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  • Le monde libre (Aude LANCELIN )

    2017    251 p.   6,70 € en Poche

       Un an avant une élection présidentielle, la "numéro deux" du plus célèbre hebdomadaire de la gauche française est brutalement licenciée. Rapidement, des causes politiques à cette éviction seront évoquées par les médias. Le parti au pouvoir, traître à toutes ses promesses, se verra ainsi soupçonné d'avoir voulu remettre au pas "sa" presse, tandis que les actionnaires du Monde libre, holding à laquelle appartient le journal, seront interpellés au sujet de leur rôle dans l'affaire.
       Partant de ces événements, la journaliste Aude Lancelin livre ici le récit de ses quinze années passées au coeur des médias français, entre décadence d'un métier, opérations de police intellectuelle, et socialisme d'appareil à l'agonie. Une plongée sans précédent dans le "quatrième pouvoir", par quelqu'un qui l'a connu de l'intérieur. Un appel aussi à la résurrection d'une vraie gauche, et à la libération des journalistes. 
     

       Ex-directrice adjointe des rédactions de L'Obs et de Marianne, Aude Lancelin est également coauteure des 

      -Philosophes et l'amour, disponible aux Editions J'ai lu.

      Lauréat du prix Renaudot Essai 2016, cet ouvrage est augmenté d'une postface inédite.


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  • La pensée en otage (Aude LANCELIN)

                                                                2018       110 p.    10 €

       "On peut éteindre peu à peu le caractère authentiquement démocratique d'un système d'information sans toucher aux apparences. C'est la situation que vit la France, où le CAC 40 a massivement racheté les médias, imposant une idéologie de la "neutralité" mortifère, propulsant sur le devant de la scène ses valets intellectuels, dévastant l'esprit public. Toutes sortes de mensonges, de pseudo-évidences et de mythes consolateurs empêchent les gens de prendre conscience de la gravité de ces manoeuvres. Il est urgent de démasquer celles-ci pour que tous s'emparent enfin de la situation."

       Aude Lancelin, spécialiste de la vie des idées, a été directrice adjointe des rédactions de Marianne et de L'Obs avant d'en être brutalement licenciée. Evènement marquant qui inspirera son ouvrage

      -Le monde libre (éditions LLL), prix Renaudot essai 2016.


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  •  (Julia CAGE)

    Fayard    2018     464 p.      23 €

        Une personne, une voix  : la démocratie repose sur une promesse d’égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l’argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias  : depuis des décennies, le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés.
    Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l’état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives –  souvent infructueuses, mais toujours instructives  – de régulation des relations entre argent et politique.
       Aux États-Unis, où toute la régulation de la démocratie a été balayée par idéologie, le personnel politique ne répond plus qu’aux préférences des plus favorisés. En France, l’État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser la plus grande partie de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot.
       Ces dérives ne viennent pas d’un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d’implication. La question du financement de la démocratie n’a jamais véritablement été posée  ; celle de la représentation des classes populaires doit l’être sur un mode plus radical. Pour sortir de l’impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.
     
       Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure et de l’Université Harvard, Julia Cagé est professeure d’économie à Sciences Po Paris. Elle a publié
       -Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie (Le Seuil, 2015).
     

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  •  Hypercapitalisme... (Larry GONICK, Tim KASSER)

                                                                       Seuil – Delcourt, 2018, 240 p., 23,95 €

    La bande dessinée s’est emparée des questions économiques et c’est tant mieux ! Elle contribue à rendre lisible et même passionnante une matière austère, comme le démontre ce nouvel album très réussi. On y plonge dans les ressorts de ce que les auteurs ont baptisé d’hypercapitalisme, ce qui correspond à leurs yeux au capitalisme contemporain mais que l’on assimilerait plutôt en Europe au capitalisme libéral le plus débridé. Ils nous décrivent ses mécanismes mais aussi les valeurs sociales qu’il porte et qui s’insinuent dans la vie quotidienne. Une approche critique et pédagogique.

    Avant de se préoccuper de sa version hyper, les auteurs posent les bases de l’innovation économique et sociale qu’a représentée le capitalisme. On rencontre ainsi l’entrepreneur, le salarié, le consommateur et l’Etat, acteur utile et nécessaire au développement du libéralisme. On entre ensuite dans la dynamique de la gouvernance d’entreprise, du petit entrepreneur à la multinationale obéissant aux règles de maximisation de la valeur actionnariale. Sans oublier un premier constat : le capitalisme porte de valeurs matérialistes qui dominent celles de solidarité ou de société.

