblesse, voire la chute, de l’activité lors des crises économiques se traduit par une diminution des recettes fiscales, en même temps que les dépenses d’un Etat-providence peu développé (années 1930) ou plus développé (post-subprime) s’accroissent. Cela accentue les déficits publics et les dettes en même temps que le PIB s’effondre : le ratio dette sur PIB ne peut qu’exploser. 

    Les entreprises françaises sont trop endettées

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  • Une répression policière sanglante sans précédent dans l'histoire de la V° République

    https://www.libre-consentement-eclaire.fr/

    Alors que des milliers de gilets jaunes qui voulaient venir manifester à Paris en ont été empêchés par la police qui bloquaient les routes (des dizaines de voyageurs ayant payés leurs billets de TGV ont été retenus à Bordeaux par les CRS au motif qu'ils avaient des gilets jaunes), stoppaient les bus, agressaient des personnes âgées ou encore handicapées, on peut voir sur les centaines ou les milliers de vidéos sur les réseaux sociaux sur les graves exactions policières à l'encontre de manifestants pacifiques et inoffensifs .

     Un silence médiatique révélateur

      Jamais par le passé nous n'avions assisté sur les plateaux télévision (en particulier du BFM) à un tel soutien aux forces de l'ordre qui étaient présentées comme de pauvres victimes des gilets jaunes. On pourrait aujourd'hui affirmer « Violences policières, presse complice ».

     Pourtant, le bilan est lourd, des morts, de pieds esquintés par des grenades militaires explosives, des mains arrachées (il y en aurait 3), des visages à jamais déformés, des dents qui ont explosées dans les bouches de ceux qui se prenaient un tir de « Flash-Balls » en plein visage, des vies de jeunes femmes brisées à jamais comme celle de Fiorina, 20 ans, victime d'un tir tendu et qui a perdu un oeœil, des milliers d'arrestations, de garde à vue et bientôt, n'en doutons pas un instant, de lourdes condamnations pénales.  

    Rappelons que, contrairement aux casseurs, aucun gilet jaune ne pouvait venir manifester à Paris avec un objet de protection ou un objet qui aurait pu servir d'arme par destination.

    Des manifestants inoffensifs, pacifistes victimes de « souricières » policières tendues par la police de Macron et de la France en Marche.

    Les nombreux témoignages l'attestent, des groupes de centaines de gilets jaunes se sont retrouvés parqués dans des petites places d'où ils ne pouvaient pas s'échapper et ils ont fini tabassés et gazés par les forces de l'ordre.

    Des policiers en civil d'une violence inouïe se sont fait remarquer un peu partout. Leur plaisir manifeste si l'on en croit les vidéos : le tabassage de gens calmes et désarmés, les tirs tendus de « Flash-Balls ».

    Des engins de guerre et des grenades militaires affectées à la répression des gilets jaunes.

    Autre nouveauté à mettre au crédit du président Macron et de la France en Marche, le recours à des blindés, dont plusieurs spécialistes pensent qu'ils projetaient des armes chimiques incapacitantes sur les manifestants, ce qui est nié par les forces de l'ordre pour qui ce serait le même gaz que pour les grenades lacrymogène. 

    Ajoutons également à cette panoplie répressive l'usage de grenades explosives militaires qui arrachent les mains et explosent les pieds tout en provoquant des dommages irréversibles aux tympans, les fameuses GLI-F4 dont la gendarmerie affirmait qu'il n'y en avait plus en stock après l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes. 

    Un policier en civil filmé avec un marteau à la main, c'est ce que l'on peut voir sur cette vidéo en cliquant sur « Policier avec un marteau à la main ».(https://www.youtube.com/watch?v=XY28rGzHshY) 

    Avec Emmanuel Macron, ce n'est plus « La France en Marche ! » mais « La dictature policière sanglante vous écrasera à coups de marteau ! »


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  •                                                               2018      192 p.   10 € 

       L'illusion d'une sortie de la crise actuelle par des politiques néolibérales est-elle nouvelle ? C'est ce que prétend incarner Emmanuel Macron, en voulant créer une mystique salvatrice via ses réformes économiques et sociales.   Un an après son élection, Attac et la Fondation Copernic décryptent dans cet opus les impasses d'une politique qui se prétend résolument moderne alors qu'elle n'a de cesse de prendre des mesures issues de I'"ancien monde". A l'illusion du "en même temps" se sont adossés un rapport au pouvoir parfaitement éculé (car conçu comme autoritaire et vertical), et surtout la mise en place d'une politique de fuite en avant néolibérale, où remise en cause des droits sociaux et cadeaux aux plus riches participent à renforcer le pouvoir de ceux qui l'ont déjà.   
       Cette nouvelle gestion froide et cynique de la chose publique se met en place au sommet de l'Etat avec l'arrivée d'un contingent de jeunes bureaucrates : les Macron's Boys and Girls. Ils sont à la base d'une nouvelle machine technocratique alimentée par des réformes où progrès social et écologie sont les grands absents. Un business model, qui se prétend dénué de toute idéologie, est mis en place dans la start-up nation France.
      La Macronie s'est dotée d'une novlangue faussement innovante et porte aux nues un illusoire salut néolibéral où seuls les premiers de cordée, les puissants et la nouvelle "noblesse d'Etat libéral" trouveront grâce. Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron parie sur l'anesthésie de la société. Mais le réveil risque d'être douloureux. Face à une telle visée, voici un ouvrage qui propose à tous ceux qui ne se résignent pas, un projet porteur d'une autre vision de la société...
     

     

       Fondée en 1998 et présente dans plus de quarante pays, Attac est une association qui résiste contre le pouvoir pris par la finance et les multinationales sur les peuples et la nature, et lutte pour la justice sociale et environnementale. La Fondation Copernic travaille à "remettre à l'endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l'envers". Elle n'est liée à aucun parti politique, syndicat ou association et s'adresse à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l'ordre néolibéral. Elle vise à faire réfléchir ensemble chercheurs, militants associatifs, syndicalistes et politiques.

     


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  • Traité de commerce Japon - Union Européenne, nous avons 15 jours pour agir !

     
     

    Interpellation 28 novembre 2018

     
     

    Démarrées en 2012, les négociations du JEFTA, traité de commerce et d’investissement entre l’Union européenne et le Japon, sont restées opaques jusqu’en septembre 2017.

    Il nous reste 15 jours pour agir !

    Ce texte doit être soumis à l’approbation du Parlement européen entre le 11 et le 13 décembre prochain sans consultation des parlements nationaux.

     
     
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    Le Collectif Stop TAFTA-CETA et contre les accords de libre-échange interpelle les parlementaires européens pour qu’ils votent contre ce traité.

    • > Le JEFTA contient un chapitre sur la coopération réglementaire, voie ouverte aux entreprises transnationales pour influer sur les réglementations nationales, notamment en matière d’agriculture, de droits sociaux, de protection de l’environnement, du consommateur et des données personnelles.
    • > Il adopte l’approche des « listes négatives » pour la libéralisation des services : tout service qui n’est pas explicitement exclu de l’accord est considéré comme un marché ouvert. La défense des hôpitaux, écoles et transports publics n’est plus garantie si ces services ne sont pas explicitement protégés par les États.
    • > Le JEFTA ne comporte pas de mécanisme de sanctions rendant contraignantes les normes sociales et environnementales référencées dans le chapitre sur le développement durable.
    Le Collectif Stop TAFTA-CETA France demande aux eurodéputé·e·s français·e·s de voter contre le JEFTA et de s’opposer à la logique des accords commerciaux secrets qui font passer les intérêts des entreprises avant tout !
     
     

    Attac France — 2018
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  •   La grande escroquerie du téléthon.

    Le professeur Testard dénonce une escroquerie.   décembre 2008                

        C’est scandaleux. Le Téléthon rapporte chaque année autant que le budget de fonctionnement de l’Inserm tout entier. Les gens croient qu’ils donnent de l’argent pour soigner. Or la thérapie génique n’est pas efficace. Si les gens savaient que leur argent va d’abord servir à financer des publications scientifiques, voire la prise de brevets par quelques entreprises, puis à éliminer des embryons présentant certains gènes déficients, ils changeraient d’avis. Le professeur Marc Peschanski, l’un des artisans de cette thérapie génique, a déclaré qu’on fait fausse route. On progresse dans le diagnostic, mais pas pour guérir. De plus, si on progresse techniquement, on ne comprend pas mieux la complexité du vivant. Faute de pouvoir guérir les vraies maladies, on va chercher à les découvrir en amont, avant qu’elles ne se manifestent. Cela permettra une mainmise absolue sur l’homme, sur une certaine définition de l’homme" : Jacques Testard, directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), spécialiste en biologie de la reproduction, "père scientifique" du premier bébé éprouvette français, et auteur de plusieurs essais témoignant de son engagement pour "une science contenue dans les limites de la dignité humaine", dans une interview accordée à Médecines-Douces.com.

