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    Esther DUFLO

                                                               Esther Duflo en juin 2013 à Paris. Serge PICARD

    https://www.franceinter.fr/economie/esther-duflo-le-probleme-c-est-que-la-plupart-des-politiques-economiques-sont-basees-sur-des-intuitions

    France Inter publié le 15 octobre 2019

    Le Nobel d'Économie a été attribué lundi à un trio de chercheurs spécialisés dans la lutte contre la pauvreté, dont la Franco-Américaine Esther Duflo, deuxième femme distinguée dans la discipline, quatrième venue de France et plus jeune lauréat de l'histoire de ce prix.

    Esther Duflo, 46 ans, a été récompensée avec son mari américain d'origine indienne Abhijit Banerjee et avec l'Américain Michael Kremer pour avoir "introduit une nouvelle approche (expérimentale) pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté dans le monde". 

    Elle était l'invitée du journal de 13 heures de Bruno Duvic ce mardi 15 octobre. 

     

    FRANCE INTER : Ce que le jury du Nobel a récompensé, c'est votre approche expérimentale, de terrain, dans la lutte contre la pauvreté. En quoi consiste-t-elle ?

    ESTHER DUFLO : "Cela consiste à ne pas essayer de résoudre tout le problème d'un coup en se demandant 'pourquoi les gens sont pauvres et comment faire pour qu'ils ne soient pas pauvres'. Mais ça consiste à couper ce problème en plusieurs petites questions plus précises et auxquelles on peut répondre scientifiquement. Dans notre travail, on essaie de mettre en place des essais randomisés (basés sur un échantillon aléatoire d'une population), très similaires aux essais cliniques, pour étudier ce qui marche et ce qui ne marche pas et pourquoi ça marche ou pas dans la lutte contre la pauvreté."

    À quelles politiques l'avez-vous appliqué ?

    "Les applications sont très variées : de l'éducation à la santé, en passant par l'environnement. Je vais vous donner un exemple simple, qui vient de Michael Kremer, l'un des lauréats, en matière de développement. Il a pris une centaine d'écoles du Kenya, et dans une cinquantaine d'entre-elles, prises au hasard, il a distribué des manuels scolaires en anglais. L'idée à l'époque était que disposer de manuels scolaires pouvait faire une grande différence. Un an après il s'est aperçu que les enfants n'avaient rien appris dans les manuels scolaires. Au départ, il était déçu mais en fait c'est très utile d'apprendre que quelque chose ne marche pas, car ça fait réfléchir aux raisons de cet échec. Dans ce cas, Michael Kremer a réalisé que ça n'avait pas fonctionné, car bien que le programme scolaire au Kenya soit en anglais, les enfants ne savaient pas lire l'anglais. Cette expérience a été la première d'un long parcours qui nous a permis, expérience après expérience, de mieux comprendre quel était le vrai problème de l'éducation dans un pays comme le Kenya ou l'Inde, où les programmes scolaires ne sont pas du tout au niveau des élèves.

    Un autre exemple d'expérience aléatoire qui cette fois a donné de bons résultats : j'ai travaillé avec une ONG indienne pour proposer du soutien scolaire aux enfants qui étaient en difficulté au niveau CE2 et CM1. On a choisi un échantillon de 120 écoles, dans 60 au hasard où le soutien scolaire a été introduit et on s'est rendu compte que ça avait fait une différence énorme."

    En somme, c'est l'idée que bien souvent on lance des politiques et qu'elles ne sont pas évaluées. Aujourd'hui ça semble évident, mais à l'époque où vous avez lancé ça dans le domaine de l'économie, ce n'était pas du tout pratiqué ?

    "Quand on a commencé à faire ces expériences aléatoires sur les programmes sociaux comme sur des médicaments, il y a presque 20 ans, c'était regardé comme quelque chose de complètement farfelu. Pourtant, la plupart des politiques économiques sont basées sur des intuitions et très rarement sur des connaissances profondes de ce que sont vraiment les problèmes, et ensuite ne sont jamais évaluées, donc on ne sait pas si elles sont efficaces ou pas. Donc cette méthode nous permet de faire des progrès sur les deux fronts. "

    On accuse souvent le jury du Nobel d'économie d'avoir des penchants libéraux. Voyez-vous ce prix comme le symptôme d'une prise de conscience plus large qu'aujourd'hui la lutte contre la pauvreté est centrale ?

    "C'est difficile de pénétrer dans les cerveaux du jury du prix Nobel d'économie, mais il est possible que spécifiquement cette année ils se soient dit que ce ne serait pas une mauvaise chose de donner pour une fois un prix, pour récompenser les travaux sur la pauvreté, des travaux qui ont une application réelle sur le monde. 

    L'image des économistes dans l'opinion publique n'est pas très bonne. Lorsqu'on fait un sondage sur les personnes auxquelles ont fait confiance, généralement les économistes arrivent à l'avant-dernière place, juste avant les politiques. La perception de ce qu'est l'économie en fait une science inutile, alors qu'au contraire il y a beaucoup de gens qui font le travail qu'on fait. On a été trois à être récompensés mais c'est tout un mouvement. On reçoit cette récompense au nom de tout le mouvement."

    Vous êtes la deuxième femme seulement à recevoir le prix, une discipline encore très masculine. Comment se manifeste cette primauté accordée aux hommes chez les économistes ?

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      Lettre à la terre (Geneviève AZAM)

    2019    192 p.    17 €

      Serions-nous accablés par les données chiffrées des désastres écologiques, soumis à l'administration des catastrophes et aux mirages d'un capitalisme vert, privés de notre univers sensible, au point d'assister passivement à une histoire " sans nous " et sans " nous ", à un exil sans retour ?
       Pour conjurer ce destin, Geneviève Azam écrit une lettre à la Terre. Comment une terrestre peut-elle s'adresser à cette correspondante étrange, vivante et sensible, blessée, à cette présence à la fois bienfaisante et menaçante, irréductible, à la Terre-mère, à la Terre-mémoire ? En disant l'effroi, les attachements réciproques, les histoires communes et les lueurs d'un soulèvement éthique et politique pour défendre son altérité et les mondes qu'elle abrite.
       La Terre se rebelle. Elle menace, elle déjoue les " lois " de l'économie et sabote les projets d'une illusoire toute-puissance. Sa part sauvage réveille nos sens asphyxiés. Comment nous allier pour résister à ce monde injuste, dégradant et mortifère ?
       La Terre répond aux terrestres avec un appel vibrant à désobéir et à défaire sans attendre ce qui menace la pérennité et la dignité de la vie.

       Geneviève Azam, économiste et altermondialiste, a écrit,

       -Le Temps du monde fini (LLL, 2010),

       -Osons rester humain. Les Impasses de la toute-puissance (LLL, 2015) et

       -Simone Weil ou L'Expérience de la nécessité (avec Françoise Valon, Le Passager Clandestin, 2016).


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  • La peur du futur (Alain BRACONNIER)

                                                               2019     236 p.    21,90 € 

       Pouvons-nous regarder notre avenir en face, plutôt que d’en avoir peur et de le fuir ? Pris entre l’accélération du quotidien et l’incertitude de l’avenir, le chant du monde est désenchanté.

      Pour la première fois, Alain Braconnier présente une nouvelle psychologie du futur qui est une réponse à l’angoisse que chacun d’entre nous ressent aujourd’hui.

      Fort de son expérience de psychothérapeute, Alain Braconnier présente les ressources positives à partir desquelles chacun d’entre nous peut s’appuyer pour aborder plus efficacement les questions que posent le monde d’aujourd’hui et de celui demain.

      Comment visualiser le futur en s’appuyant sur nos expériences passées ? Comment privilégier l’essentiel plutôt que de se laisser déborder ? Comment rester ouvert à la nouveauté ? Comment rêver à l’avenir tout en restant lucide ?

      Dominer l’angoisse qui pèse sur l’équilibre de nos vies et celles de nos enfants est davantage à notre portée qu’on ne le pense.

      Osons rêver et regardons demain avec une part d’enchantement dans nos vies. Alain Braconnier nous aide à penser le futur sans en avoir peur.
     