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  •  Des machines, des plateformes et des foules (E. BRYNJOlFSSON, A. McAFEE )

    Odile Jacob, 2018, 378 p., 27,90 €

    La révolution numérique n’en est qu’à ses débuts. Si elle a déjà des conséquences sur le fonctionnement des économies, ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend. Telle est la thèse développée par deux experts du MIT, connus pour leur fascination pour la technologie mais qui nous livrent néanmoins un livre passionnant.

    Débarrassons-nous d’emblée de la deuxième partie du livre, celle consacrée aux plates-formes, le sujet est archi-rebattu et on apprend peu. Le début de l’ouvrage consacré aux machines de plus en plus intelligentes est passionnant. Grâce à l’exploitation des données, les machines arrivent à des jugements plus pertinents que les humains car elles évitent les biais cognitifs et les erreurs d’intuition. Pour autant, les humains conservent des avantages : une ouverture aux informations nouvelles et du bon sens, ce qui manque aux machines. Plutôt que d’implanter des capacités numériques dans les humains, l’avenir consistera sûrement à mettre du jugement humain dans les algorithmes qui gèrent déjà seuls des flottes de camions, la traite des vaches ou la pulvérisation des cultures ou bien s’insinuent dans le domaine de la création artistique (musique, peinture…).

    La partie de l’ouvrage la plus fascinante est la dernière, consacrée à l’intelligence des foules que le numérique permet de mobiliser. On en a un exemple avec Linux, le système d’exploitation Linux. Mais aussi avec le séquençage du génome des globules blancs : un appel général a rapporté des solutions plus rapides et moins chères que ce que préconisaient les spécialistes du sujet. Les deux auteurs donnent les conditions pour que la foule soit utilisée à bon escient : une ouverture la plus large possible en termes d’expérience des participants, l’acceptation de non spécialistes, un bon protocole de vérifiabilité des apports, la proposition de résultats clairs et un mélange d’auto organisation et de hiérarchie.

    Quelles sont les compétences nécessaires pour naviguer dans ce monde numérique ? Être un geek ou bien, et surtout, disposer de compétences en relations humaines. Car l’économie numérique réclame beaucoup de coordination de personnes différentes, car le contact humain est toujours nécessaire, car les humains aiment travailler ensemble.

    Le futur n’est pas écrit. Le numérique peut concentrer les richesses ou distribuer la prospérité, favoriser le secret ou l’ouverture. A nous de le bâtir.

    Andrew McAfee dirige la recherche scientifique du Center for Digital Business du MIT.


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  • Les chiens de garde (Serge HALIMI )

                                                            2005    155 p.   8 €  en Poche 
    Nouvelle édition actualisée et augmentée  Serge Halimi

      Quel point commun y a-t-il, selon Serge Halimi, entre Michel Field, Claire Chazal, Alain Duhamel, Jean-Marie Cavada et PPDA ? La même révérence devant leur patron, les grands groupes tels Bouygues, Havas ou Matra-Hachette, la même révérence devant l'argent et le pouvoir politico-industriel, les mêmes pratiques. Maintenir à distance certains sujets pour mieux en matraquer d'autres, désinformer, moins par volonté de manipuler que par paresse et par reddition devant l'idéologie néolibérale dominante, c'est le credo des nouveaux chiens de garde. La collusion entre les intérêts des propriétaires de la presse française et le trust des trente journalistes qui en tiennent les rênes à coup de présence incessante, d'info-marchandise, de renvois d'ascenseurs et flagorneries de courtisans, sape l'indépendance des journalistes, fragilisés par la crainte du chômage.

    "Des médias de plus en plus présents, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre", une sentence qui résume bien l'esprit de l'auteur qui, avec les résistants contre la pensée unique, hier Paul Nizan, aujourd'hui Chomsky, signe un plaidoyer lapidaire pour la dissidence intellectuelle. --Anne Barrat 

    Les médias français se proclament " contre-pouvoir". Mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un journalisme de révérence, par des groupes industriels et financiers, par une pensée de marché, par des réseaux de connivence. Alors, dans un périmètre idéologique minuscule, se multiplient les informations oubliées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices, les services réciproques. Un petit groupe de journalistes omniprésents - et dont le pouvoir est conforté par la loi du silence - impose sa définition de l'information-marchandise à une profession de plus en plus fragilisée par la crainte du chômage. Ces appariteurs de l'ordre sont les nouveaux chiens de garde de notre système économique.
      