       Testard écrit aussi sur son blog : "Les OGM sont disséminés sans nécessité puisqu’ils n’ont pas démontré leur potentiel et présentent des risques réels pour l’environnement, la santé et l’économie. Ils ne sont donc que des avatars de l’agriculture intensive qui permettent aux industriels de faire fructifier les brevets sur le vivant. Au contraire, les essais thérapeutiques sur les humains sont justifiés quand ils sont la seule chance, même minime, de sauver une vie. Mais il est contraire à l’éthique scientifique (et médicale) de faire miroiter des succès imminents des uns ou des autres. Malgré la persistance des échecs, les tenants de la thérapie génique (qui sont souvent les mêmes que ceux des OGM) affirment que « ça va finir par marcher  », et ont su créer une telle attente sociale que la « mystique du gène » s’impose partout, jusque dans l’imaginaire de chacun. Le succès constant du Téléthon démontre cet effet puisqu’à coups de promesses toujours réitérées, et grâce à la complicité de personnalités médiatiques et scientifiques, cette opération recueille des dons dont le montant avoisine celui du budget de fonctionnement de toute la recherche médicale en France. Cette manne affecte dramatiquement la recherche en biologie puisque le lobby de l’ADN dispose alors du quasi monopole des moyens financiers (crédits publics, industriels, et caritatifs) et intellectuels (focalisation des revues, congrès, contrats, accaparement des étudiants…). Alors, la plupart des autres recherches se retrouvent gravement paupérisées - une conséquence qui paraît échapper aux généreux donateurs de cette énorme opération caritative…"

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  • Le lobbying pharmaceutique représenterait 14 millions de liens d'intérêt avec divers professionnels de santé

    Journal de 8 h par Rédaction, Clara Lecocq Réale et Sophie Delpont

    tous les jours de 8h à 8h15     13/11/2018

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  • Le messie des plantes (Carlos MAGDALENA)

                                                                  2018    304 p.  20,90€ 

       Carlos Magdalena s’est fait une spécialité de rapporter, de ses expéditions à travers le monde, les espèces végétales les plus rares, les plantes les plus belles, les derniers spécimens en voie de disparition. Horticulteur et botaniste au célèbre Kew Garden, près de Londres, le jardin réunissant la plus grande diversité végétale au monde, il a sous sa responsabilité plus de 7  000  espèces dans sa nursery, une véritable «  arche de Noé voyageant à travers le temps  » pour les fleurs et les arbres. Son combat  : sauver les espèces rares de la disparition écologique.
       Dans cet ouvrage, Carlos Magdalena fait le récit personnel et vivant de son parcours et, surtout, de ses voyages dans les lieux les plus reculés et dangereux – des jungles de l’île Maurice aux zones les plus inaccessibles du bush australien. Il y décrit aussi ces techniques innovantes pour pousser les plantes à se développer.
      Mais ce livre est avant tout un recueil d’histoires extraordinaires, sur les secrets des plantes extraordinaires  !

       Carlos Magdalena est né en 1972 en Espagne. Botaniste, il est aujourd'hui responsable de la "nursery tropicale" du Kew Garden.


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  •       La lettre de Charles aux princes William et Harry au sujet de la   protection de la nature

         Charles appelle à une action urgente pour faire cesser les abus contre les peuples autochtones

         Octobre 2018

    Cher prince William, cher prince Harry,

    Mon nom est Charles.

    Je vous écris du Cameroun, un pays où la protection de la nature a très mal tourné. J’aimerais vous faire savoir, ainsi qu’aux médias, que des innocents meurent à cause de cela et que vous devez les aider.

    Les forêts où vivait autrefois le peuple baka ont été transformées en parcs nationaux, concessions forestières et zones de chasse de safari, et ce sans leur consentement.

    Des écogardes, ou « gardes forestiers » comme vous les appelez, torturent les Baka et font de leur vie un enfer. Ils les dénudent et les frappent, les humilient, les forcent à se déplacer à quatre pattes et détruisent leurs campements, ainsi que leurs biens.

    Les Baka sont accusés d’être des braconniers bien qu’ils ne soient coupables de rien, si ce n’est d’essayer de survivre et de nourrir leurs familles. Ils sont punis parce que des étrangers ne comprennent pas leurs modes de vie, et non parce qu’ils ont fait quoique ce soit de mal.

    La protection de la nature est gérée par des étrangers qui ne connaissent rien des communautés qui vivent ici et de leurs lois. Les défenseurs de l’environnement semblent penser que les étrangers sont les seules personnes qui souhaitent protéger la nature et sont capables de s’en charger efficacement, mais cela n’a pas de sens à mes yeux.

    Votre conférence sur le marché illégal de la faune qui aura lieu ce mois-ci mettra l’accent sur la manière d’empêcher les braconniers de tuer des éléphants et d’autres animaux. Qui souhaite protéger la nature plus que les personnes qui la considèrent comme leur demeure et en dépendent pour leur survie ?

    Qui comprend mieux comment prendre soin de la nature qu’une personne qui a marché à travers la forêt tous les jours de sa vie et en connaît chaque plante, chaque arbre, chaque créature ?

    Travaillez avec eux, et non contre eux !

    Les Baka sont vos alliés naturels dans la lutte pour la protection de la nature, si seulement les défenseurs de l’environnement voulaient bien les écouter. Ne les excluez pas de cette lutte et ne les punissez pas de mener leur vie comme ils l’ont toujours fait.

    Et souvenez-vous qu’aucun projet de protection de la nature ne devrait avoir lieu sur un territoire autochtone sans l’accord de son peuple. Si ce n’est pas le cas, vos efforts de conservation de la nature n’aboutiront jamais.

    Charles Jones Nsonkali

    Charles Jones Nsonkali travaille pour l'organisation baka Okani. Cela fait trente ans qu'il se bat pour les droits des Baka.
     

         Okani
         Organisation communautaire du peuple baka

     


         Charles Jones Nsonkali  travaille         pour    l'organisation     baka Okani. Cela fait trente ans qu'il se bat pour les droits des Baka.

    © Survival


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  • Emmanuelle Wargon, ex-lobbyiste de Danone, à la Transition écologique

    Nicolas Hulot s’étonnait de la présence des lobbyistes dans les cercles du pouvoir et bien maintenant c’est une de ces lobbyistes et une d’un des plus grands pollueurs de la planète, qui entre au gouvernement et devinez où ? 

    A la transition écologique. Pourquoi se gêner !

    Ancienne lobbyiste de Danone, le 4° pollueur mondial en matière de plastique.  Et de façon générale, un des plus gros pollueur de la planète. 

    Il fallait oser le faire !

    Libération ne manque pas de s’en étonner. Et oui Nicolas, tu avais tant raison.

    « Danone figuraient en quatrième position, après ceux provenant de Coca-Cola, de Pepsi et de Nestlé. Danone fait aussi partie des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus les écosystèmes de la planète, pointait l’ONG WWF en 2016 La Lettre de Médecine du Sens n° 225

    Par Coralie Schaub 16 octobre 2018

    https://www.liberation.fr/france/2018/10/16/emmanuelle-wargon-l-ex-lobbyiste-en-chef-de-danone-a-la-transition-ecologique_1685676 

       Cette énarque de 47 ans, ancienne camarade de promotion d'Edouard Philippe, a été nommée secrétaire d'Etat auprès de François de Rugy. Une nouvelle illustration du «rétro-pantouflage», ou quand un haut-fonctionnaire passé au privé revient exercer des fonctions importantes au cœur de l’Etat.

    Emmanuelle Wargon à la Transition écologique

      «Qui a le pouvoir ? Qui gouverne ?» Fin août, pour justifier sa démission spectaculaire, Nicolas Hulot avait dénoncé «la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir», estimant que cela pose «un problème de démocratie». L’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire ne croyait pas si bien dire… Moins de deux mois plus tard, voici qu’arrive dans son ancien ministère, comme secrétaire d’Etat, Emmanuelle Wargon, rien moins que la directrice des affaires publiques et de la communication de Danone.

        Lobbying et pollution

       Soit la lobbyiste en chef du groupe alimentaire… l’un des plus gros pollueurs de la planète, en termes de plastique. La semaine dernière, Break Free From Plastic, une coalition de 1 300 organisations du monde entier, révélait que sur les 180 000 déchets plastiques ramassés dans l’environnement dans 42 pays en juin et septembre, ceux produits par Danone figuraient en quatrième position, après ceux provenant de Coca-Cola, de Pepsi et de Nestlé. Danone fait aussi partie des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus les écosystèmes de la planète, pointait l’ONG WWF en 2016.

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  • 2018      240 p.      18 €

       «  La dette publique est un danger pour les générations futures  », «  La France n’a pas fait de réformes depuis plus de trente ans  », «  Notre modèle social est inefficace  », «  Le Code du travail empêche les entreprises d’embaucher  », «  Une autre politique économique, c’est finir comme le Venezuela  »  ; telles sont les affirmations ressassées en boucle depuis plus de trente ans par une petite élite bien à l’abri de ce qu’elle prétend nécessaire d’infliger au reste de la population pour sauver la France.
      Ces idées ont tellement pénétré les esprits qu’elles ne semblent plus pouvoir faire l’objet du moindre débat. C’est justement l’objet de ce livre  : regagner la bataille des idées, refuser ce qui peut paraître du bon sens, tordre le cou à ces prétendues «  vérités économiques  ».
       Savez-vous qu’il y a eu plus de 165 réformes relatives au marché du travail depuis 2000 en France  ? Que nous avons déjà connu une dette publique représentant 200  % du PIB ? Que plus de la moitié de la dépense publique profite au secteur privé  ?
      Dans ce traité d’économie hérétique, Thomas Porcher nous offre une contre-argumentation précieuse pour ne plus accepter comme une fatalité ce que nous propose le discours dominant.
     
       Thomas Porcher est économiste. Membre des Économistes atterrés, docteur en économie à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, il est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages notamment

       -Introduction inquiète à la Macron-économie (Les petits matins)

    et de publications dans des revues académiques internationales.


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  •  Julia Cagé Professeure d’économie à Sciences Po Paris

    https://www.alternatives-economiques.fr//julia-cage

    Economiste, spécialiste des médias, Julia Cagé vient de publier Le prix de la démocratie aux éditions Fayard. L’auteure y pointe le désengagement de l’Etat qui finance de moins en moins la vie politique et la place croissante des dons privés aux partis. Une manne versée par les plus riches qui détermine ensuite les politiques fiscales menées par la majorité au pouvoir. Un véritable danger pour la démocratie. 