       Alain Braconnier est psychologue, psychiatre, ancien directeur de l’Association de santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris, responsable de la formation APEP au CHU Pitié-Salpêtrière, professeur émérite de l’École des psychologues praticiens. Il est l’auteur de grands succès comme:

      -Mère et fils, Les Filles et les Pères, ou encore

      -Petit ou grand anxieux,

      -Être parent aujourd’hui,

      -Protéger son soi,

      -Optimiste ou L’Enfant optimiste.


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  • Sauver les plantes pour

    2015     362 p.     21 €

      Notre nourriture, l'air que nous respirons, notre survie en général dépendent, directement ou indirectement des plantes. Or, le changement climatique en cours et les multiples agressions dont sont victimes les végétaux - polluants divers et techniques agressives de culture - affectent leur fonctionnement, leur capacité à se défendre, leur tolérance vis-à-vis des stress, et donc, pour les plantes cultivées, leur croissance et leur potentiel de production.

       Nous savons que nous ne pourrons pas maintenir le statu quo, qu'il ne sera pas possible de produire demain comme nous produisons aujourd'hui. Il va falloir très vite faire les bons choix pour pouvoir continuer à satisfaire les besoins d'une humanité en croissance dans un contexte de raréfaction des ressources.Afin de répondre aux défis actuels, les auteurs s'attachent dans ce livre à proposer des solutions qui tirent parti des fantastiques capacités d'adaptation de la nature.

      Ce livre est une vraie mine d'or sur la place du végétal, et des arbres dans la lutte contre le changement climatique et ses conséquences, la dégradation des écosystèmes et la pollution de l'air.
        Seul regret : il manque des illustrations et des schémas. 

       Laurent URBAN est professeur d'agrobnomie et d'écophysiologie végétale à l'Université d'Avignon, chercheur engagé dans l'étude de procédés de protection plus naturels et plus sains.
        Isabelle URBAN est ingénieur en horticulture.
    Ensemble, ils ont signé

        -Les secrets d'un jardin écologique (éditions Belin).

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  • Perdre la terre (Nathaniel RICH )

    2019     288 p.   17,50 € (Seuil)

    "Perdre la Terre n'a pas fini de frapper les esprits'
    M,Le Magazine du Monde

       1979. À peu près tout ce que nous comprenons à l'heure actuelle du réchauffement climatique était compris. Et même mieux compris, sans doute. Les principaux aspects du problème étaient tranchés, sans débat possible, et les spécialistes, loin de se disputer sur l'établissement des faits, travaillaient à en affiner les conséquences. Il y a trente ans, nous aurions pu sauver la Terre. Pourtant nous n'avons rien fait. Après des années d'enquête et plus de cent interviews réalisées avec le soutien de la Fondation Pulitzer, Nathaniel Rich retrace comment la planète a raté son rendez-vous avec le climat, comment malgré les efforts de plusieurs lanceurs d'alerte, d'intérêts parfois concordants, souvent contradictoires, y compris de l'industrie pétrolière, rien n'a été fait pour stopper le changement climatique.

       Implacable et passionnant, Perdre la Terre est un document pour l'histoire. Notre histoire. Un récit fascinant dans lequel l'auteur semble placer le lecteur à la table des négociations pour lui faire entendre les cris d'alarme, les silences coupables, les atermoiements de conscience, la force de l'inertie et des renoncements, et peu à peu l'imminence de la catastrophe. Perdre la Terre n'est pas seulement le roman impitoyable d'occasions historiques manquées, c'est aussi l'évaluation claire et détaillée de la façon dont nous en sommes arrivés là –; et de ce que nous pouvons et devons faire avant qu'il ne soit vraiment trop tard. 

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par David Fauquemberg

       Né en 1980, Nathaniel Rich vit à la Nouvelle-Orléans.  Il  est journaliste au long cours pour le New York Times  Il est fasciné par l'attraction paradoxale qu'exercent les catastrophes sur la société contemporaine et interroge dans ses articles la manière dont le monde et la littérature s'accommodent du désastre : effondrements naturels et autres apocalypses environnementales. Son roman Paris sur l'avenir a été publié par les Éditions du sous-sol (Livre de Poche, 2017).


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  •   (Esther DUFLO)    2010   103 p.  11,80 €

        Nul ne conteste que la santé et l'éducation constituent des priorités absolues. Mais la situation actuelle n'incite pas a l'optimisme : neuf millions d'enfants meurent chaque année avant l'âge de cinq ans de maladies que l'on sait guérir et, en Inde, la moitié des enfants scolarisés ne sait pas lire.
      Pour remédier à cet état de fait,  Esther Duflo évalue localement et concrètement les programmes de lutte contre la pauvreté, à l'aide d'une méthode révolutionnaire : l'expérimentation aléatoire.
       De l'Inde au Malawi, du Kenya au Mexique, cette méthode permet de répondre à de nombreuses questions : comment rendre plus efficaces les campagnes de vaccination ?
       Comment améliorer l'instruction des enfants à moindre coût ? Comment lutter contre l'absentéisme des enseignants et des infirmières ?
       La santé et l'éducation sont les préalables non seulement au bien-être social, mais aussi à la liberté : ce livre montre comment les faire progresser de manière décisive.
     
       
     

     2010    103 p.   11,80 €

      (Esther DUFLO)

       " Rendre aux pauvres la lutte contre la pauvreté. " Telle est aujourd'hui la devise de nombreux acteurs nationaux et internationaux, soucieux de responsabiliser les pauvres en leur donnant les moyens de l'autonomie.
       Mais, avant d'opter pour tel ou tel programme, il faut en mesurer l'efficacité.
       Le microcrédit est-il cette solution miracle grâce à laquelle le paysan misérable du Bangladesh pourra s'enrichir ?
      Les conseils de village, en Inde ou en Afrique, permettent-ils vraiment aux communautés de prendre leur destin en mains ?
       En étudiant la situation sur le terrain, Esther Duflo démontre les naïvetés et les approximations d'un discours qui entend tout miser sur l'initiative des pauvres.
       Car ni la microfinance ni la gouvernance locale ne peuvent remplacer des politiques publiques visant à créer des services de santé, à garantir l'offre éducative, à construire des infrastructures, à lutter contre la corruption. Expérimenter sans relâche pour améliorer concrètement la vie des pauvres : c'est ainsi que la vie civique pourra s'épanouir dans les pays en voie de développement.
     
        Première titulaire de la chaire " Savoirs contre pauvreté " au Collège de France, Esther Duflo est professeur en économie du développement au MIT et fondatrice de J-PAL, laboratoire d'action contre la pauvreté. En 2009, elle a reçu le prestigieux prix MacArthur, qui récompense les recherches les plus novatrices. Elle publie pour la première fois une synthèse de ses travaux.

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     (François DUBET)

                                                                   2019     112 p.    11,80 €

       Nous vivons un temps de passions tristes. Ce moment s'explique par le creusement des inégalités, mais surtout par la transformation de leur nature. La souffrance sociale n'est plus vécue comme une épreuve appelant des luttes collectives, mais comme une série d'injustices personnelles, discriminations, expériences du mépris, mises en cause de la valeur de soi.

       Ne pouvant désigner les adversaires à combattre, les individus sont emportés par un ressentiment dont se nourrissent les populismes de tous bords. Le régime des inégalités multiples engendre une société de la colère. Nous y sommes.

       Il faut la comprendre, pour être capables de résister aux vertiges de l'indignation.

      François Dubet est professeur de sociologie émérite à l'université de Bordeaux II, directeur d'études à l'EHESS. Il a notamment publié, au Seuil :

       - Les Places et les Chances (2010) et

       -La Préférence pour l'inégalité (2014).

    Traduit dans le monde entier, il est considéré comme l'un des plus grands sociologues français.