       Il existe un film tiré de ce livre: Les nouveaux chiens de garde. A voir absolument si vous en avez l'occasion.
    Pourquoi ne pas le faire venir dans le cadre d'un ciné-club.....
     

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  • L'opinion ça se travaille (Paul NIZAN)

                                                             2014       272 p.    10 €  

        " Traitement exemplaire " et " On a tiré toutes les leçons de nos erreurs passées " constituent les formules sous lesquelles les médias travestissent leur travail en temps de guerre. D'un conflit à l'autre, le parallélisme des expressions laisse en effet songeur : " On a tiré toutes les leçons de la guerre du Golfe, où on n'avait pas assez conceptualisé l'image ", estima ainsi Etienne Mougeotte. Le vice-président de TF1 oubliait seulement que ces " leçons " avaient déjà été tirées au moment de la guerre du Kosovo... puis de celle d'Afghanistan.
      Exemples à l'appui, ce livre rappelle comment les médias ont broyé l'information du public tout au long des quinze dernières années - et continuent de le faire.
      Ce qu'il décrit, loin de constituer une collection d'exceptions, est devenu la règle ; pas un dérapage, la norme.
     

     

    Serge Halimi et Dominique Vidal sont journalistes au Monde diplomatique; Henri Maler co-anime l'association Acrimed (Action-Critique-Médias).


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  • 2012     182 p.    8 € en Poche 

    Les Chiens de garde est un essai de Paul Nizan paru en 1932.

      L'actualité des Chiens de garde, nous aurions préféré ne pas en éprouver la robuste fraîcheur.

      Nous aurions aimé qu'un même côté de la barricade cessât de réunir penseurs de métier et bâtisseurs de ruines.   Nous aurions voulu que la dissidence fût devenue à ce point contagieuse que l'invocation de Nizan au sursaut et à la résistance en parût presque inutile. Car nous continuons à vouloir un autre monde. L'entreprise nous dépasse ? Notre insuffisance épuise notre persévérance ?
      Souvenons-nous alors de ce passage par lequel Sartre a résumé l'appel aux armes de son vieux camarade : "Il peut dire aux uns : vous mourez de modestie, osez désirer, soyez insatiables, ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut.

      Et aux autres : dirigez votre rage sur ceux qui l'ont provoquée, n'essayez pas d'échapper à votre mal, cherchez ses causes et cassez-les." Serge Hamili Extrait de la préface.

      Il s'agit d'un essai pamphlétaire dirigé contre quelques-uns des philosophes français les plus connus de l'époque – notamment Bergson, Émile Boutroux, Brunschvicg, Lalande, Marcel, Maritain. Pour Paul Nizan, lui-même alors jeune philosophe communiste, ces penseurs incarnent une « philosophie idéaliste », en ce sens que tous ne font qu'énoncer des vérités sur l'homme en général, et de ce fait ne tiennent aucunement compte du réel quotidien auquel chaque homme en particulier se trouve confronté : la misère matérielle, la maladie, le chômage, les guerres, etc. Pour l'auteur, qui fonde son argument en s'appuyant sur la notion marxiste de lutte des classes, ces philosophes n'ont d'autre but, au fond, que de justifier et de perpétuer les valeurs morales et socio-économiques de la classe bourgeoise. Selon lui, leur idéalisme leur interdit toute analyse de l'exploitation de la classe prolétarienne par la bourgeoisie.

    Le livre se clôt par un appel aux jeunes générations de philosophes à lutter contre la bourgeoisie et ses « chiens de garde » que sont, pour Paul Nizan, les penseurs en question, et à mettre la réflexion philosophique au service du prolétariat.    Paul-Yves Nizan (né le 7 février 1905 à Tours et mort le 23 mai 1940 à Recques-sur-Hem dans le Pas-de-Calais) est un romancier, philosophe, et journaliste français

     


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  • 2014     160 p.     19 €

      " Le blé germe parce qu'il obéit à sa nature de blé, parce qu'il contient en puissance tous les blés à venir. La première poignée de grains jetée de main d'homme dessine une collaboration, elle n'assure pas la maîtrise. Que le blé se retire du monde, que reste-t-il du pain ? "
      Ce livre écrit à deux voix est une promenade, une invite à poser un pied à terre. Il tente un portrait sensible de l'agriculture, parée de reflets, ceux d'un art singulier qui lie la nature, quatre éléments dans leur permanence. Il dit ses miracles et ses désespoirs, ses cycles, son langage, sa rupture, sa profonde unité. Dans son premier éveil, l'homme s'est trouvé agriculteur ; dans sa fécondité, il reste suspendu au ressac de ce métier de naissance, à ses respirations et à ses blessures. Il est une part de la terre.  