    Abstention, « dégagisme », populisme : on assiste un peu partout à un épuisement de la démocratie. Vous insistez sur le rôle du financement de la vie politique dans ce désamour

    Oui, celui-ci est lié en bonne partie au fait que le financement de la vie politique est monopolisé par les plus riches.Très peu de gens participent en réalité à ce financement : en France, 290 000 personnes seulement déclarent donner de l’argent aux partis politiques, 0,79 % des Français adultes. Mais parmi le 0,01 % des Français aux revenus les plus élevés, cette proportion atteint 10 %. Et ces Français parmi le 0,01 % des plus riches donnent en moyenne 5 200 euros par an aux partis, c’est-à-dire quasiment le plafond légal de 7 500 euros. Sans plafond, ils donneraient sans doute beaucoup plus encore, comme on le constate aux Etats-Unis.

    A lire Les dossiers n°15 - 09/2018

    Julia Cagé : « la démocratie ne doit plus être à vendre »

        De plus, ces dons des citoyens riches vont sans surprise très majoritairement aux partis les plus conservateurs, notamment sur le plan économique. Dans le cas de la France, ce phénomène est particulièrement frappant : en 2016, le parti socialiste avait touché 676 000 euros de dons, la République en marche, qui venait tout juste d’être créée, en a reçu 4,9 millions, et les Républicains 7,45 millions. Ce déséquilibre joue évidemment un rôle important puisqu’une campagne électorale coûte cher… Ce qui pousse les hommes et les femmes politiques à abandonner la course aux voix citoyennes pour privilégier plutôt celle aux donateurs privés.

       La régulation du financement politique ne change-t-elle pas la donne ?

       Il vaut évidemment mieux réguler que de ne pas réguler. Aux Etats-Unis, l’argent privé joue un rôle encore plus important qu’en France et les élections y coûtent aussi beaucoup plus cher. En 2016, l’élection présidentielle américaine a mobilisé 1,5 milliard de dollars de la part des candidats et de leurs comités de soutien, plus 3 milliards pour les super political action committees (PAC)1, soit 4,5 milliards de dollars au total. Dans les démocraties régulées, on n’atteint pas de tels montants.

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  •  Congo 1905: le rapport Braza... (Vincent BAILLY, Tristan THIL )

                                                                Futuropolis, 2018, 144 p., 20 €

       Pierre Savorgnan de Brazza, Pietro de son nom originel puisqu’il est un Italien naturalisé français, est un marin colonisateur qui mettra l’actuel Congo sous domination française à la fin du XIXe siècle. Il est connu pour préférer la diplomatie à la violence et, promu commissaire général du Congo français, instaure un régime aussi respectueux que possible pour l’époque des indigènes. Dénigré par des intérêts économiques qui entendent faire du territoire un lieu de profits fondé sur l’exploitation des populations, il est obligé de quitter son poste. La violence des exactions françaises finit par provoquer un débat à l’Assemblée et, en 1905, le gouvernement envoie Brazza enquêter sur place.

       Il n’en reviendra pas, emporté par les fièvres. Mais il a eu le temps de terminer son rapport dénonçant les pratiques abusives des entreprises françaises. Le texte est enterré et c’est l’historienne Catherine Coquery-Vidrovicth qui finit par remettre récemment la main dessus au milieu d’une source nombreuse de documents et de témoignages. Cette belle et passionnante bande dessinée raconte l’affaire qui a suscité le débat parlementaire, l’enquête et la mort de Brazza. Une histoire pour découvrir un homme et s’immerger dans la France coloniale.

       Un récit de Tristan Thil. Dessin de Vincent Bailly


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  •  Les industries du futur (Alec ROSS)

    FYP Editions, 2018, 328 p., 22 €

      L’ancien conseiller de Barack Obama sur les questions d’innovation nous donne le tournis par sa description du monde qui nous attend bientôt, dans une dizaine d’années. Une économie transformée mais pas forcément rêvée car, contrairement à de nombreux livres du genre, Alec Ross ne manque jamais de pointer la face sombre des évolutions technologiques en cours.

      Parmi les industries du futur, il y a la robotique. Toyota et Honda en sont les fers de lance au Japon. Les deux firmes utilisent leurs compétences en génie mécanique pour produire des robots aides-soignants destinés à une population rapidement vieillissante. Connectés en permanence, ils apprennent vite des autres robots, avec des corps en silicone ou en soie d’araignée, ils présentent un aspect humain étonnant. Leur développement, comme celui des voitures autonomes ou des drones, dépend désormais plus de notre acception sociale que des questions techniques. Les robots sont également présents dans les salles d’opération pour de la chirurgie complexe (aujourd’hui, on note encore beaucoup de blessures ou de décès). Beaucoup de métiers vont disparaître, Panasonic met sur le marché un shampouineur à 24 doigts, des robots remplacent déjà des serveurs dans les cafés.

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  • Histoire du paradis fiscal suisse (Chistophe FARQUET)

    Sciences Po Les Presses, 2018, 324 p., 26 €

       Cela fait plusieurs années que l’historien Chistophe Farquet publie régulièrement ses analyses sur l’histoire de son pays comme paradis fiscal. Ce livre est l’aboutissement de son travail, un texte dense qui retrace du XIXe siècle aux années 1980 la dynamique particulière de ce centre financier mis au service de l’opacité depuis plus d’un siècle. Plutôt que de résumer les différentes phases présentées dans l’ouvrage, on est tenté d’en tirer plusieurs leçons.

      D’abord, l’optimisation fiscale agressive est autant un marché d’offre que de demande. Lorsque la finance est en panne ou bien contrôlée, lorsque les fortunes se détruisent, les flux de capitaux à destination des paradis fiscaux se réduisent. Mais la qualité, si l’on peut dire, de l’offre suisse d’opacité lui a permis de toujours bien s’en sortir. Ajoutons que les Pays-Bas reviennent également souvent, c’est le pays oublié aux pratiques fiscales douteuses visiblement de longues dates.

      Ensuite, le pays a pu d’autant pu vivre longtemps comme un parasite fiscal qu’il a rencontré peu d’opposition. Les différentes tentatives de remise en cause sont bien analysées dans le livre : on comprend que leur échec a tenu à l’absence de véritables attaques. Les intérêts privés qui utilisent la Suisse ont pris sa défense comme les banquiers locaux. Mais les gouvernements n’ont pas toujours été à la pointe du combat : tant que l’on pouvait récupérer l’argent en empruntant sur le marché suisse, pourquoi se battre pour un résultat incertain ? Surtout lorsque l’Ambassadeur de Suisse en France constate en 1962 combien une partie des élites politiques utilise le secret bancaire… Enfin, on est surpris de constater combien la Suisse et d’autres territoires du même genre jouent un rôle clé depuis le début du XXe siècle. Après la lecture de ce livre, écrire une histoire économique du siècle passé et du nôtre sans analyser leur rôle ressort d’une incroyable myopie.


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  • 2018     192 p.    10 € (Poche)

       L'illusion d'une sortie de la crise actuelle par des politiques néolibérales est-elle nouvelle ? C'est ce que prétend incarner Emmanuel Macron, en voulant créer une mystique salvatrice via ses réformes économiques et sociales. Un an après son élection, Attac et la Fondation Copernic décryptent dans cet opus les impasses d'une politique qui se prétend résolument moderne alors qu'elle n'a de cesse de prendre des mesures issues de I'"ancien monde".  
       A l'illusion du "en même temps" se sont adossés un rapport au pouvoir parfaitement éculé (car conçu comme autoritaire et vertical), et surtout la mise en place d'une politique de fuite en avant néolibérale, où remise en cause des droits sociaux et cadeaux aux plus riches participent à renforcer le pouvoir de ceux qui l'ont déjà. Cette nouvelle gestion froide et cynique de la chose publique se met en place au sommet de l'Etat avec l'arrivée d'un contingent de jeunes bureaucrates : les Macron's Boys and Girls. Ils sont à la base d'une nouvelle machine technocratique alimentée par des réformes où progrès social et écologie sont les grands absents. Un business model, qui se prétend dénué de toute idéologie, est mis en place dans la start-up nation France.
       La Macronie s'est dotée d'une novlangue faussement innovante et porte aux nues un illusoire salut néolibéral où seuls les premiers de cordée, les puissants et la nouvelle "noblesse d'Etat libéral" trouveront grâce. Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron parie sur l'anesthésie de la société. Mais le réveil risque d'être douloureux. Face à une telle visée, voici un ouvrage qui propose à tous ceux qui ne se résignent pas, un projet porteur d'une autre vision de la société...

       Fondée en 1998 et présente dans plus de quarante pays, Attac est une association qui résiste contre le pouvoir pris par la finance et les multinationales sur les peuples et la nature, et lutte pour la justice sociale et environnementale. 

       La Fondation Copernic travaille à "remettre à l'endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l'envers". Elle n'est liée à aucun parti politique, syndicat ou association et s'adresse à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l'ordre néolibéral. Elle vise à faire réfléchir ensemble chercheurs, militants associatifs, syndicalistes et politiques.