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  • 2018    174 p.    14 €

      Oui, nous pouvons vivre mieux – tous ! Voilà un propos à contre-courant du discours ambiant quand il est question de santé ou de protection sociale. Les inégalités sociales et territoriales se creusent, le défi cit de l'Assurance maladie persiste, le modèle de solidarité collective hérité de 1945 s'essouffle... Tout cela est vrai. Devons-nous pour autant nous résoudre à voir s'installer un système de protection à deux vitesses ?
       Non, affirment ici deux acteurs engagés : un militant mutualiste de longue date et un chercheur spécialiste de la question sociale, qui défendent une approche non lucrative de la santé – la santé envisagée dans une acception large, car on ne saurait être bien dans son corps et dans sa vie sans un logement digne, un revenu décent, un égal accès à l'éducation et aux loisirs...
       Leur constat : face aux transformations de la société (carrières discontinues, vieillissement de la population, explosion des maladies chroniques, etc.), l'État ne peut plus tout. Leur solution : constituer un " pôle des solidarités actives ". Une alliance pour et par l'action des structures historiques de l'économie sociale et solidaire et de nouvelles entités tournées vers l'intérêt général.
       Nourrissant leur échange de nombreux exemples et de propositions (une politique de santé réorientée vers la prévention, un socle de droits universels garanti, une reconnaissance européenne des modèles alternatifs, etc.), les auteurs dessinent une société plus juste et désirable. Une société d'égalité possible. 

      Stéphane Junique est président d'Harmonie Mutuelle et de VYV Care, vice-président du groupe VYV et vice-président de la Fédération nationale de la Mutualité française. 

      Timothée Duverger est maître de conférences associé à Sciences Po-Bordeaux et chercheur associé au Centre Émile-Durkheim, auteur notamment de L'Économie sociale et solidaire. Une histoire de la société civile en France et en Europe de 1968 à nos jours (Le Bord de l'eau, 2016).

       Entretiens réalisés par Jean Chezaubernard, rédacteur en chef d' Essentiel Santé Magazine


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  • 2006  124 p.  8 € (Poche)

        De modernité à gouvernance en passant par transparence, réforme, crise, croissance ou diversité : la Lingua Quintae Respublicae (LQR) travaille chaque jour dans les journaux, les supermarchés, les transports en commun, les " 20 heures " des grandes chaînes, à la domestication des esprits. Comme par imprégnation lente, la langue du néolibéralisme s'installe : plus elle est parlée, et plus ce qu'elle promeut se produit dans la réalité. Créée et diffusée par les publicitaires et les économistes, reprise par les politiciens, la LQR est devenue l'une des armes les plus efficaces du maintien de l'ordre.
      Ce livre décode les tours et les détours de cette langue omniprésente, décrypte ses euphémismes, ses façons d'essorer les mots jusqu'à ce qu'ils en perdent leur sens, son exploitation des " valeurs universelles " et de la " lutte antiterroriste ". Désormais, il n'y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d'exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C'est ainsi que la LQR substitue aux mots de l'émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission.

      Éric Hazan est un écrivain, éditeur et médecin.

    Il est né d'une mère apatride née en Palestine et d'un père juif originaire d’Égypte. Son père, l'éditeur Fernand Hazan, est le fils d’Émile Hazan, qui avait fondé sa maison d'édition en 1927 à Paris.

    Très tôt engagé politiquement, il s'engage aux côtés du FLN durant la guerre d'Algérie. En 1975, devenu chirurgien cardiovasculaire, et membre fondateur de l’Association médicale franco-palestinienne, il se rend au Liban alors en pleine guerre, pour servir de médecin à cette armée que l’on appelait à l’époque les "Palestino-progressistes".

    À la quarantaine, il devient éditeur. Il préside à la destinée des éditions d’art fondées par son père mais qu’il abandonne quatorze ans plus tard, en 1992, après le rachat par le groupe Hachette et la prépondérance de la logique comptable.

    En 1998, il fonde les éditions La Fabrique pour lutter contre la concentration de l'édition, puis se tourne vers l'écriture. Il a également été traducteur (notamment des œuvres d'Edward Said).

    Il est notamment l’auteur de:

      -"Chronique de la guerre civile" (La fabrique, 2004),

      -"Changement de propriétaire, la guerre civile continue" (Seuil, 2007),

      -"L'Invention de Paris" (Seuil, 2002),

      -"Une histoire de la Révolution française" (2012),

      -"Une traversée de Paris" (2016).

    Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

    Source : wikipedia

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  • Ses paroles pleines de bon sens font du bien, la planète est en danger mais l’académicien garde espoir, les jeunes ont plus conscience que nos générations du danger qui guette, c’est d’eux que viendront les solutions.

    Interview sur Le Parisien à lire absolument

    http://foodandsens.com/non-classe/michel-serre-ce-sont-les-systemes-economiques-qui-detruisent-la-planete/

    michel serres

    L’historien des sciences Michel Serres, 88 ans, accuse l’économie de détruire la planète. Photo S. Picard pour Le Parisien Week-End

    LE PARISIEN WEEK-END. Pionnier de l’écologie, l’académicien plaide en faveur d’un cadre juridique pour protéger l’environnement. Un projet exposé en 1990 dans son essai « Le Contrat naturel », aujourd’hui réédité. Il y a urgence.

    Dans le petit jardin de la maison de Michel Serres, à Vincennes, le marronnier est malade. « Depuis trois ans, il ne donne plus de marrons, ni de fleurs », regrette l’historien des sciences et académicien de 88 ans. « Il n’y a plus de merles, de mésanges, ni de moineaux non plus », ajoute cet intellectuel pionnier de l’écologie, qui faisait paraître, il y a vingt-huit ans, Le Contrat Naturel, un plaidoyer pour doter la nature de droits. Alors que paraît une nouvelle édition de cet essai, l’auteur de Petite Poucette renouvelle son appel à agir pour la planète. Avant qu’il ne soit vraiment trop tard.

    Dans la préface de votre ouvrage, vous affirmez que, si nous ne changeons pas nos coutumes, notre économie et notre politique, le monde court au désastre. Est-ce inévitable ?

    MICHEL SERRES. Je ne suis pas catastrophiste. Les gens le sont volontiers aujourd’hui, influencés par les médias qui n’annoncent que des attentats, des accidents, alors que la violence ne cesse de baisser. Mais le problème de la planète est toutefois très sérieux. La communauté scientifique tire la sonnette d’alarme depuis trente ans déjà. Mais plus personne ne l’écoute.

    A la fin des années 1990, il y avait un trou dans la couche d’ozone dû à l’utilisation de certains produits. Dès que l’on a arrêté de les utiliser, le trou s’est comblé. Par conséquent, on peut agir sur le monde, il n’y a pas de doute. Les scientifiques proposent des solutions. Mais ils sont un peu désarçonnés face à la société telle qu’elle est.

    Je vais vous dire, rien n’est plus léger que le vrai. Rien n’est plus inefficace que la vérité. La vérité pèse très peu par rapport au mensonge, la fausseté, l’émotivité, à tout ce que nous entendons. Si quelqu’un se lève et dit la vérité, personne ne le croit. La vérité est très légère. Très légère.

    Comment expliquez-vous cette indifférence ?

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  • 2017     128 p.    10 €

        Méconnu du grand public et inclassable pour les spécialistes, Albert Hirschman a notamment introduit l'idée de " croissance déséquilibrée " en économie. Axées sur les notions de développement et d'émergence, ses analyses portant sur l'action collective ont également de remarquables répercussions en sociologie et en sciences politiques. Ce livre est une invitation à découvrir ou à relire ce grand auteur, une référence majeure pour quiconque croit en l'unité des sciences sociales.

       Albert Otto Hirschman (1915-2012) s'est distingué par ses recherches en sciences sociales au sens large, à la croisée de l'économie, de la sociologie, de la science politique, de l'histoire et de la philosophie. Ses livres sont presque tous devenus des classiques : Défection et prise de parole, Les Passions et les intérêts, Bonheur privé, action publique, Deux Siècles de rhétorique réactionnaire. Cette partie de son œuvre, la plus reconnue, ne doit pas masquer son apport à l'économie du développement.
       Hirschman a choisi de mettre l'accent, en la valorisant, sur l'étonnante capacité d'adaptation des collectivités humaines. Son œuvre le rattache à la tradition qui, dans les sciences sociales, se préoccupe moins de la rationalité ou de l'irrationalité des conduites humaines que de leur part de créativité.
    Ce livre est une invitation à découvrir ou à relire ce grand auteur, dont l'engagement personnel fut exemplaire. Une référence majeure pour quiconque croit en la fécondité des sciences sociales lorsqu'elles s'affranchissent des frontières disciplinaires.