       Louise Browaeys a poursuivi des études d'agronomie à l'Institut national agronomique Paris-Grignon (devenu AgroParisTech) au cours desquelles elle s'est intéressée à l'agriculture biologique, aux cultures associées, à la toxicologie. Spécialisée en nutrition humaine, elle a travaillé chez Danone, puis à l'Interprofession des fruits et légumes. Aujourd'hui journaliste indépendante, elle contribue à différentes parutions dans les domaines de l'agriculture, du paysage et de l'alimentation. Sa pratique quotidienne du jardin potager lui est vitale.

       Henri de Pazzis est le fondateur de ProNatura, premier réseau de maraîchers et arboriculteurs bio, aujourd'hui un des acteurs majeurs en Europe de la distribution de fruits et légumes biologiques. Son métier s'est nourri de la longue fréquentation du milieu paysan, des réalités agronomiques et climatiques variées. Partout il a vu la passion des hommes pour la terre et les dégâts des monocultures industrielles. Membre de diverses organisations professionnelles, il a participé aux discussions et aux évolutions de la réglementation européenne des produits biologiques.


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  • Samir Amin 21/08/2018

    https://www.alternatives-economiques.fr//mondialisation-linegal-echange

      Samir Amin est décédé le 12 août dernier à l’âge de 87 ans. Economiste franco-égyptien, il était l’un des premiers et principaux théoriciens des échanges mondiaux et des inégalités dont est porteur leur développement. Inlassable défenseur du tiers-monde puis militant de l’altermondialisme, il avait contribué au récent dossier d’Alternatives Economiques sur l’actualité de la pensée de Karl Marx. C’est ce texte que nous publions ci-dessous.

      Le lecteur intéressé pourra également consulter l’hommage à Samir Amin que Jean-Marie Harribey a publié sur son blog. (https://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey)

    Le système capitaliste cherche sans cesse à élargir ses possibilités d’accumulation. Dans le Manifeste du Parti communiste, Karl Marx et Friedrich Engels donnent toute son importance à la conquête du monde par le capitalisme. « Par l’exploitation du marché mondial, la bourgeoisie a donné une tournure cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. [...] Les antiques industries nationales ont été anéanties et continuent à l’être chaque jour. Elles sont évincées par des industries nouvelles, dont l’introduction devient une question de vie ou de mort pour toutes les nations civilisées, des industries qui ne transforment plus des matières premières du pays, mais des matières premières en provenance des zones les plus reculées. [...] La bourgeoisie oblige toutes les nations à faire leur, si elles ne veulent pas disparaître, le mode de production de la bourgeoisie. [...] La bourgeoisie supprime de plus en plus l’éparpillement des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété en un petit nombre de mains1. » 

     THEORIE La mondialisation ou l’inégal échange A lire L'Economie Politique n°079 - 07/2018

       Le centre et la périphérie

      Ce déploiement comporte des aspects historiquement positifs. Néanmoins, dans d’autres écrits, les deux penseurs insistent sur l’horreur de ces premiers stades de l’accumulation : la dépossession violente des paysans, la destruction des sociétés conquises (Irlande, Amériques), la traite négrière. Surtout, Marx et Engels ont eu l’intuition d’un développement inégal des échanges internationaux. L’expansion mondialisée du capitalisme a toujours été polarisante, à chacune des étapes de son déploiement, au sens où elle construit une opposition entre des centres dominants et des périphéries dominées.

      Marx et Engels insistent sur l’horreur des premiers stades de l’accumulation : la dépossession violente des paysans, la destruction des sociétés conquises

      La pensée mainstream se doit d’ignorer cette réalité : elle promet aux peuples des périphéries un "rattrapage" dans et par les moyens du capitalisme. Selon cette pensée, l’impérialisme n’aura été qu’une parenthèse dans l’histoire, assurant la mondialisation réelle et homogénéisante du modèle capitaliste avancé. Les pays émergents témoigneraient de la possibilité de cette dynamique de développement.

    La réalité du capitalisme mondialisé est tout autre. Comprendre la polarisation qu’il impose nécessite la prise en considération des luttes sociales internes aux pays et leur articulation aux conflits majeurs entre nations (centres impérialistes-périphéries en lutte pour leur libération), comme celle des conflits entre les puissances centrales dominantes. Marx s’était proposé de traiter cette question dans deux livres du Capital qui n’ont pas été écrits.