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  •  Un ministre ne devrait pas dire ça (Christian ECKERT )

                                                         Robert Laffont, 2018, 285 p., 19 €

       " À Bercy, j'ai vu, de l'intérieur, la machine se mettre en marche. J'étais à l'épicentre d'une guerre intestine entre finances publiques et intérêts privés. L'État a cédé du terrain et des pans entiers de ses revenus les plus pérennes. Mon voisin de bureau, Emmanuel Macron, était toujours là, dans l'ombre, pour exercer son influence. J'aurais dû mieux résister. Aujourd'hui, le macronisme dispose des pleins pouvoirs. Aucune véritable analyse argumentée n'a été élaborée depuis son avènement. "
       Secrétaire d'État au Budget, reconnu pour ses engagements à gauche et sa droiture, Christian Eckert a passé trois ans à Bercy aux côtés d'Emmanuel Macron. Il nous dévoile les secrets inavouables de la mutation du ministre de l'Économie en candidat.
       Double jeu du futur président, compromissions des socialistes, jeux dangereux des lobbys, conflits d'intérêts, privatisations galopantes, coups tordus...Cette plongée inédite au plus haut sommet de la République révèle enfin la face sombre et ultralibérale du nouveau pouvoir.
    Une édifiante critique du président des riches qui veut sacrifier les bijoux de l'État au profit de la finance.

       L’ancien rapporteur du budget à l’Assemblée puis secrétaire d’Etat au Budget sous François Hollande offre trois livres en un seul. Il y a le témoignage de celui qui a été le collègue d’Emmanuel Macron à Bercy. Un ministre peu préoccupé par son travail mais beaucoup par la constitution d’un cabinet pléthorique préparant sa candidature et recevant à tour de bras ses réseaux dans la finance et la tech, les seuls qui comptent à ses yeux. On découvrira les coups de com’ de l’ancien conseiller de François Hollande, celui qui pousse toujours aux arbitrages les plus libéraux et pour qui l’intérêt général se résume à celui des intérêts privés. On comprend mieux le président à cette aune…

       Au-delà du cas Macron, l’ancien ministre règle ses comptes avec quelques anciens collègues, du PS ou d’Europe Ecologie les Verts. Ceux qui venaient le voir en lui demandant de suivre des politiques plus à gauche, appelant à plus de solidarité et rejoignant le nouveau président des riches pour sauver leur poste. Avec liste nominative des personnes concernées ; un ministre ne devrait pas dire ça… Enfin, un ministre, c’est vite dit. Christian Eckert n’était que secrétaire d’Etat alors que Gérald Darmanin, son successeur, a le titre de ministre. Et donc refuse de s’abaisser à une passation des pouvoirs avec un simple secrétaire d’Etat. Un chapitre justement intitulé « le melon de Darmanin ».

    Christian Eckert a été en charge de notre politique fiscale et il connaît son sujet. Il rappelle comment, sous l’influence d’Emmanuel Macron, le gouvernement a cédé aux fameux pigeons manipulateurs d’informations mais a bien supprimé la demi-part des veuves, moins glamours que les patrons de la tech. Il revient sur les débats concernant le financement des collectivités locales. Et bien sûr sur la lutte contre les paradis fiscaux, pointant du doigt le rôle délétère d’un conseil constitutionnel bloquant de nombreuses avancées en la matière. Bref, on ne s’ennuie pas dans ce livre limpide d’un homme modeste, compétent et fidèle à ses convictions, des qualités rares dans la classe politique.


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  • Le Conseil de sécurité des Nations unies réfléchit à s’emparer du sujet du changement climatique

    La perte de ressources naturelles en raison de sécheresse et d’événements climatiques extrêmes est un facteur aggravant pour les conflits et serait favorable au recrutement des groupes terroristes. Aussi, le Conseil de sécurité des Nations unies s’interroge sur la pertinence de s'emparer du sujet. Si la Chine et la Russie sont plutôt sceptiques, les Européens poussent en ce sens.

      Le Conseil de Sécurité de l'ONU s'est réuni, à l'initiative de la Suède, pour débattre du réchauffement climatique.
    @UNphoto/LoeyFelipe

      Le sujet sensible" du lien entre réchauffement climatique et conflits a fait l'objet d'un vaste débat mercredi 11 juillet au sein de la plus haute instance de l'ONU. En soi, son organisation est déjà un "succès", estime la Suède qui a initié cette réunion. Même si aucune déclaration consensuelle ni mesures concrètes n'étaient prévues.

    Le dernier débat sur le lien climat et sécurité remonte à 2011 et l'ONU n'a abordé la question qu'à trois reprises dans son Histoire. Les pays critiques, Russie et Chine entre autres, craignent l'ingérence, la menace de sanctions, et sont davantage dans une logique de gestion de conflit pour le Conseil de sécurité.

    Un sujet abstrait pour la Russie

    "L'ONU doit respecter le principe de répartition des tâches", a ainsi fait valoir l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Dmitry Polyanskiy. En reconnaissant que "les changements climatiques sont une menace majeure", il a rappelé que "le Conseil de sécurité ne disposait pas d'expertise" spécifique sur le sujet qualifié "d'abstrait". En parler "crée des illusions, c'est trompeur et dangereux", selon lui.

    Les partisans d'une prise en compte de ce sujet par le Conseil, notamment les Européens, dont la France, estiment qu'elle doit être inscrite à son agenda. Cette gestion ne peut être laissée uniquement à des instances subalternes ou à l'Assemblée générale, sans pouvoir contraignant, estiment-ils.

    L'ambassadeur français, François Delattre, a souligné que "si les évènements climatiques les plus extrêmes sont les plus visibles, d'autres phénomènes aux effets moins immédiats (ont) des impacts négatifs sur les ressources naturelles. Dans le contexte de populations et d'économies vulnérables, (cela) peuvent générer ou réactiver des conflits entre communautés, provoquer des déplacements de population et menacer la paix et la sécurité internationales".

    Un observatoire français

    Les États-Unis ont affiché un profil bas, estimant seulement qu’il est "justifié" pour le Conseil d'examiner les phénomènes. C’est pourtant un seul important pour Washington puisque le Pentagone s’intéresse à cette question et en 2014, il avait même rendu public un rapport démontrant que le réchauffement climatique était un risque immédiat pour la sécurité nationale. Celui-ci serait selon les experts américains, en mettant les populations dans des situations vulnérables, un facteur favorable à la propagande des groupes terroristes.

    De son côté, la France a lancé un Observatoire géopolitique des enjeux des changements climatiques en termes de sécurité et de défense en janvier dernier. Hébergé au sein de l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), il est financé par le ministère de la Défense pour une durée de quatre ans. L’objectif est d’élaborer, par région, une typologie des crises susceptibles d’émerger en fonction des différents scénarios de réchauffement climatique.

    Ludovic Dupin avec AFP    © 2018 Novethic - Tous droits réservés


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  •  Justin Delépine et Marc Chevallier 08/06/2018 Alternatives Economiques n°379

    https://www.alternatives-economiques.fr//enquete-laristocratie-cac-40/00084707?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=NL_Quotidienne%2F08062018

      Inaugurée par Airbus le 11 avril dernier, la saison des assemblées générales des entreprises du CAC 40 se clôturera à la mi-juin avec celles de Carrefour et de Renault. Moments rituels durant lesquels les petits et gros actionnaires des principaux grands groupes cotés de l’Hexagone se réunissent pour approuver les comptes de l’exercice passé, ces assemblées générales sont également l’occasion de valider la rémunération des dirigeants et de renouveler une partie des conseils d’administration (CA).

    Derrière les changements de façade, la réalité du pouvoir reste souvent concentrée entre les mêmes mains.

    Objets de critiques récurrentes depuis des années pour l’entre-soi qui y règne, ces organes de contrôle ont vu les règles de leur composition changer au fil des ans, qu’il s’agisse de limiter le cumul des mandats ou bien d’y faire entrer plus de femmes ou d’administrateurs salariés. Mais comme le montre le travail réalisé par Alternatives Economiques sur cette élite économique, derrière ces changements de façade, la réalité du pouvoir reste souvent concentrée entre les mêmes mains.

     Enquête sur l’aristocratie du CAC 40

    A lire Alternatives Economiques n°379 - 05/2018
     

    L'aristocratie du CAC 40. Enquête sur les grands patrons

    Moins de 1 000 personnes

    Ils sont une petite quinzaine à siéger au conseil d’administration ou au conseil de surveillance de chaque entreprise (suivant sa forme juridique), et une douzaine au sein de chaque comité de direction. Le premier est chargé de contrôler le second, responsable quant à lui de la gestion opérationnelle. Cela représente moins de 1 000 personnes au total, à l’échelle des 40 plus grandes entreprises en matière de capitalisation boursière qui composent l’indice phare de la Bourse de Paris, le CAC 40. Sur cette population, 74 personnes siègent au conseil d’administration d’au moins une autre entreprise du CAC 40, tissant ainsi des liens entre les géants tricolores. LVMH, Carrefour, Orange, Saint-Gobain ou encore Veolia ont ainsi plus de cinq membres de leur conseil d’administration ou de leur comité directeur en commun avec d’autres sociétés du CAC 40. Mais l’intensité des liens est très variable d’une entreprise à l’autre.

    LVMH, Carrefour, Orange, Saint-Gobain ou encore Veolia ont plus de cinq membres de leur conseil d’administration ou de leur comité directeur en commun avec d’autres sociétés du CAC 40. Mais l’intensité des liens est très variable d’une entreprise à l’autre.

    Parmi les groupes possédant le plus de connexions avec leurs homologues figurent surtout des entreprises entretenant une relation privilégiée avec les pouvoirs publics. Que l’Etat soit présent à leur capital (Orange, Safran ou Engie), ou bien que leur activité dépende fortement de lui, par le biais de la commande publique (Veolia, Saint-Gobain ou Bouygues) ou de la régulation qu’il exerce sur leur secteur (BNP Paribas). C’est sans doute la raison pour laquelle ces entreprises sont plus souvent dirigées par d’anciens hauts fonctionnaires ou d’anciens membres de cabinets ministériels... Font exception dans ce tableau des groupes comme L’Oréal ou LVMH, dont les nombreuses connexions sont en partie liées à des participations au capital d’autres entreprises du CAC.