       Cyrille Ferraton est maître de conférences à l'université Paul-Valéry Montpellier 3 (ARTDev – UMR 5281). Il a publié Associations et coopératives. Une autre histoire économique (Érès, 2007) et La Propriété (Larousse, 2009).
       Ludovic Frobert est directeur de recherche au CNRS (Maison française d'Oxford). Il a récemment publié Le Solitaire du ravin. Pierre Charnier (1795-1857), prud'homme tisseur et canut (ENS éditions, 2014) et codirigé le volume Quand les socialistes inventaient l'avenir (1825-1852) (La Découverte, 2015).


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  • Albert Hirschman, penseur iconoclaste du capitalisme

    Gilles Dostaler 29/07/2019
    https://www.alternatives-economiques.fr//albert-hirschman-penseur-iconoclaste-capitalisme/

    Homme engagé, Albert Hirschman a laissé sa marque sur les théories du développement et sur l'étude de la société capitaliste. Rejetant les interprétations économiques monocausales, il puise dans diverses sciences sociales pour expliquer les transformations du monde.

    Très jeune, Albert Hirschman a commencé à s’abreuver à plusieurs cultures. Il s’est aussi lancé tôt dans l’action politique et, en particulier, dans la lutte contre le fascisme et le nazisme qu’il a menée, en citoyen cosmopolite, sous plusieurs drapeaux. A 16 ans, il adhère aux Jeunesses socialistes du Parti social-démocrate (SPD) allemand et échange quelques coups de poing avec des bandes de nazis. Se situant à l’aile gauche du mouvement, lecteur assidu de Marx et de ses disciples, fréquentant les communistes, le jeune Hirschman décide toutefois de ne pas suivre les dissidents radicaux du SPD qui fondent en 1931 le Parti socialiste ouvrier. Il écrira beaucoup plus tard : " C’était la première fois (...) où il m’a fallu choisir entre la défection ou l’expression de la dissension, la critique de l’intérieur " (La morale secrète de l’économiste, page 20).

    Un homme engagé

    En 1933, après la prise du pouvoir par Hitler et l’interdiction des partis, Albert Hirschman décide de s’installer en France. Il se rend en Espagne, en 1936, pour participer à la lutte contre le soulèvement franquiste. Etudiant en Italie entre 1936 et 1938, il est engagé dans l’opposition clandestine au fascisme de Mussolini. Il doit quitter le pays à la suite de l’adoption des lois raciales par lesquelles il était visé en tant que juif.

    Albert Hirschman, penseur iconoclaste du capitalisme                                A lire Alternatives Economiques n°392 - 07/2018

     

    Au début de la Seconde Guerre mondiale, on le retrouve dans un groupe de volontaires allemands et italiens de l’armée française

     

    Au début de la Seconde Guerre mondiale, on le retrouve dans un groupe de volontaires allemands et italiens de l’armée française. Après la signature de l’armistice et l’engagement pris par le gouvernement de Vichy de livrer les citoyens étrangers réclamés par l’Allemagne, il participe à la mise sur pied et aux activités d’un groupe qui se donne pour mission d’organiser l’émigration clandestine des individus menacés. Parmi les 2 000 personnes ainsi protégées de la répression nazie, on compte Hannah Arendt et son mari Heinrich Blücher, qui était un ami de Hirschman. Soupçonné par les autorités françaises, Hirschman se rend aux Etats-Unis en décembre 1940. Il revient en Afrique du Nord et en Italie après 1943, cette fois comme combattant de l’armée américaine.

    Développement et dépendance

    On ne s’étonnera pas que, pour Albert Hirschman, l’économique et le politique soient étroitement reliés et que, dans la vie sociale, les conflits, rapports de force et effets de domination jouent un rôle déterminant. Son premier livre, écrit en 1942, National Power and the Structure of Foreign Trade, issu d’une réflexion sur l’Allemagne nazie, est une analyse des aspects politiques du commerce international et traite de l’utilisation des relations économiques internationales comme instrument de pouvoir. Dès ce premier travail et tout au long de sa carrière, considérations économiques, politiques, sociologiques, historiques, philosophiques, psychologiques et histoire des idées sont mises à contribution par un auteur dont l’érudition est impressionnante. Hirschman rejette ce qu’il appelle les interprétations économiques monocausales des phénomènes sociaux, et en particulier du développement.

    Aux thèses néoclassiques fondées sur la rationalité, la croissance équilibrée et l’industrialisation harmonieuse, Hirschman oppose la croissance déséquilibrée, source de tensions

    Avec Stratégie du développement économique (1958), rédigé pendant son séjour en Colombie, et plusieurs publications ultérieures, Hirschman s’impose comme l’un des contributeurs majeurs dans les débats sur le développement et la dépendance, dont l’idée était déjà présente dans son livre de 1945. Aux thèses néoclassiques fondées sur la rationalité, la croissance équilibrée et l’industrialisation harmonieuse, il oppose la croissance déséquilibrée, source de tensions. Insistant sur le rôle de l’apprentissage cumulatif, Albert Hirschman crée les concepts de liaisons en amont et en aval (backward and forward linkages) pour décrire les effets d’entraînement que peut exercer une industrie sur celles qui lui fournissent ses inputs ou celles qui fabriquent les outputs auxquelles elle contribue. Face aux politiques de développement, Hirschman a une vision pragmatique qu’il qualifie de " possibiliste " : " J’ai toujours eu une certaine aversion pour les principes généraux et les solutions abstraites. Je crois indispensable d’"examiner le patient" avant de déterminer ce qu’il a " (La morale secrète de l’économiste, page 81).

    Nature et mutations de la société capitaliste

    A partir des années 70, les réflexions de Hirschman débordent le champ du développement, auquel il continue toutefois à contribuer, et prennent une ampleur considérable en s’attaquant à plusieurs volets de l’évolution du capitalisme. Sa critique des limites d’une analyse économique étriquée, fondée sur la rationalité de l’homo oeconomicus, se radicalise et s’approfondit.

    Zoom Albert Hirschman : repères biographiques :  1915 :  naissance à Berlin le 7 avril.

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  • Ce qu’il s’est vraiment passé à Bretton Woods

    Christian Chavagneux 12/07/2019 Alternatives Economiques

    Il y a 75 ans, les accords de Bretton Woods, en 1944, ne sont pas nés d'un superbe exercice de coopération internationale. Ils sont le résultat de deux ans de négociations et de batailles acharnées entre les Etats-Unis et l'Angleterre, pour la domination de l'économie mondiale.

    Une légende court dans les amphis et les manuels d’économie : il y a tout juste soixante ans, 44 pays se sont réunis à Bretton Woods, aux Etats-Unis, pour réguler la finance mondiale. Un superbe exercice de coopération internationale, un moment mythique, qui créait le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Et dont il nous faudrait retrouver l’esprit afin de réaliser un " nouveau Bretton Woods " pour répondre aux désordres actuels de la mondialisation financière.

    En fait, il ne s’est jamais rien passé de tel. La conférence de Bretton Woods n’était que l’aboutissement de négociations acharnées, menées depuis 1942, par seulement deux pays, les Etats-Unis et l’Angleterre. Ses résultats sont le fruit des batailles, grandes et mesquines, que se sont livrées ces deux super puissances pour la domination de l’économie mondiale. Retour sur ce qui s’est vraiment passé à Bretton Woods.

    Comment l’Angleterre a financé son effort de guerre
     

       Tout a commencé avec la nécessité pour l’Angleterre de résoudre un problème concret : comment financer l’effort de guerre ? Dès la fin de 1940, les réserves internationales du pays ont été divisées par cinq et ne représentent plus que 40 % de sa dette extérieure. L’Angleterre a désespérément besoin d’argent. Un seul pays est capable de lui en prêter : les Etats-Unis. Mais, en 1933, les Anglais ont arrêté de rembourser les prêts que leur ont faits les Etats-Unis pour financer la Première Guerre mondiale. De leur côté, depuis la crise de 1929, les entreprises américaines sont victimes d’une conjoncture dégradée. Elles aimeraient pouvoir accroître leurs exportations et se heurtent aux règles protectionnistes de l’empire britannique.