    Une main-d’oeuvre bon marché

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  •                                                            2018       91 p.     9,90 €

       "De plus en plus rares sont les critiques virulents du capitalisme et du libéralisme contemporains. Leur voix n'est pas éteinte, mais elle est muselée, sinon discréditée, au moins contestée par la suprématie que ce double modèle idéologique et économique exerce désormais, sous des formes certes disparates, sur la quasi-totalité du globe... et dans la quasi-totalité des consciences.
       Jean Ziegler est de ces opiniâtres résistants au capitalisme. Sa confrontation intellectuelle et physique, scientifique et émotionnelle, à la véracité de l'extrême pauvreté, au cynisme des mécanismes diplomatiques, aux obscurantismes multiformes, à l'étranglement des droits humains élémentaires, au dépérissement des utopies, lui confère d'être un observateur unique de l'état humain du monde." Denis Lafay 
     

       Jean Ziegler est professeur honoraire de sociologie de l'université de Genève. De 2000 à 2008, il a été Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Il est aujourd'hui vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.


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  • Notre mal vient de plus loin (Alain BADIOU)

                                                                  2016      72 p.     5 €

       Dans ce court essai, Alain Badiou revient sur les tueries perpétrées le 13 novembre à Paris et propose d’élucider ce qui est arrivé.
      Qui sont les agents de ce crime de masse ? Et comment qualifier leur action ?
    Où en est notre monde, du point de vue de ce qui a été ainsi mis en place insidieusement, puis avec acharnement depuis un peu plus de trente ans ?
       Ce dont nous souffrons, c’est de l’absence à échelle mondiale d’une politique disjointe du capitalisme hégémonique. Tant qu’une proposition stratégique autre ne sera pas faite, le monde restera dans une désorientation essentielle. C’est un travail pour tous que d’essayer de faire que l’histoire de l’humanité change de direction et s’arrache au malheur opaque où en ce moment elle s’enfonce.
     

       Alain Badiou, philosophe, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure, est également dramaturge et romancier. Il a récemment publié, chez Lignes,

        -De quoi Sarkozy est-il le nom? et 

        -L'Hypothèse communiste, et chez Fayard,

        -Le Concept de modèle (rééd.) et

        -Second manifeste pour la philosophie© Photo : DR

               

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  • La silicolonisation du monde (Eric SADIN)

                                                                   2016   256 p.  17 €

       Berceau des technologies numériques (Google, Apple, Facebook, Uber, Netflix, etc.), la Silicon Valley incarne l'insolente réussite industrielle de notre époque. Cette terre des chercheurs d'or, devenue après-guerre le coeur du développement de l'appareil militaire et de l'informatique, est aujourd'hui le lieu d'une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l'humanité.
       Mais la Silicon Valley ne renvoie plus seulement à un territoire, c'est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde.   Une colonisation d'un nouveau genre, portée par de nombreux missionnaires (industriels, universités, think tanks...), et par une classe politique qui encourage l'édification de valleys sur les cinq continents, sous la forme d'écosystèmes numériques et d'incubateurs de start-up.
      Après avoir retracé un historique de la Silicon Valley, ce livre, à la langue précise et élégante, montre comment un capitalisme d'un nouveau type est en train de s instituer, un technolibéralisme qui, via les objets connectés et l'intelligence artificielle, entend tirer profit du moindre de nos gestes, inaugurant l'ère d'une « industrie de la vie ».
      Au-delà d'un modèle économique, c'est un modèle civilisationnel qui s'instaure, fondé sur l'organisation algorithmique de la société, entraînant le dessaisissement de notre pouvoir de décision. C'est pour cela qu'il est urgent d'opposer à ce mouvement prétendument inexorable d autres modalités d existence, pleinement soucieuses du respect de l'intégrité et de la dignité humaines.

       Écrivain et philosophe, Éric Sadin est l'un des penseurs majeurs du numérique et de son impact sur nos vies et nos sociétés. Son dernier essai

      -La Vie algorithmique. Critique de la raison numérique (L échappée, 2015)

      a rencontré un accueil enthousiaste de la part de la critique et du public.


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  • Thomas Coutrot : « L’organisation capitaliste du travail privilégie le pouvoir au profit".

    Thomas Coutrot Statisticien et économiste du travail. Il a été co-fondateur des Economistes atterrés et porte-parole d'Attac.