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  •    Dans le cadre du budget 2018, Emmanuel Macron avait décidé de supprimer l’essentiel de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et d’abaisser fortement l’imposition des revenus du capital en instaurant un Prélèvement forfaitaire unique (PFU). Tout en accroissant parallèlement les impôts non progressifs comme la Contribution sociale généralisée (CSG) ou les taxes touchant l’énergie ou le tabac. L’ensemble de ces mesures sociales et fiscales a profité quasi exclusivement – mais fortement – aux 5 % des Français les plus riches en termes de revenu selon les estimations de l’OFCE.

    Il s’agissait de combattre plus efficacement l’évasion fiscale que pratiquent surtout les très riches

    Dans ce contexte, le président de la République n’a pourtant pas hésité à annoncer le 1er mai dernier au magazine américain Forbes, spécialisé dans les grandes fortunes, sa volonté d’aller plus loin encore en supprimant en 2019, l’« exit tax » qui avait été mise en place en 2012 par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, alors président de la République. A un moment où la dette publique s’envolait du fait de la crise financière de 2008 et de ses suites, il s’agissait en effet de combattre plus efficacement l’évasion fiscale que pratiquent surtout les très riches. Les personnes qui possèdent plus de 800 000 euros de valeurs mobilières et veulent quitter la France pour se domicilier fiscalement dans un autre pays doivent déclarer les plus values latentes accumulées sur les titres composant leur patrimoine. Ces plus values seront ensuite imposées en France lorsque ces titres seront effectivement vendus.

    Une taxe dissuasive

    A lire Alternatives Economiques n°379 - 05/2018

    L'aristocratie du CAC 40. Enquête sur les grands patrons

    Cette taxe ne concerne évidemment que très peu de personnes compte tenu du niveau élevé du seuil de patrimoine retenu. Les enjeux en sont néanmoins importants, de l’ordre de 800 millions d’euros par an pour le budget de l’Etat selon le Conseil des prélèvements obligatoires. Le fait que les rentrées effectives n’aient été que de 70 millions d’euros en 2017 – argument souvent avancé pour justifier l’abandon de cette taxe – signifie tout d’abord que la mesure a probablement été dissuasive. De plus, la plus grande partie des sommes concernées reste due à l’avenir lorsque les plus values seront réalisées.

    Ce serait une grande honte pour la France de figurer parmi les pays qui contribuent le plus à saper la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale en relançant le dumping fiscal

    Mais surtout, il est parfaitement justifié pour un Etat de chercher à récupérer les impôts qui lui sont dus sur un tel accroissement de richesses. Celui-ci n’a pu se produire en effet pour une bonne part que grâce aux infrastructures matérielles et immatérielles fournies par la collectivité aux individus qui veulent la quitter via notre système éducatif, notre système de santé, nos infrastructures de transports, les aides apportées aux entreprises avec le Crédit impôt recherche (CIR) ou le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)… C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, la plupart des pays développés possèdent eux aussi ce type de taxe, parfaitement conforme également aux règles européennes. C’est pourquoi il faudrait réussir à empêcher l’iniquité fiscale supplémentaire que constituerait la suppression de l’« exit tax ». Alors qu’il conviendrait plutôt de renforcer le caractère progressif du système fiscal français, déjà affaibli par les mesures prises dans le cadre du budget 2018. Dans un contexte international marqué par des progrès sensibles en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale ces dernières années, ce serait en effet une grande honte pour la France de figurer parmi les pays qui contribuent le plus à saper cette action en relançant le dumping fisca


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  • Toujours plus pour les riches (ATTAC)

    2018     288 p.  13,60 €

        Affaires Cahuzac, LuxLeaks, Panama Papers, Paradise Papers... Les scandales financiers se succèdent, révélant les stratégies des multinationales, des grandes fortunes et des puissants pour échapper à l'impôt. Si les plus riches s'affranchissent de leur contribution au bien commun et aux services publics, c'est le consentement général à l'impôt qui est affaibli.
      Pourquoi payer si les riches peuvent s'en dispenser ? En France, les contre-réformes d'Emmanuel Macron vont profiter aux riches et aggraver l'injustice fiscale. L'Etat perdra de sa légitimité, car l'égalité devant la loi et l'égalité devant l'impôt constituent les piliers du contrat démocratique.
       Ce livre, qui s'adresse à des non-spécialistes, dresse un panorama de l'ensemble des enjeux fiscaux : il décrypte les arcanes de la fiscalité et montre pourquoi celle-ci est devenue injuste et inefficace ; il met à bas les idées reçues, comme celle du poids croissant de la fiscalité des entreprises, qui sont en réalité assistées par l'Etat.
      Rédigé sous la responsabilité d'Attac, il présente des propositions de réformes adaptées aux vraies préoccupations sociales et écologiques. Réduire les inégalités, protéger la planète, mettre fin à l'impunité fiscale des fraudeurs et contraindre les multinationales à payer l'impôt là où elles développent leur activité : telles sont les priorités de la fiscalité de ce XXIe siècle.
     

     

       Fondée en 1998 et présente dans plus de quarante pays, Attac est une association qui résiste contre le pouvoir pris par la finance et les multinationales sur les peuples et la nature, et lutte pour la justice sociale et environnementale.


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  •   Guillaume Duval Editorialiste

       https://www.alternatives-economiques.fr//guillaume-duval/exit-tax-cest/

    Exit Tax : trop c’est trop... A lire Alternatives Economiques n°379 - 05/2018

     

      L'aristocratie du CAC 40. Enquête sur les grands patrons

       Dans le cadre du budget 2018, Emmanuel Macron avait décidé de supprimer l’essentiel de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et d’abaisser fortement l’imposition des revenus du capital en instaurant un Prélèvement forfaitaire unique (PFU). Tout en accroissant parallèlement les impôts non progressifs comme la Contribution sociale généralisée (CSG) ou les taxes touchant l’énergie ou le tabac. L’ensemble de ces mesures sociales et fiscales a profité quasi exclusivement – mais fortement – aux 5 % des Français les plus riches en termes de revenu selon les estimations de l’OFCE.

       Il s’agissait de combattre plus efficacement l’évasion fiscale que pratiquent surtout les très riches

       Dans ce contexte, le président de la République n’a pourtant pas hésité à annoncer le 1er mai dernier au magazine américain Forbes, spécialisé dans les grandes fortunes, sa volonté d’aller plus loin encore en supprimant en 2019, l’« exit tax » qui avait été mise en place en 2012 par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, alors président de la République. A un moment où la dette publique s’envolait du fait de la crise financière de 2008 et de ses suites, il s’agissait en effet de combattre plus efficacement l’évasion fiscale que pratiquent surtout les très riches. Les personnes qui possèdent plus de 800 000 euros de valeurs mobilières et veulent quitter la France pour se domicilier fiscalement dans un autre pays doivent déclarer les plus values latentes accumulées sur les titres composant leur patrimoine. Ces plus values seront ensuite imposées en France lorsque ces titres seront effectivement vendus.

    Une taxe dissuasive

    Cette taxe ne concerne évidemment que très peu de personnes compte tenu du niveau élevé du seuil de patrimoine retenu. Les enjeux en sont néanmoins importants, de l’ordre de 800 millions d’euros par an pour le budget de l’Etat selon le Conseil des prélèvements obligatoires. Le fait que les rentrées effectives n’aient été que de 70 millions d’euros en 2017 – argument souvent avancé pour justifier l’abandon de cette taxe – signifie tout d’abord que la mesure a probablement été dissuasive. De plus, la plus grande partie des sommes concernées reste due à l’avenir lorsque les plus values seront réalisées.

    Ce serait une grande honte pour la France de figurer parmi les pays qui contribuent le plus à saper la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale en relançant le dumping fiscal

      Mais surtout, il est parfaitement justifié pour un Etat de chercher à récupérer les impôts qui lui sont dus sur un tel accroissement de richesses. Celui-ci n’a pu se produire en effet pour une bonne part que grâce aux infrastructures matérielles et immatérielles fournies par la collectivité aux individus qui veulent la quitter via notre système éducatif, notre système de santé, nos infrastructures de transports, les aides apportées aux entreprises avec le Crédit impôt recherche (CIR) ou le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)… C’est la raison pour laquelle d’ailleurs, la plupart des pays développés possèdent eux aussi ce type de taxe, parfaitement conforme également aux règles européennes. C’est pourquoi il faudrait réussir à empêcher l’iniquité fiscale supplémentaire que constituerait la suppression de l’« exit tax ». Alors qu’il conviendrait plutôt de renforcer le caractère progressif du système fiscal français, déjà affaibli par les mesures prises dans le cadre du budget 2018. Dans un contexte international marqué par des progrès sensibles en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale ces dernières années, ce serait en effet une grande honte pour la France de figurer parmi les pays qui contribuent le plus à saper cette action en relançant le dumping fiscal.


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  • Chère lectrice, cher lecteur, 

      La Silicon Valley est une zone d’activité près de San Francisco, en Californie, qui héberge Google, Facebook, Apple, Microsoft, eBay, Yahoo!, Youtube, etc. 

    Représentation imaginaire de la Silicon Valley (vallée de la silice) qui abrite les plus grandes sociétés Internet 
       Elle porte ce nom parce que ces entreprises reposent toutes, au bout du compte, sur l’usage de puces électroniques qui sont fabriquées en silice (silicon en anglais). 
       Mark Zuckerberg (patron de Facebook), Elon Musk (patron de Tesla), Eric Schmidt (patron de Google) s’y côtoient. 
    De l’extérieur, ils semblent « tout » avoir : intelligence, argent illimité, jeunesse, pouvoir ! 