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  •  (Zygmunt BAUMAN)

                                                                    2019   246 p.  20 €

       Le livre testament de Zygmunt Bauman, l'un des plus penseurs les plus importants de notre modernité. Une alerte nécessaire sur la tentative de repli et d'idéalisation du passé qui caractérise notre époque.   À la mort de Zygmunt Bauman, en janvier 2017, Roger Pol- Droit soulignait dans le Monde que le lire, c'est toujours " rencontrer une éthique contemporaine sans dogme ni concession ". Philosophe et sociologue aussi érudit qu'inclassable, né en Pologne mais ayant vécu l'essentiel de son existence en Grande-Bretagne, cet intellectuel européen par excellence éclaire notre temps à l'instar d'un Norbert Elias ou d'un Georg Simmel. Rétrotopie, publié à titre posthume quelques mois après sa disparition, peut être considéré comme une manière de testament – et comme une mise en garde de poids.

    C'est que Bauman, avant de disparaître, constatait partout un refus général de se confronter véritablement aux grands défis de ce xxie siècle naissant – et, notamment, aux questions soulevées par des flux migratoires. Partout, on observe l'avènement d'une forme d'aspiration rétrograde, la volonté d'en revenir à un passé plus ou moins mythifié : soit le meilleur moyen d'éluder les questions les plus brûlantes tout en entamant un processus de régression possiblement catastrophique. " Le défi de la modernité, nous rappelle Bauman, est de vivre sans illusion et sans être désillusionné. "

    Il reste à relever et ce livre nous y aide puissamment.  

    LA PRESSE EN PARLE

    " Avec Retrotopia que Bauman écrivit juste avant de mourir à l'âge de 91 ans, cette grande voix alerte une nouvelle fois sur les mécanismes et les dangers des replis identitaires, rappelle que le sort funeste des migrants est scellé au nôtre, et invite à dépasser la peur pour créer d'urgence de nouvelles utopies. " L'Obs

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  • Plutôt couler que

    2019  101 p.  10 € Libertalia en Poche

        « Notre société déborde de trop-plein, obscène et obèse, sous le regard de ceux qui crèvent de faim. Elle est en train de s’effondrer sous son propre poids. Elle croule sous les tonnes de plaisirs manufacturés, les conteneurs chargés à ras bord, la lourde indifférence de foules télévisées et le béton des monuments aux morts. Et les derricks continuent à pomper, les banques à investir dans le pétrole, le gaz, le charbon. Le capital continue à chercher davantage de rentabilité. Le système productiviste à exploiter main-d’œuvre humaine et écosystèmes dans le même mouvement ravageur. Comment diable nous est venue l’idée d’aller puiser du pétrole sous terre pour le rejeter sous forme de plastique dans des océans qui en sont désormais confits ? D’assécher les sols qui pouvaient nous nourrir, pour alimenter nos voitures en carburant ? De couper les forêts qui nous faisaient respirer pour y planter de quoi remplir des pots de pâte à tartiner ? »

       Dans cet essai philosophique et littéraire rédigé à la première personne, la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien en convoquant le navigateur Bernard Moitessier, les lucioles de Pasolini ou Les Racines du ciel de Romain Gary. Elle propose un choix radical : refuser de parvenir et instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé.


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  • 2019    256 p.   15 € (Flammarion)

       « Mais bon sang, comment vais-je m'en sortir de cette tâche insensée ? De cette idée de m'entretenir avec vous de l'avenir du monde vivant ? Alors que je sais très bien que vous auriez préféré que je vous livre un roman policier. Il y a dix ans, j'avais publié un très court texte sur l'écologie. Et quand on m'a prévenue qu'il serait lu à l'inauguration de la COP 24, c'est alors que j'ai conçu un projet de la même eau, un peu plus long, sur l'avenir de la Terre, du monde vivant, de l'Humanité. Rien que ça.»

        Fred Vargas est l'auteur de nombreux romans policiers, qui sont publiés dans vingt-deux pays. Elle est également docteur en archéozoologie et a exercé longtemps comme chercheur au CNRS. Ce livre, qui explore l'avenir de la planète et du monde vivant, souhaite mettre fin à la « désinformation dont nous sommes victimes » et enrayer le processus actuel.

     Intervieuw:

     https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/climat-a-1-5-degre-de-plus-la-moitie-de-l-humanite-va-mourir-alerte-fred-vargas

       L'auteur Fred Vargas range ses polars pour s'attaquer au péril climatique et à la pollution. Elle publie L'humanité en péril, virons de bord (Flammarion), dans lequel elle a pour ambition d'informer la population du danger qui la guette. Fred Vargas explique qu'à 1,5 degré de plus de réchauffement climatique, la moitié de l'humanité mourra. Elle affirme aussi que lors de la COP 24, les dirigeants politiques ont sciemment décidé de sacrifier un quart de plus de la population mondiale en s'autorisant à aller jusqu'à +2 degré

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  •  (Christiane TAUBIRA)

    2017   128 p.  9 €

      " Nous devons reprendre l'ouvrage. Nous, la Gauche.
       En renouant avec notre identité : refaire de la justice sociale la colonne vertébrale des politiques publiques ; reprendre en charge la question démocratique ; penser la culture ; retisser les liens de solidarité internationale avec les travailleurs, les déshérités, les femmes opprimées, les enfants exploités, les croyants et les incroyants persécutés, les victimes des traites, des guerres, des misères, des catastrophes.
    Et assumer tout cela tête haute. " Ch. T.

       Dans une langue éblouissante, Christiane Taubira s'indigne des inégalités et des violences sur notre planète, s'attaque aux idées dangereuses des extrêmes, critique l'invocation permanente du concept de crise qui assoit la domination des puissants, identifie les règles de vie commune
    dans une société laïque, redonne leur sens aux mots si souvent dévoyés aujourd'hui, trace les axes d'un combat urgent.
       Un livre lucide et engagé, un livre d'espoir porté par le souffle d'une citoyenne de la Terre qui ne peut vivre sans exaltation ni s'accommoder du monde tel qu'il lui est donné.

      Ancienne Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira est l'auteure de plusieurs livres, dont

       -L'esclavage raconté à ma fille et

      -Murmures à la jeunesse.


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  • 2017  15 €

      Dans un soucis de simplification, l'agriculture est considérée comme "conventionnelle" ou "biologique", la première forme étant délétère et l'autre louable. Si cette dichotomie a un certain sens, l'agriculture adopte de multiples formes : raisonnée, écologique, diversifiée, intensive, extensive, biodynamique... Des termes peu évidents, qui sont ici expliqués de manière vulgarisée afin d'apporter aux lecteurs des informations fiables sur les mutations de l'agriculture avec leurs conséquences.

    L'agriculture d'aujourd'hui permet-elle encore de remplir les fonctions de production d'aliments sains et de qualité ? Ou faut-il privilégier des systèmes alternatifs tels que les circuits courts et l'agriculture biologique ? Quel avenir pour l'agriculture locale ? Vers quoi se dirige-t-on à l'échelle mondiale ? Les OGM ont-ils encore un rôle à jouer pour pouvoir faire face aux défis qui nous attendent ? Nos méthodes d'élevage sont-elles durables ? Comment gérer la problématique d'émission de gaz à effet de serre ?

    Autant de questions qui trouvent dans cet ouvrage des éléments de réponses qui se veulent objectifs.

    Un très bon moyen d'appréhender la complexité de ce sujet crucial pour l'avenir de nos civilisations et pour la bonne santé de notre support de vie.

      Ce premier ouvrage rédigé par des scientifiques œuvrant principalement dans le domaine de l'alimentation et de l'environnement a pour objectif d'apporter aux lecteurs des informations fiables, basées sur l'évidence scientifique, afin de les aider à trouver des réponses à des questions importantes qu'ils peuvent se poser.

      Dans un monde où il est de plus en plus difficile de trouver des informations correctes, non déformées par les nombreux groupes de pression qui chacun défendent leurs propres intérêts, il est bon de pouvoir prendre un peu de recul et entamer une réflexion en profondeur sur certains de ces grands problèmes ou enjeux de société.