    Inutile de s’acharner à ressusciter un compromis fordiste mort et enterré depuis longtemps, estime l’économiste et statisticien Thomas Coutrot, cofondateur des Economistes atterrés. Face aux dégâts des réformes néolibérales du travail sur la santé, l’environnement et la démocratie, la gauche et les syndicats doivent enfourcher le cheval de la qualité du travail. Repenser le travail et le libérer est possible, comme le montrent de nombreuses expériences et nouvelles pratiques sociales. Il vient de publier aux éditions du Seuil Libérer le travail. Pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer.

    Qu’elle est votre analyse du lien entre le mode d’organisation du travail dans nos sociétés et les effets sur les individus – que ce soit sur leur santé ou leur comportement dans la sphère publique ?

    Exproprier le savoir-faire des travailleurs pour asseoir la domination du capital, c’est l’histoire sans cesse répétée de l’organisation du travail depuis les débuts du capitalisme. Même si le taylorisme, c’est-à-dire la séparation entre le travail de conception « scientifique » et le travail d’exécution « en miettes », n’a été théorisé par Taylor qu’au début du XXe siècle. La révolution industrielle, déjà, s’est fondée sur l’expropriation du savoir des artisans et des ouvriers. Elle a eu tendance à se radicaliser dans la période récente, avec les technologies numériques, la standardisation accrue du travail et le contrôle permanent de l’activité.

    Dans l’organisation néolibérale du travail, les technologies ont permis une radicalisation du diptyque « commandement-contrôle »

    Auparavant, les travailleurs avaient souvent des marges de manœuvre clandestines pour décider ensemble comment faire le travail en échappant au regard des petits chefs. Dans ce que j’appelle l’organisation néolibérale du travail, les technologies ont permis une radicalisation du diptyque « commandement-contrôle » : on programme le travail en détail et on le contrôle en détail, dans ses procédures et dans ses résultats.

                                      A lire Alternatives Economiques n°380 - 06/2018

    A quand remonte cette radicalisation ? 

    Elle remonte aux années 1990, et elle s’est faite sous couvert d’introductions des méthodes japonaises, toyotistes. Au Japon, celles-ci laissaient pas mal de place à l’autonomie et à l’initiative des travailleurs et des équipes –  et c’est toujours le cas aujourd’hui  –, mais leur mise en œuvre en Europe et aux Etats-Unis a été bien plus rigide. Ces systèmes de travail sont maintenant homogènes dans la plupart des pays. Ce sont les Big 3 (les trois grandes multinationales du conseil en organisation) qui vendent ces solutions d’organisation clé en main à toutes les grandes entreprises partout sur la planète.

    La perte d’autonomie, de sens au travail, l’intensité émotionnelle au travail produisent une souffrance, une incapacité à bien travailler

    Aujourd’hui, les outils numériques donnent à la conception tayloriste de l’organisation un pouvoir plus important de pénétration dans le travail réel, en rendant possibles des choses qui ne l’étaient pas auparavant, à la fois en matière de standardisation et de contrôle. Il s’agit vraiment d’une tendance lourde, internationale, pas spécifique à la France : le débat sur l’intensification du travail, sur les risques psychosociaux est international, y compris dans les pays scandinaves. Ils sont dans une situation bien meilleure que la nôtre, mais leurs conditions de travail se dégradent aussi. A la racine, il y a bien sûr la financiarisation de l’économie, qui accentue la concurrence sur les marchés financiers, renforce la pression et intensifie le travail.

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  • Wifi gratuit, géolocalisation, mouchard... Vous pensez que votre téléphone vous espionne ? C'est pire que ça.

    https://www.francetvinfo.fr/internet/securite-sur-internet/cyberattaques/wifi-gratuit-geolocalisation-et-mouchard-vous-pensez-que-votre-telephone-vous-espionne-c-est-pire-que-ca_2698752.html#xtor=EPR-51-[wifi-gratuit-geolocalisation-mouchard-vous-pensez-que-votre-telephone-vous-espionne-c-est-pire-que-ca_

    Après les révélations sur les données conservées par Facebook et Google, nous avons demandé à des spécialistes des cyberattaques d'ausculter notre smartphone.

      Si, comme moi, votre smartphone est vissé à votre main toute la journée, puis glissé dans votre poche, avant de terminer sur votre table de nuit, vous vous êtes forcément posé la question : divulgue-t-il des informations à mon insu ? Si oui, lesquelles ? Et ne serait-il pas un faux-ami, capable de surveiller le moindre de mes faits et gestes et de les diffuser ? Mais à qui ? Après les révélations sur les données collectées et conservées par Facebook et Google, j'ai voulu espionner cet espion présumé.