    « Stress positif »

        Leur problème, c’est l’hyperactivité qui les conduit à mener des vies déséquilibrées. 
        Beaucoup de jeunes créateurs de « start-up » travaillent dix-huit heures par jour. 
        Pour tenir, ils ont un nouveau truc : le « stress positif ». Cela consiste à s’imposer des privations physiques pour aider leur « mental » : douches glacées, jeûnes, renoncement à de nombreux aliments (céréales, sucre, alcool et même légumineuses), exercices physiques à haute intensité, imposant à leurs muscles et à leur squelette des efforts brefs et violents. 
      Le but : trouver en eux les ressources pour travailler encore plus dur, avec leur esprit comme avec leur corps. 

    Retour aux sources

    Je lisais un article à ce sujet dans la presse américaine [1]. 
    On y voit ces jeunes entrepreneurs dans des bains glacés ou en train de manger des aliments si pauvres que les stoïciens de l’époque romaine ou les moines du Moyen Âge s’y retrouveraient. 
    J’ai alors réalisé à quel point ces jeunes hyper-innovants sont simplement en train de redécouvrir la sagesse de… leurs ancêtres (et des nôtres). 

    Stoïcisme et sagesse orientale dans la Silicon Valley

    En quelques clics, je suis tombé sur les deux inspirateurs de ce nouveau mode de vie monacal. Il s’agit de : 

    • Ryan Holiday, qui a écrit plusieurs livres sur le stoïcisme, une doctrine inventée par les Grecs et popularisée par les Romains, selon laquelle l’autocontrôle et le mépris des souffrances mènent à la sagesse [2] ; 
    • Joon Yun, un investisseur de Palo Alto d’origine coréenne qui enseigne comment endurcir son corps, afin que votre stress se change en énergie positive [3]. 

    Le stoïcisme et la sagesse orientale font donc leur retour en force dans la Silicon Valley, souvent vue comme l’épicentre mondial du progrès technologique, du consumérisme et de l’hédonisme (recherche du plaisir sans entrave) !!! 

    La sobriété heureuse

        Une fois de plus, on assiste à ce « cycle éternel » d’un retour aux sources qui suit les pires excès. Au moment où la Californie arrive aux formes les plus extrêmes de l’hypermodernité et qu’on se demande comment aller encore plus loin, ceux qui sont à l’avant-garde font… un retour total en arrière. 
       Et soyez sûrs que nous allons tous être concernés par cela. 
       Il faut savoir qu’en Chine, actuellement, le nouveau président Xi Jinping fait faire à son pays un immense « bond en arrière », contre les excès de la consommation et du matérialisme extrême de ces dernières décennies. 
        Contrairement à ses prédécesseurs qui incitaient à l’enrichissement à tous crins, le nouveau dictateur impose un retour à l’austérité confucéenne (du philosophe antique Confucius [4]), nécessaire notamment pour stopper le désastre écologique de grande ampleur qui balaye l’empire du Milieu. 
        Chez nous également, on constate un retour en force des pratiques d’ascèse, de méditation, de jeûne, ainsi que des régimes plus ou moins extrêmes (végétalisme, diète paléolithique), qui sont autant une façon de soigner sa santé que de soigner (ou limiter les dégâts sur) la planète. 
        C’est donc être à l’extrême avant-garde du progrès que de retrouver la « sobriété heureuse » prêchée par Pierre Rabhi et par tant de maîtres spirituels avant lui. 
    À votre santé ! 
    JM Dupuis     sante-nature-innovation.fr>

    Sources de cet article :  

    [1https://www.cnbc.com/2018/03/01/tech-elites-embracing-positive-stress-cold-showers-extreme-diets.html
    [2] https://ryanholiday.net/
    [3] http://www.drjoonyun.com/
    [4] https://www.wsj.com/articles/why-china-is-turning-back-to-confucius-1442754000  


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  • Laurent Sacco   journaliste

    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/climatologie-pergelisol-risque-liberer-co2-quantites-gigantesques

     Né à Vichy en 1969, je suis donc un pur produit de la génération Apollo, au moment oùViking se pose du Mars et où l'on découvre Lucy. Cherchant à comprendre la conquête spatiale et son potentiel, je me suis passionné dès le collège pour la physique théorique, plus précisément la physique quantique et la théorie de la relativité, ainsi que pour la philosophie, surtout l'épistémologie et la grande question des origines de l'Univers, de l'Homme et de la place qu'il y occupe.(....)  Après un bref séjour en Inde, intéressé par Auroville, la cité utopique qui se développe avec la caution morale de l'Unesco, j'ai intégré Futura où j'ai pu donner libre cours à ma pente naturelle, foncièrement polarisée par la multi et transdisciplinarité (mathématiques,transhumanisme, etc.), décrocher des modules d'astrophysique de licence et master à l'Observatoire de Paris et rester connecté avec le monde de la recherche, du LHC àPlanck en passant par les origines de la Vie ou la naissance de la Terre.

       À cause du réchauffement climatique, le pergélisol arctique pourrait libérer, d'ici 300 ans (cumulés), 10 fois plus de gaz carbonique (CO2) que ne l'a fait l'humanité en 2016. De quoi rendre plus urgentes encore les mesures pour limiter ce réchauffement.

     Les climatologues savent bien que l'une des clés de la prédiction du climat de la Terre passe par la connaissance de toutes les sources et puits de gaz à effet de serre, c'est-à-dire des quantités de ces gaz qui peuvent être émises ou capturées au cours du temps. Ils s'interrogent par exemple à propos du méthane (CH4) qui se trouve sous forme de clathrates en bordure des océans ou encore à propos du gaz carbonique (CO2) qui peut se trouver dissous dans l'océan.

    Ce même CO(tout comme le méthane) peut s'accumuler dans les sols, y compris dans les régions arctiques. Comme ces dernières sont en train de se réchauffer, les chercheurs tentent d'évaluer à quel point cela va affecter le climat au cours de ce siècle et des prochains. Il s'agit d'éléments à prendre en compte pour évaluer au plus juste notre futur et le temps qu'il nous est donné pour effectuer une transition énergétique. Celle-ci sera basée sur l'énergie nucléaire et les énergies renouvelables si nous prenons les bonnes décisions.

     Une équipe de chercheurs, menée par Nicholas Parazoo, du célèbre Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, à Pasadena, en Californie, vient d'ailleurs de publier un article à ce sujet dans le journal The Cryosphere. Il s'agissait d'évaluer la stabilité du carbone piégé dans les pergélisols des régions polaires en Alaska et en Sibérie. Ce travail a conduit à une découverte surprenante qui laisse penser qu'au cours des 300 prochaines années cumulées, du fait duréchauffement climatique actuel, jusqu'à 10 fois la quantité de gaz carbonique injectée dans l'atmosphère par l'activité de l'humanité en 2016 pourrait être également libérée.

      1.700 milliards de tonnes de carbone dans le pergélisol arctique

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  •                                                               2017   288 p.    19 €

       C’est un acte anodin qui lui aura presque coûté la vie. Le 27 avril 2004, Paul François, agriculteur, jette un oeil au fond d’une cuve contenant du désherbant. Gravement intoxiqué par les vapeurs du Lasso, un herbicide de Monsanto alors autorisé en France, le céréalier passe plusieurs jours dans le coma et près d’un an à l’hôpital.
    Le 10 septembre 2015, après plus de dix ans de combat, la cour d’appel de Lyon reconnaît la responsabilité de la multinationale.
       Mais cette condamnation historique, confirmant celle déjà prononcée en 2012, ne marque pas la fin de son épuisant marathon judiciaire. En juillet 2017, la cour de cassation annule l’arrêt lyonnais et renvoie son cas devant une autre cour d’appel. Alors qu’il se lance dans cette nouvelle bataille, Paul François prend la plume pour dévoiler les coulisses de son terrible combat contre la multinationale américaine.
       Déni des graves séquelles causées par le produit, tentatives de déstabilisation, violence des arguments du camp adverse, il nous livre le récit haletant d’une lutte à armes inégales.
     
       Soutenir Paul François dans son combat sur Okpal (https://www.okpal.com/fairecondamnermonsanto)

     Paul François, aujourd'hui âgé de 52 ans, est un agriculteur charentais. Anne-Laure Barret est grand reporter au JDD.

      Cpmme bon nombre d’agriculteurs lorsqu’ils ont démarré leur exploitation, Paul François a placé sa confiance dans la chimie pour le développement d’une agriculture intensive, modèle toujours en vigueur en France et dans le monde.

    "Tout bascule le 27 avril 2004 où l’agriculteur s’intoxique après avoir manipulé du Lasso, herbicide produit par Monsanto et autorisé en France. Dès lors, les combats s’engagent. D’abord en 2005, contre la Mutuelle sociale agricole pour obtenir la reconnaissance des troubles causés par l’herbicide comme maladie professionnelle. Gagné, en 2010 après cinq années de luttes difficiles. Ensuite, en 2007, contre Monsanto pour insuffisance d’information sur la dangerosité de l’herbicide. 1er round gagné, en 2012. La cour d’appel de Lyon a confirmé la responsabilité de Monsanto dans l’intoxication aux pesticides, condamnée à indemniser Paul François. Mais la société fait appel, à deux reprises, alors qu’un second verdict prononcé en 2015 la condamne coupable et l’exhorte à verser ses indemnités. Renvoyé pour la seconde fois en cours d’appel, le céréalier doit rester fidèle à ses victoires et continuer la lutte. Victoires et lutte particulièrement coûteuses, dont il nous fait part dans son dernier ouvrage paru aux éditions Fayard le 25 octobre dernier.

    Présente à ses côtés depuis le début de ses combats et notamment lors de la création de l’association Phyto-victimes dont il est aujourd’hui le président, Générations Futures renouvelle tout son soutien à Paul François pour lui permettre de remporter définitivement la bataille. Cela ne peut se faire sans vous et votre contribution."