      « AgricultureS & Enjeux de société » constitue le premier tome de la collection « Le trèfle à quatre feuilles ». Il sera suivi par trois autres ouvrages, portant sur des thématiques complémentaires que sont l'Alimentation, l'Environnement et la Santé. à l'image du trèfle à quatre feuilles, porte-bonheur et symbole de bonne fortune, la collection comprend donc quatre tomes, correspondant aux quatre folioles de notre talisman. Chacun d'entre eux a son importance et converge vers un objectif ultime : le bien-être de l'être humain vivant dans un environnement sain et se nourrissant de produits de qualité.

      Dr Leo Goeyens détient un doctorat en sciences chimiques de la Vrije Universiteit Brussel. Il enseigna à la VUB et la KUL. Il gère actuellement l'entreprise Life and Chemistry Office (http://lc-office.be/).


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  • L'incendie de Notre-Dame nous montre que notre surpuissance n’est qu’un leurre

    Battons-nous aujourd’hui pour que notre patrimoine, culturel et naturel, ne parte pas en fumée... demain.

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/lincendie-de-notre-dame-nous-montre-que-notre-surpuissance-nest-quun-leurre_fr

    Muriel DouruComment l'étude de la collapsologie apprend à relativiser.

    Hier soir, en regardant les images de Notre-Dame de Paris en feu, je ressentais de la tristesse mais pas cette émotion énorme, largement partagée, et cela n’a rien à voir avec le cynisme ou mon rejet des religions car je suis très sensible à la créativité humaine, quelle que soit sa motivation.

    Non. C’est juste que je suis... anesthésiée.

    Car hier, j’ai entendu le journaliste scientifique Laurent Testot dire, dans une interview, que si rien n’est fait pour changer le cours du dérèglement climatique, Venise et New-York, ces merveilles de la culture humaine, si différentes, seront sous les eaux à la fin du siècle.

    Disparues, anéanties, par la faute de ceux qui en sont à l’origine parce que nous sommes entrés dans l’ère de l’Anthropocène, “l’époque de l’histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l’écosystème terrestre” (Wikipédia).

    Notre Dame date de 1163.
    856 ans pour l’histoire des humains, c’est considérable.
    856 ans pour l’histoire de la Terre (qui a 4,5 milliards d’années), c’est... rien.

    Il y a des symboles de notre civilisation que nous pensons éternels, parce que nous nous pensons éternels et nous refusons obstinément de croire à ce que les scientifiques ne cessent de nous répéter: si nous ne faisons rien, notre Civilisation va s’effondrer parce qu’à cause d’elle, le monde du vivant s’effondre et le climat se transforme, à toute vitesse.

    À ce rythme, nos gamins assisteront, de leur vivant, à la disparition inéluctable, non seulement des joyaux nés de l’ingéniosité des humains (réparables), mais aussi de cet autre joyau qui n’est pas de notre fait et qui, du coup, semble moins nous toucher: la perte de l’incroyable diversité du vivant (perdue à jamais).

    Ce drame de Paris devrait être l’occasion de comprendre que notre surpuissance n’est qu’un leurre et que nous ne sommes pas invulnérables. 

    Alors, battons-nous aujourd’hui pour que notre patrimoine, culturel et naturel, ne parte pas en fumée... demain.

    Ce billet est également publié sur la page Facebook de Muriel Douru.


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  • Notre-Dame de Paris nous crie la souffrance de notre civilisation

    Notre-Dame de Paris martyrisée par le feu, notre cœur souffre, et c’est un grand symbole qui nous crie la souffrance de notre société tout entière. Entendrons-nous?

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/notre-dame-de-paris-nous-crie-la-souffrance-de-notre-civilisation_fr_5cb8c362e4b032e7ceb62805?ncid=other_huffpostre_pqylmel2bk8&utm_campaign=related_articles19/04/2019

    AFP

    Depuis lundi, j’écoute les uns et les autres utiliser à nouveau ce mot ancien de “symbole” à propos de la cathédrale de l’île de la Cité: “symbole de la Chrétienté”, “symbole de la France”, “symbole de tout ce qui nous unit”, “notre cathédrale commune”, etc. Curieux de voir comment, dans ce type de moment, nous nous rappelons soudain qui nous sommes et d’où nous venons. Curieux que le vieux fond religieux de notre pays revienne ainsi affleurer si spontanément à la surface de nos consciences, à moitié assumé seulement, et comme si nous n’avions rien oublié… Et pourtant c’est bien étrangement cet oubli qui me frappe en cet instant même où tout le monde ou presque n’a plus que ce mot de symbole à la bouche. 

    Car du symbole en question nous semblons tous à peu près incapables de voir la signification, et derrière les grands mots solennels de “notre histoire” et de “notre patrimoine”, une fois de plus c’est le vide. 

    Qu’est-ce qui crève les yeux dans cette Notre-Dame qui brûle? Celui qu’on brûle dit une vérité qu’on ne veut pas entendre.

    Qu’est-ce qui crève les yeux, en effet, dans cette Notre-Dame qui brûle? Qu’est-ce qui est sans doute trop évident, en matière de symbole, pour que nous soyons capables de le voir et de l’entendre? La destruction par le feu a toujours correspondu dans notre histoire au martyr des innocents –brûlés pour hérésie, brûlés par l’obscurantisme, brûlés par temps d’infamie et de malheur. Celui qu’on brûle dit une vérité qu’on ne veut pas entendre. Il crie sur son bûcher, et toujours comme le templier Jacques de Molay à Philippe le Bel c’est pour hurler un avertissement, voire une malédiction. Sachons raison garder mais si on veut vraiment parler symbole, comment échapper à cette question même: de quoi donc le feu de Notre-Dame nous avertit-il? 

    Et si l’on veut aller plus loin, considérons ce dont Jésus-Christ lui-même au centre de la cathédrale a toujours été le symbole, au sens le plus puissant du terme. J’ai grand scrupule à le rappeler, moi le philosophe français musulman, à ma nation de culture chrétienne. Mais comme personne, ces jours-ci, ne semble décidé à convoquer ce souvenir, je m’y résous. Le Christ a souffert pour racheter les péchés du monde. Son martyr sur ce bûcher de clous et d’épines que fut la Croix symbolise, c’est-à-dire exprime, l’amour par lequel il prend sur lui le mal et la souffrance de l’humanité. Or qu’est-ce qui caractérise le plus terriblement notre société actuelle, notre civilisation actuelle, si ce n’est justement la souffrance? La souffrance de la nature mise en danger de mort par notre folie. La souffrance de la misère, des migrations, des haines, causée par la même folie d’un monde livré à l’Argent. 

    Une fois de plus, le Christ vient donc prendre sur lui notre souffrance. Et par là même nous adresser un message, que dis-je, une prière: “Changez! Changez avant qu’il ne soit trop tard!” Mais alors même que sa prière dans les flammes vient nous atteindre, et qu’elle cherche désespérément nos oreilles devenues sourdes, nos intelligences devenues incapables de comprendre le symbole, voilà que… l’Argent, lui, a entendu. Il a compris le danger pour son pouvoir. Aussitôt, les Fortunes se précipitent: les marchands du Temple veulent reconstruire le Temple, pour qu’on continue d’adorer leurs veaux d’or… Rien de nouveau sous le soleil, dirait l’Ecclésiaste.

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  • 2018     128 p.    14 € (tome 2)

       Des mésanges punks qui se mêlent de politique, des hommes politiques plus animistes que des Indiens d'Amazonie, un anthropologue jivaro qui tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale. Voici quelques habitants de ce monde nouveau où le concept de nature a disparu, où les plantes et les animaux sont considérés comme des partenaires sociaux ordinaires et où le pouvoir n'exerce plus aucun attrait. 

       Après la lecture de ce livre, vous ne regarderez plus jamais les mésanges et les hommes politiques de la même façon. 