    >VIDEO. Trois règles d’or pour éviter d’être espionné par son portable

    https://www.francetvinfo.fr/internet/securite-sur-internet/cyberattaques/video-trois-regles-dor-pour-eviter-detre-espionne-par-son-portable_2704086.html

    Pour découvrir ce qui filtre, je me suis tourné vers des spécialistes des cyberattaques, des personnes rompues au piratage et capable d'analyser les données qui pourraient éventuellement filtrer. Rendez-vous est pris, pour moi et mon téléphone, au 26e étage de la tour Franklin à la Défense avec Gérôme Billois, expert au sein du cabinet Wavestone, et Vincent Nguyen, responsable CERT (computer emergency response team), un informaticien chargé d'intervenir en urgence lors d'attaques informatiques et capable de retrouver la trace des assaillants. D'entrée, ils m'expliquent que ce que les utilisateurs ont découvert avec les scandales autour de Facebook et de Google – et que je vais découvrir en testant mes propres applications – n'a rien de surprenant. "Le grand public ouvre simplement les yeux sur les données qu'il communique au quotidien."

    En se penchant avec eux sur ce que mon iPhone SE transmet, tous les jours, lorsqu'il est allumé, je ne vais pas être déçu.

    Des applications qui ne cessent de transmettre des données

    L'expérience commence à l'aide d'un logiciel qui scrute les données que mon téléphone communique. Pour ce faire, Vincent Nguyen le connecte à un logiciel spécialisé qui va détecter toutes les "requêtes" lancées depuis mon mobile. Comprenez des informations envoyées à différents sites. Et là, c'est la stupeur pour l'utilisateur naïf que je suis.

    Je commence par l'application Vélizy 2, du nom de ce grand centre commercial de région parisienne où je me rends régulièrement, que j'ai téléchargée en amont pour l'expérience. Une succession d'adresses complexes s'affichent immédiatement sur l'écran des deux experts.

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  •     La dégradation de nos sols, due aux activités humaines, nuit aujourd'hui à notre bien-être. Elle entraîne l'extinction d'espèces et accentue le changement climatique. Elle contribue également aux déplacements de populations et à la multiplication des conflits. Ce sont les résultats alarmants d'une étude rendue publique hier.

      Pollution, déforestation ou encore pratiques agricoles non durablesappauvrissent nos sols. C'est la conclusion alarmante d'un rapport publié ce lundi. Le résultat de la toute première étude en ce genre menée à l'échelle mondiale par une centaine de chercheurs de 45 pays.

    « La dégradation des sols n'est pas un problème isolé : elle affecte de multiples régions et de nombreux habitants du monde. Elle altère la production de nourriture et la qualité de l’eau. Lorsque la terre se dégrade, souvent les gens migrent, car il n'y a plus de terres cultivables et donc une perte des moyens de subsistance », a déclaré à l'AFP le scientifique Robert Watson.

     
    Selon les spécialistes, plus de 75 % de la surface de notre Terre subit aujourd’hui — et cela pourrait atteindre plus de 90 % d’ici 2050 — de manière substantielle, les conséquences des activités humaines. © Popsuievych, Shutterstock

    À l’origine de cette dégradation, l’humanité en subira les conséquences

    La dégradation part de la « transformation de toute végétation originelle. Cela peut être la reconversion d'une forêt en terre agricole ou d'une mangrove en élevage de crevettes », a expliqué Robert Watson. Et une gestion déraisonnable des terres provoque une dégradation des sols en causant pollution, érosion, épuisement des sols, qui perdent en nutriments et en productivité. Or, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, 95 % de notre nourriture provient directement ou indirectement de la terre.

      Il y a donc urgence à agir. Le rapport propose d'ailleurs quelques pistes, comme la mise en œuvre de pratique de gestion du bétail dans les zones de pâturage, la restauration des zones humides par drainage, la plantation d'espècesindigènes ou la remédiation des sols contaminés.

    Il faut sauver les sols

    La dégradation des sols serait « la crise silencieuse du monde » selon l'un des experts internationaux réunis en Islande. Elle participe largement au dégagement de gaz à effet de serre et compliquera la tâche pour nourrir les neuf milliards d'humains qui habiteront la Terre en 2050.