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  • Des centaines de vidéos d’essais nucléaires classés secret-défense rendues publiques

      Vidéos sur http://www.novethic.fr/actualite/environnement/pollution/isr-rse/video-des-centaines-de-videos-d-essais-nucleaires-classes-secret-defense-rendues-publiques

    Des boules de feu, des nuages en forme de champignon dévastant tout sur leur passage… Les vidéos des essais nucléaires américains qui viennent d’être rendues publiques sont effrayantes. Résultats des efforts du physicien Greg Spriggs, elles sont des données précieuses pour les chercheurs. Et elles rappellent la puissance de ces armes alors que le Prix Nobel de la paix vient d'être remis aux militants anti-armes nucléaires.

      Les images sont impressionnantes. Des centaines de vidéos jusqu’ici classées secret-défense viennent d’être publiées par le laboratoire national Lawrence Livermore (LLNL). De la boule de feu en passant par le champignon, elles montrent au ralenti les essais nucléaires réalisés par les États-Unis entre 1945 et 1962. Le pays en a réalisé plus de 210 en plein air pendant cette période.

    Préserver le patrimoine et fournir des données précises aux chercheurs

    Une soixantaine de vidéos avaient déjà été publiées en mars grâce au travail de Greg Spriggs. Le physicien spécialiste des armes vient d’en publier des dizaines d’autres le 14 décembre. Pendant des années il a fouillé dans les archives du département de l’énergie américain à Los Alamos et à numériser toutes les vidéos dont la classification "top secret" n’était plus nécessaire.

    En tout, il estime à plus de 10 000 le nombre de films représentant les 210 essais nucléaires atmosphériques. Le but est de préserver ce patrimoine historique qui se dégrade mais aussi d'exploiter des données scientifiques. "Ces vidéos aident à développer les simulations d’essais nucléaires virtuels. Depuis 1992, les États-Unis n’ont plus testé d’arme nucléaire, ces simulations sont les meilleures données", écrit ainsi Science Alert.

     "À 8h15, j’ai vu de la fenêtre un éclair blanc-bleuté aveuglant"

    Au total plus de 50 caméras enregistrant 2 400 images par seconde, disposées dans des angles différents, ont filmé chaque essai nucléaire. Hasard du calendrier, le 10 décembre dernier à Oslo, l’Ican, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires a reçu le Prix Nobel de la paix. Lors de la cérémonie de remise des prix, ce sont des anciennes victimes de bombes nucléaires qui ont défilé.

    "Je me souviens encore vivement de ce matin-là", a témoigné une victime de Hiroshima. "À 8h15, j’ai vu de la fenêtre un éclair blanc-bleuté aveuglant. Je me rappelle avoir eu la sensation de flotter dans l’air". Les grandes puissances nucléaires, dont la France, la Russie ou encore le Royaume-Uni ont décidé de bouder cette cérémonie en envoyant, contrairement à l’usage, des ambassadeurs de second rang.

    Marina Fabre@fabre_marina     © 2017 Novethic - Tous droits réservés


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  •   Insertion

    Plus d’un jeune Européen sur dix exclu de l’emploi et des études

    Aude Martin 11/10/2017

    11,5 % des jeunes européens âgés de 15 à 24 ans ne sont ni en emploi, ni en formation. Ce sont des NEETs (neither in employment nor in education or training) dans le jargon européen. Une définition qui regroupe en réalité des situations très hétérogènes : 40 % des NEETs sont des chômeurs de courte durée – souvent des jeunes diplômés en recherche d’un premier emploi ou des jeunes qui entrent de nouveau sur le marché du travail après une reprise d’étude ou une formation – tandis que les 60 % restants sont des chômeurs de longue durée ou des inactifs qui se retrouvent durablement éloignés de l’emploi en raison de leur situation personnelle (responsabilités familiales, état de santé) ou d’un manque de qualification. Ils se retrouvent ainsi enfermés dans une phase de transition, qui peut se révéler plus ou moins longue.

    En cause, l’incapacité de la plupart des Etats à proposer aux jeunes des alternatives d’insertion

     

    Cette situation est d’autant plus préoccupante que, selon la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail (Eurofound), la part de cette seconde catégorie serait sous-estimée. En cause notamment, l’incapacité de la plupart des Etats européens à proposer à ces jeunes inactifs et chômeurs de longue durée des alternatives d’insertion. Découragés par la lourdeur des procédures classiques, ils finissent tout simplement par disparaître des radars. Si certains pays œuvrent d’ores et déjà pour un meilleur repérage des NEETs – via par exemple la mise en place d’un réseau de médiateurs pour la jeunesse en Bulgarie ou d’un guichet unique pour l’orientation des jeunes en Finlande –, les plus proches du marché de l’emploi restent donc surreprésentés dans les statistiques officielles.

    Par ailleurs, la proportion de NEETs augmente avec l’âge : en 2015, seuls 6 % des jeunes âgés de 15 à 19 ans n’avaient ni emploi ni formation, contre 17 % des 20-24 ans. Les jeunes femmes sont, en outre, plus nombreuses à être sans formation ni emploi que leurs homonymes masculins (12,3 % contre 11,8 % en 2015), « principalement pour des raisons familiales », précise une note publiée par le Parlement européen en mars 20171.

    6,4 milliards pour l’insertion des jeunes

    Les pays méditerranéens – auxquels s’ajoute l’Irlande – sont ceux où l’on recense la plus forte proportion de NEETs. Ils y sont de surcroît majoritairement des chômeurs de longue durée. Viennent ensuite les pays de l’Est de l’Europe, où la principale cause d’exclusion des jeunes du marché du travail et de la formation est la charge d’une famille (presque un quart des jeunes lettons ou bulgares sans emploi ni travail ont une responsabilité familiale, contre seulement 10 % des Espagnols ou Suédois). Les NEETs sont, pour finir, relativement moins nombreux dans les pays scandinaves et d’Europe de l’Ouest et y sont, en grande partie, des chômeurs de courte durée ou en reprise d’emploi.

    Jeunes exclus : la France proche de la moyenne européenne

     

    Pour endiguer ce fléau qui a pris de l’importance après la crise de 2008 – et dont le coût pour les Etats membres est estimé à 162 milliards d’euros par an, soit 1,3 % du PIB – la Commission européenne a mis en place en 2013 la Garantie européenne pour la jeunesse, dont l’ambition – à laquelle adhèrent tous les Etats membres – est de proposer à chaque jeune « une offre de qualité portant sur un emploi, un complément de formation, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois suivant le début de leur période de chômage ou leur sortie de l’enseignement formel ».

    La Commission européenne regrette que les politiques des Etats ciblent en priorité les jeunes chômeurs, au détriment des inactifs

    Financée par le fond social européen et l’initiative pour l’emploi des jeunes (IEJ) – dotée d’un budget de 6,4 milliards d’euros – cette Garantie a déjà permis l’adoption de 132 mesures en faveur de l’emploi et de la formation des jeunes en Europe, indique la Commission européenne2. Si la part des jeunes sans emploi ni formation diminue depuis 2014, l’institution regrette toutefois que les politiques des Etats membres ciblent en priorité les jeunes chômeurs, au détriment des inactifs – qui constituent pourtant la population la plus fragile et dont l’effacement pourrait menacer, à terme, la cohésion sociale des Etats européens.

    Cet article est publié en partenariat avec la Plateforme européenne de data journalisme.

    • 1. « Qui sont les NEET ? Etre jeune sans emploi, éducation ni formation aujourd’hui », Parlement européen, mars 2017. http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2017/599360/EPRS_BRI(2017)599360_FR.pdf
    • 2. “The Youth Guarantee and Youth Employment Initiative three years on”, document de travail de la Commission Européenne, Octobre 2016. http://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:73591c12-8afc-11e6-b955-01aa75ed71a1.0001.02/DOC_2&format=PDF

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  • C’est peu connu, mais une partie des dons versés au Téléthon finance la recherche sur des chiens. Reportage dans le chenil où ont lieu les expérimentations.

    Le Téléthon a déjà fait l’objet de polémiques quant à l’utilisation médiatique des enfants malades ou encore la gestion des fonds récoltés, mais rarement concernant la recherche que l’AFM Téléthon finançait. Une partie de cette recherche utilise en effet, comme de nombreuses unités de recherche, des animaux de laboratoire, pratiquant ce qu’il est communément appelé l’expérimentation animale.

    Les dons atteignent près de 100 millions d'euros chaque année. Au total, 2 milliards d'euros ont été collectés.

    Les mouvements de protection animale, dont des associations spécifiquement anti-vivisection comme le CCE2A ou International Campaigns, connaissent une ampleur certaine depuis 2009-2010 qui n’a pas échappé aux organisateurs du Téléthon.

    Accusé par ces associations de «  financer la vivisection  », le Téléthon a choisi de reconnaître officiellement que la recherche qu’il finançait était parfois amenée à utiliser des animaux, tout en soulignant le strict respect de la législation en vigueur.

    Mais cette concession médiatique, grâce à laquelle l’AFM a pu démentir toute expérimentation occulte, ne s’est pas traduite par une véritable information transparente. En réalité, il est quasiment impossible d’en savoir plus sur ces animaux utilisés par la recherche que finance le Téléthon  : quelles espèces  ? En quelle quantité  ? Pour quels protocoles  ? A la conférence de presse de la dernière édition du Téléthon, un malaise non dissimulé face à ces questions m’avait déjà interpelée.

      Les chiens myopathes, ces invisibles

    Après plus de deux mois d’intenses échanges, j’ai enfin pu approcher les fameux chiens myopathes qui servent à la recherche sur la myopathie de Duchenne. Les associations de protection animale connaissent leur existence, mais possèdent très peu d’informations sur le traitement qui leur est réservé.