       Chercheur en sciences cognitives et philosophie de l’art à l’Institut Jean Nicod (CNRS/ENS/EHESS), ALESSANDRO PIGNOCCHI s’est lancé dans l’illustration et la bande dessinée avec son blog Puntish, dans lequel il imagine que les dirigeants de la planète ont adopté l’animisme des Jivaros.
       Il a publié chez Odile Jacob

       -L’Œuvre d’art et ses intentions en 2012 et

      -Pourquoi aime-t-on un film ? Quand les sciences cognitives discutent des goûts et des couleurs en 2015.


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  • 2017    313 p.    25 €

      Depuis la chute du mur de Berlin, le marché est devenu la norme universelle. Régissant la planète entière, il est censé être partout efficient grâce à une "main invisible" qui, selon les économistes orthodoxes, ajusterait de façon optimale l'offre et la demande. Comment expliquer alors le krach financier de 2008, la panne de la croissance économique, la montée sans précédent des inégalités et l'épuisement des ressources de la planète ? Disciple du grand économiste indien Amartya Sen, Kaushik Basu montre dans cet ouvrage comment l'hypothèse de la "main invisible" formulée par Adam Smith a été progressivement transformée en un dogme inamovible. Devenu la pierre angulaire de l'orthodoxie du marché libre, ce "mythe de Smith" nous empêche de comprendre la façon dont les économies fonctionnent réellement. La remise en cause de ce postulat contribue à poser les jalons d'une nouvelle pensée économique qui permet d'envisager un monde de "citoyens égaux" où "les générations futures pourront vivre sans risquer de se trouver au milieu d'une terre de désolation". 
     

       Kaushik Basu a occupé le poste d'économiste en chef de la Banque mondiale d'octobre 2012 à juillet 2016. Spécialiste de l'économie du développement, de l'économie du bien-être social et de la théorie des jeux, il est professeur d'économie à l'Université Cornell (Etat de New York). Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages.

      Gaël Giraud est chef économiste de l'Agence Française de Développement (AFD) depuis janvier 2015. Directeur de recherche au CNRS et à l'Université de Paris 1, il est l'auteur de plusieurs essais parmi lesquels Illusion financière (Editions de l'Atelier, nouvelle édition, 2015).


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  •                                                             2016     234 p.    17 € 

       L’érosion de la biodiversité est un fait incontournable, une tragique certitude.
      Au rythme des découvertes actuelles, il faudrait plus d’un millénaire pour décrire la totalité des espèces de la planète. Et l’espèce humaine ?  Avec ces 7 milliards 300 millions d’individus est-elle un succès de l’évolution ? Sans doute, et pourtant… Apparue il y a moins de 200 000 ans, elle est parvenue à elle seule à déséquilibrer l’ensemble de la biosphère érodant la biodiversité, abusant des ressources, modifiant les climats et polluant la nature.
       En partant de ce constat lucide et éclairé, Jean-Marie Pelt veut nous dire que nous sommes tous concernés par le devenir de notre planète et que  c’est en respectant toutes les formes de la diversité que nous parviendrons à réconcilier et unir l’homme et la nature.
       Il nourrit ces pages d’histoires naturelles où se côtoient à loisir l’univers animal et végétal et il nous délivre, en témoin émerveillé et formidable passeur qu’il fut, un message de vigilance, de combat et d’espoir tout à la fois

        Botaniste, pharmacologue, écologiste avant l’heure (il fut président de l’Institut européen d’écologie), Jean-Marie Pelt nous a quittés à la fin de l’année 2015, ce livre est en quelque sorte son livre testament. Il a publié l’ensemble de son œuvre aux Editions Fayard.
     

       Président de l’Institut européen d’écologie, Jean-Marie Pelt fut un botaniste-écologiste qu’on ne présente plus. Écologiste, il l'a été bien avant l’heure et il s'est fait connaître par ses nombreux ouvrages dont les plus récents chez Fayard sont :

       -La Terre en héritage (2000, 2003),

       -Les Nouveaux Remèdes naturels (2001, 2003),

      -L’Avenir droit dans les yeux (2003),

      -Le Nouveau Tour du monde d’un écologiste (2005),

      -C’est vert et ça marche !(2007),

      -Nature et Spiritualité (2008),

      -La Raison du plus faible,

      - Le monde a t-il un sens (2014, co-écrit avec Pierre Rabhi).

      Disparu en 2015, il laisse derrière lui une soixantaine d'ouvrages.

     


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  • 2018     304 p.    20 €

       La terre se réchauffe dangereusement et si nous ne faisons rien, demain verra la fin du monde. En matière de climat, le marché de la peur est florissant. Une peur bien utile, véritable instrument de pouvoir fondé sur la manipulation des émotions au détriment de la raison. Faut-il en effet rappeler quelques-unes des prophéties émises en 1970 par les premières assises écologistes du " jour de la Terre ", pour l'horizon de l'an 2000 : plus une goutte de pétrole, généralisation des famines sur tout le globe et réduction de l'espérance de vie à 49 ans aux Etats-Unis... Sans oublier le cri d'alarme lancé en 2008 par Al Gore, prix Nobel de la Paix 2007 et ancien vice-président américain, qui annonçait la disparition totale de la calotte glacière estivale au pôle nord en 2013... Pour François Gervais, s'il y a une urgence, c'est celle de retrouver nos esprits... scientifiques. Car, contrairement à ce que disent les responsables du GIEC, il est absolument faux d'affirmer qu'il existe un " consensus " des chercheurs autour des questions climatiques. Ce livre le prouve en détails. Le catastrophisme des modèles virtuels actuels, source de politiques énergétiques dispendieuses dont certaines n'ont de durable que l'affichage, est en revanche une vraie catastrophe annoncée.

       François Gervais est professeur émérite à la Faculté des Sciences et Techniques de l'Université de Tours. Il a été Expert reviewer du rapport AR5 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Il est vice-président de Centre. Sciences, Centre de diffusion de la culture scientifique, technique, industrielle en Région Centre-Val de Loire. De 1996 à 2012, il était directeur d'un Laboratoire labellisé UMR 6157 CNRS qui a développé des recherches axées entre autres sur la spectrométrie infrarouge et les matériaux pour l'efficacité énergétique.

      De 2005 à 2011, il était conseiller scientifique du Pôle de Compétitivité S2E2, Sciences et Systèmes de l'énergie électrique. De 1982 à 1996, il était maître puis directeur de Recherche au CNRS et sous-directeur du Centre de Recherches sur la Physique des Hautes Températures LP 4212 CNRS. Il est auteur ou coauteur de 236 publications dans des revues internationales à comité de lecture. Il a publié 6 livres,

      -l'Innocence du carbone chez Albin Michel,

    d'autres sur les matériaux pour l'énergie, le climat et la programmation chez Lavoisier, Sybex ou Scholar's Press. Il est médaillé du CNRS en thermodynamique, lauréat du Prix Yvan Peyches de l'Académie des Sciences et officier dans l'Ordre des Palmes Académiques.


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  • 2018    192 p.  6,90 €

       Jean-Marie Pelt s’attache ici à nous parler d'écologie avec une approche tout empreinte de spiritualité. Il nous convie à un retour aux origines par le biais des grands textes fondateurs de notre civilisation.   Qu'il s'agisse des trois religions monothéistes, mais aussi du bouddhisme ou des cultes animistes, les écrits et paroles recueillis sont unanimes : l'homme se doit d'être proche de la nature, de la terre-mère, car c'est elle qui le porte et le nourrit.
       Jean-Marie Pelt fait donc entendre ce message, qui mérite d'être médité, envoyé par nos lointains ancêtres.

    Contre ce monde anxiogène et nos modes de vie en perpétuelle évolution, Jean-Marie Pelt nous propose de retrouver les chemins de la spiritualité, de se souvenir de la sagesse de la nature. Psychologies magazine.
     

      Président de l’Institut européen d’écologie, Jean-Marie Pelt (1933-2015) fut un botaniste-écologiste. Révélé au grand public à travers ses chroniques radio sur France Inter et la série documentaire télévisée L'Aventure des plantes, il est également l’auteur de nombreux ouvrages. 