    Sur le site du laboratoire qui les utilise, seules quelques photos des membres du laboratoire avec un chien dans les bras sont présentes [nous n’avons pas souhaité nommer le labo pour ne pas exposer son personnel à d’éventuelles attaques personnelles, hélas courantes, ndlr].

    Le choix de cette absence de communication est simple : « Vous comprenez, on ne peut pas montrer ça aux gens  », m’explique un animalier, alors que je rentre pour la première fois dans le chenil des chiens myopathes, situé dans l’un des bâtiments de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort.

    Des chiens cobayes dans le chenil
    Des chiens cobayes dans le chenil - DR

    Montrer comment s’effectue la recherche irait à l’encontre même des objectifs du Téléthon et surtout de sa méthode  : l’impact émotionnel. Les chiens ne peuvent plus s’alimenter, et vivent donc avec une sonde pour être nourris, ils ont des difficultés respiratoires et motrices très lourdes. Certains chiots ressemblent déjà à des robots et ne font quelques pas qu’au prix d’un essoufflement accablant. Cette réalité occultée par l’AFM Téléthon, dont les affiches sont présentes dans les couloirs du chenil, est très dure à supporter.

    « J’aimerais pas être à leur place »

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    11 octobre 2017

    http://sortirdunucleaire.org/France-Anomalie-generique-Le-refroidissement-des-reacteurs-ne-sera-plus-assure-en-cas-de-seisme-impor

       Le 11 octobre 2017, l’exploitant des centrales nucléaires françaises a annoncé une anomalie générique de niveau 2 : en cas de séisme, les tuyauteries des stations de pompages qui assurent l’apport en eau nécessaire au refroidissement des réacteurs ne tiendront pas. Mal entretenues, corrodées, elles ont perdu en épaisseur, et donc en résistance. Selon l’annonce de l’exploitant 20 réacteurs sont concernés. Mais si on y regarde d’un peu plus près, c’est la moitié du parc nucléaire français qui perdrait totalement ou partiellement la possibilité de refroidir les réacteurs. Quelques jours après l’annonce d’EDF, l’ASN publie un communiqué de presse et l’IRSN une note d’information qui viennent préciser un peu ce qu’a communiqué l’exploitant. En effet, ce sont bien au moins 29 réacteurs qui sont concernés. Et en effet, l’origine du problème vient de la corrosion et de la rouille qui a rongé les tuyaux, de fait d’un manque d’entretien. En cas de perte totale de refroidissement, la fusion de ces réacteurs ne pourra pas être évitée, ce qui s’était passé à Fukushima, avec les conséquences que l’on connait.

    Il y a quelques mois, le 20 juin 2017, l’exploitant des centrales nucléaires françaises annonçait une anomalie générique de niveau 2 affectant 20 réacteurs : en cas de séisme, les ancrages des diesels de secours ne tiendront pas (http://sortirdunucleaire.org/France-Anomalie-generique-des-20-reacteurs-de-1300-MWe-les-systemes-auxiliaires-des-diesels-de-secours-ne-tiendront-pas-en-cas-de-seisme), avec pour conséquence la perte d’alimentation électrique des réacteurs. Il s’agissait à la fois de problèmes de conception génériques et de problèmes locaux liés à un mauvais état ou à un mauvais montage des ancrages des systèmes auxiliaires. Les centrales de Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent, Paluel, Penly et Saint-Alban étaient concernées.

    Moins de 4 mois plus tard, le 11 octobre, EDF annonce une nouvelle anomalie générique toute aussi grave pour la sûreté, affectant aussi 20 réacteurs : cette fois-ci, ce sont les tuyauteries des stations de pompage qui ne résisteront pas en cas de séisme. Sachant que les stations de pompage permettent d’approvisionner en eau le système de refroidissement des réacteurs, la conséquence serait donc une perte totale de refroidissement de ceux-ci. Les réacteurs concernés sont ceux de Belleville (1 et 2), Cattenom (1, 2, 3 et 4), Chinon (B3 et B4), Cruas (1 et 4), Dampierre (1, 2, 3 et 4), Golfech (1 et 2), Nogent-sur-Seine (1 et 2) et Saint-Laurent-des-Eaux (B1 et B2). En cas de séisme "de référence" [1], les tuyauteries se rompraient, entrainant l’inondation de la station de pompage, ce qui rendrait impossible le refroidissement du réacteur.

    Mais si on y regarde d’un peu plus près, ces défauts (dus selon EDF à des épaisseurs de tuyauteries trop faibles) touchent plus de réacteurs que les 20 annoncés. En effet, pour 9 autres réacteurs EDF a démontré la tenue au séisme, mais sans pouvoir garantir qu’il n’y aurait pas d’inondation des stations de pompage (Cruas 2 et 3, Paluel 3 et 4, Saint-Alban 1et 2, Tricastin 1, 3 et 4). Et Paluel 2 est toujours en cours de contrôle, on ne sait donc pas ce qu’il en est pour ce réacteur à l’arrêt depuis la chute d’un de ses générateurs de vapeur lors de son remplacement en mars 2016. Cette anomalie générique de niveau 2 concerne donc au moins la moitié du parc nucléaire français.

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  • 20/09/2017

    Christian Chavagneux   Éditorialiste
    https://www.alternatives-economiques.fr/

     

    La romancière ultralibérale Robin des Bois (https://www.alternatives-economiques.fr/greve-roman-de-lultraliberalisme/00079816)qui faisait « la charité avec des richesses qui ne lui appartenaient pas, en distribuant des biens qu’il n’avait pas produits ». L’auteure de La Grève aurait été satisfaite des annonces fiscales de notre gouvernement car, comme l’explique de manière très « aynrandienne » Bruno Lemaire, le ministre de l’Economie et des Finances dans Le Monde daté du 19 septembre, « c’est une rupture complète avec ce qui a été fait depuis trente ans, où l’on redistribuait de l’argent avant de créer des richesses ».

    Fini Robin des Bois ! Si le gouvernement, veut « alléger les prélèvements sur le capital », en clair supprimer des impôts sur l’épargne des riches, c’est pour favoriser les entrepreneurs, ces êtres supérieurs chez Ayn Rand, seuls à même de faire avancer le monde et qu’il faut favoriser fiscalement « pour financer notre économie, c’est-à-dire l’investissement et l’innovation, donc les emplois de demain » détaille le ministre. La baisse des impôts d’aujourd’hui fait les investissements de demain et les emplois d’après-demain, les présidences Chirac et Sarkozy nous ont déjà fait le coup : on a vu ce que ça a donné sur le chômage.

    Haro sur les pauvres

    Le projet de budget du gouvernement prévoit d’exonérer de l’impôt sur la fortune les patrimoines financiers, pour un coût budgétaire de 3 à 3,8 milliards d’euros de recettes perdues selon les estimations. Et de mettre en œuvre une taxation forfaitaire de l’ordre de 30 % des revenus des placements financiers (intérêts, dividendes, plus-values), une baisse drastique, pour un coût estimé entre 1,5 milliard (gouvernement) et 4 milliards (OFCE).

    Coût total, donc, de 4,5 à 8 milliards d’allégements d’impôt par an pour les plus fortunés puisque les deux tiers des ménages dont le patrimoine est supérieur à 2 millions d’euros détiennent des placements financiers contre 2 % seulement de ceux dont le patrimoine est inférieur à 7500 euros.

    Coût total : de 4,5 à 8 milliards d’allégements d’impôt par an pour les plus fortunés

    Pour ceux-là, l’essentiel de l’épargne est détenu sur leur livret A, les trois quarts en ont un. Le taux de rémunération du livret est fixé par une formule dont le résultat indiquait qu’il fallait le porter en août dernier de 0,75 % à 1 %. Mais le gouvernement a décidé de geler ce taux pour deux ans au moins. L’inflation sera sûrement plus élevée, ce qui signifie que la valeur des plus petites épargnes sera rognée. De combien ? Avec une inflation à 1 %, le manque à gagner sur les 250 milliards d’euros de Livret A, sur 2 ans, induit une perte de 1,2 milliard, minimum pour les Français du bas de l’échelle. Si, comme notre confrère de Mediapart Laurent Mauduit, vous prenez en compte tous les livrets dont le taux est indexé sur celui du livret A, vous arrivez à 2,3 milliards de perdus, par an !

    Micmac logement

    Mais c’est pour la bonne cause, explique le gouvernement. L’argent du livret A va à la Caisse des dépôts et consignations qui le prête pour financer le logement social dont les coûts de financements vont baisser. Donc les loyers réclamés seront moins chers et les moins favorisés retrouveront ainsi du pouvoir d’achat.

    Il est indéniable que les organismes HLM vont pouvoir emprunter moins cher pour construire des logements sociaux. Mais ces logements seront construits dans combien de temps ? Avec quelle baisse de loyers, sachant que la dette du logement social est remboursée grâce au paiement des loyers ? Coût immédiat, bénéfices lointains et aléatoires.

    Pour les moins fortunés : un coût immédiat, des bénéfices lointains et aléatoires

    De plus, seules 60 % des sommes collectées vont vers le logement social, le reste demeure dans les mains des banques qui vont y gagner avec un taux d’intérêt plus faible à servir à leurs clients. Un gain, selon Laurent Mauduit, de 1,7 milliard d’euros.

    Bilan provisoire de la réforme de la fiscalité de l’épargne financière des Français : 4 à 8 milliards de pouvoir d’achat en plus pour les plus fortunés (qui l’épargnent en majorité), un peu plus de 2 milliards de perdus pour le bas de l’échelle, un gain important pour les banques. Ce que Bruno Le Maire appelle « faire entrer le pays dans le XXIe siècle ». Ce serait plutôt « retour vers le XIXe »


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