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  • 2015     192 p.  14,90 €

       Cet ouvrage est écrit à deux mains par Serge Latouche et Anselm Jappe. Durant toute sa carrière universitaire, Serge Latouche a enseigné l'épistémologie des sciences économiques.
      En se penchant de manière critique sur ces fondements, il s'est rendu compte que l'ensemble des présupposés de l'économie était très mal assuré. Anselm Jappe, quant à lui, est arrivé à une conclusion très proche à travers une relecture des catégories de l'économie, telles que la marchandise, le travail, l'argent ou la valeur, qui sont en même temps des formes de vie sociale.
      La vie économique qui nous apparaît comme la base naturelle de toute vie humaine et le fondement de toute vie sociale existait-elle dans les sociétés précapitalistes ? L'objet même de la réflexion des économistes n'est-il pas plutôt une «trouvaille de l'esprit», une invention, un imaginaire qui a désormais colonisé notre esprit et nos vies ? Si l'économie est une création historique finalement assez récente, comment fonctionnaient les sociétés pré-économiques ?
      Comment s'est inventée, au fil du temps, cette économie dans la pratique comme dans la réflexion ? Réfléchir à un futur différent pour notre société implique de penser l'impensable, de réaliser l'improbable, pour enfin selon le mot de Serge Latouche «sortir de l'économie». Un enjeu majeur pour notre avenir...
     
      Serge Latouche, professeur émérite à la faculté de droit, économie et gestion Jean-Monnet de l'université Paris-Sud est l'un des «contributeurs historiques» de la Revue du MAUSS. Il est directeur du Groupe de recherche en anthropologie, épistémologie de la pauvreté et un des fondateurs de la revue d étude théorique et politique de la décroissance Entropia. II a développé une théorie critique envers l'orthodoxie économique et dénoncé l'économisme, l'utilitarisme dans les sciences sociales et la notion de développement. Il est un des penseurs les plus connus de la décroissance, thème de ses nombreux ouvrages.

      Anselm Jappe a fait ses études à Rome et à Paris où il obtient un doctorat de philosophie. Il enseigne l'esthétique à l'école d'art de Frosinone et de Tours. Ancien membre du groupe Krisis, il a publié de nombreux articles dans divers revues et journaux. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un important essai sur Guy Debord. Il fait partie du courant de la « nouvelle critique de la valeur » fondant une critique contemporaine du néolibéralisme par une relecture de l'oeuvre de Karl Marx

     


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  • Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française

    par Agnès Rousseaux 5 avril 2017

    http://www.informaction.info/image-problematique-sociale-qui-possede-les-medias-francais

    https://www.bastamag.net/Le-pouvoir-d-influence-delirant-des-dix-milliardaires-qui-possedent-la-presse

      Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine... Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

       À qui appartient la presse française ?

       Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.

    Cela pose plusieurs problèmes. La concentration d’abord. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ? L’indépendance, ensuite. Est-il normal que les principaux médias français de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ? Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ? Comment TF1, BFM-TV, Le Monde, Libération peuvent-il produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ? Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêt ! Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

    Qui sont ces 10 milliardaires ?

    Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie...). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

    Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment). Petite précision : ces deux derniers ne sont « que » millionnaires, avec tout de même une fortune évaluée entre 200 et 300 millions d’euros. A ce « Top 10 », on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.
     

    Conflits d’intérêts en pagaille

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  • Petit traité d'écologie sauvage (Alessandro PINOCCHI)

    2018    128 p.    14 €

    Des mésanges punks qui se mêlent de politique, Des hommes politiques plus animistes que des Indiens d'Amazonie, Un anthropologue jivaro qui tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale, Voici quelques habitants de ce monde nouveau où le concept de "nature" a disparu, où les plantes et les animaux sont considérés comme des partenaires sociaux ordinaires et où le pouvoir n'exerce plus aucun attrait. Après la lecture de ce livre, vous ne regarderez plus jamais les mésanges et les hommes politiques de la même façon.

    Petit traité d'écologie sauvage (Alessandro PIGNOCCHI)

    2018   128 p.  30 €

    Ce coffret contient Petit traité d écologie sauvage, La cosmologie du futur et un ex-libris original.

         Ancien chercheur en sciences cognitives et en philosophie, Alessandro Pignocchi s'est lancé dans la bande dessinée avec son blog, Puntish. Son premier roman graphique,

       -Anent ― Nouvelles des Indiens jivaros,

    raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l'anthropologue Philippe Descola. Son Petit traité d'écologie sauvage décrit un monde où l'animisme des Indiens d'Amazonie est devenu la pensée dominante. La Cosmologie du futur poursuit cette réflexion, en se débarrassant de notre encombrant concept de "nature". Dans une vie antérieure, il a publié chez Odile Jacob

      -L'Oeuvre d'art et ses intentions (2012) et

      -Pourquoi aime-t-on un film ? Quand les sciences cognitives discutent des goûts et des couleurs (2015).


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  • 2017    128 p.    14 €

       Et si le premier ministre se prenait de passion pour les rainettes ? Et si écraser un hérisson par mégarde risquait de déclencher la fureur de son esprit protecteur ? Et si le monde et ses dirigeants adoptaient l'animisme des Indiens d'Amazonie ? La culture occidentale traditionnelle, quant à elle, ne subsisterait plus que dans quelques régions françaises, où un anthropologue jivaro viendrait l'étudier et militer pour sa sauvegarde. De ce parti pris, Alessandro Pignocchi fait émerger un monde où les valeurs s'inversent, les lignes se déplacent et où les rainettes reçoivent enfin la considération qu'elles méritent.

       Chercheur en sciences cognitives et philosophie, Alessandro Pignocchi a entamé sa reconversion dans la bande dessinée grâce à son blog Puntish, dont est tiré ce livre. Son premier roman graphique

      -Anent - Nouvelles des Indiens Jivaros (Steinkis),

    raconte ses découvertes et ses déconvenues dans la jungle amazonienne, sur les traces de l'anthropologue Philippe Descola. Dans une vie antérieure, il a publié chez Odile Jacob

       -L'Oeuvre d'art et ses intentions (2012) et

       -Pourquoi aime-t-on un film ? Quand les sciences cognitives discutent des goûts et des couleurs (2015).


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  •  Une folle attitude (Olivier REY)

                                                               2006   336 p.  23,30 € 

       Tout au long du XXe siècle, les enfants, dans leurs poussettes, ont fait face à l'adulte qui les promenait. Jusqu'aux années 70, où un retournement massif est intervenu : brusquement, on s'est mis à orienter les enfants vers l'avant. Pourquoi cette inversion ?

       La question, sous ses apparences anodines, nous entraîne dans une enquête inattendue et passionnante au coeur du monde contemporain. La démocratie et la science, nos références cardinales, ont contribué conjointement au retournement : l'une et l'autre privilégiant un sujet libéré du poids du passé, des entraves traditionnelles, un sujet regardant d'emblée vers l'avant et auto-construit.

       Sommes-nous pour autant devenus des surhommes qui tirent leur être d'eux-mêmes et élaborent de façon autonome leurs valeurs ? Ou bien sommes-nous restés des hommes qui, à récuser toutes les autorités, risquent de s'abandonner aux déterminismes aveugles et aux fantasmes régressifs que, vaille que vaille, les civilisations s'efforçaient d'apprivoiser ?
       Pour Olivier Rey, les récits inventés depuis un demi-siècle par la science-fiction sont moins fantaisistes qu'on ne le pense : ils nous instruisent sur un réel qui, sous des dehors rationnels, est plus que jamais gouverné par l'inconscient. Ses analyses éclairent les orientations actuelles de la biologie qui, s'emparant de la reproduction humaine, a entrepris de matérialiser des théories infantiles, de nous affranchir des chaînes généalogiques et de l'obscurité de l'origine sexuelle. L'examen des doctrines éducatives en usage, promouvant un enfant délivré de la tutelle des adultes, constructeur de ses savoirs et de lui-même, nous permet de mesurer à quel point l'utopie de l'auto-fondation a pénétré notre monde.

     
    Olivier Rey est chercheur au CNRS, enseignant à l'École polytechnique et à l'université Panthéon-Sorbonne. Il a publié au Seuil, en 2003, un essai:

       -Itinéraire de l'égarement,

    analysant les origines de la science moderne et son statut dans la pensée contemporaine.


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