    Article de Jean-Luc Goudet, paru le 05/09/2007

    « D'ici à 50 ans, il faudra produire autant de nourriture que durant les 10.000 dernières années. » Dans leur message préliminaire, les organisateurs du Forum International, qui réunit 150 experts mondiaux du 31 août au 4 septembre à Selfoss, en Islande, annoncent la couleur. Imaginé pour le centenaire du Soil Conservation Service, créé en 1907, ce forum abordera cette question cruciale.

    La dégradation des sols et la désertification, que l'on observe partout dans le monde, constitueront bientôt un problème ardu à résoudre mais qui reste aujourd'hui à peu près ignoré. Andres Arnalds, directeur adjoint du Soil Conservation Service, parle d'une « crise silencieuse ». « Les informations sur la santé des sols dans le monde ne sont pas exactes, affirme-t-il, mais nous savons que les sols et la végétation sont dégradés à un niveau alarmant dans de nombreux pays. Certains estiment que chaque année une surface végétale de la taille de l'Islande disparaît. »

    Cette atteinte aux surfaces cultivables survient alors qu'il faut préparer l'augmentation de production agricole indispensable à court terme pour nourrir les trois milliards d'hommes supplémentaires attendus d'ici une cinquantaine d'années. « La dégradation des sols a un effet dévastateur sur la production de nourriture » insiste Olafur Ragnar Grimsson, responsable du Forum.

     
    En rouge sur cette carte, les zones arides sur notre planète. © USDA, Wikipedia, Domaine public

    De la protection de la terre à celle de la Terre

    Mais d'autres conséquences se font déjà sentir, sur les ressources en eau et sur le climat. « Le sol et le couvert végétal retiennent l'eau et la relâchent progressivement, explique Zafar Adeel, Directeur du Département en charge de l'eau, de l'environnement et de la santé à l'Université Internationale de l'ONU. Là où la végétation se réduit, la résistance des écosystèmes aux autres agressions diminue aussi. » L'effet sur le climat est également connu. La dégradation des sols et la désertification contribuerait pour environ 30 % à l'augmentation de gaz à effet de serre, en réduisant la captation par la végétation.

    Au mois de juin dernier, un rapport de l'ONU, rédigé par 200 experts internationaux sous la direction de Hans van Ginkel, recteur de l'Université des Nations Unies, sonnait déjà l'alarme. Malheureusement passée relativement inaperçue, cette synthèse indiquait que deux milliards d'êtres humains, soit un sur trois, souffraient déjà d'au moins une des conséquences de la dégradation des sols. Zafar Adeel, qui fut un des auteurs de ce rapport, affirmait à l'époque que « les pouvoirs politiques et les décideurs publics ne mesurent pas la gravitéde la situation ».

    Pourtant, les solutions existent. Le rapport de l'ONU en faisait la liste, depuis un frein à la déforestation jusqu'à l'aide aux pays et aux populations en zones désertiques. La protection des sols aurait un impact très efficace sur le bien-être d'un grand nombre de personnes, sur la production agricole et sur la lutte contre l'effet de serre.

    Pour faire entendre ce message, les experts veulent profiter de leur réunion en Islande et, notamment, réclamer la mise en place d'une année internationale de la protection des sols.


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  • Cette crise qui n'en finit pas, par ici la sortie (ATTAC)

    2017    252 p.    12 €

       Dans ce nouvel opus décapant, Attac dresse un constat alarmant de cette gigantesque crise mondiale actuelle, qu'elle soit d'ordre économique, social ou écologique. Ciblant avec précision ses causes et ses conséquences, dénonçant implacablement les faux remèdes mis en place pour la contrecarrer et proposant un changement de cap radical pour une transition écologique et sociale, cet ouvrage invite vivement à prendre parti, et à s'engager pour éviter le pire.

       Attac est une association qui milite pour plus de justice sociale et environnementale, et conteste radicalement le pouvoir pris par la finance sur les peuples et la nature.


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  •  Au nom du réalisme (St. BIKIALO, J. RAULT )

    2018     112 p.     6 €

       Autrefois, élément emblématique de la distinction entre pensée de droite et pensée de gauche, entre discours de gouvernement et discours d'opposition, le réalisme apparaît aujourd'hui comme un mot-repère qui illustre parfaitement la dilution des clivages traditionnels. Omniprésent depuis quelques décennies y compris dans les discours dits de gauche, il est devenu une injonction contemporaine particulièrement vivace.
      Le chantage au réalisme est ce qui a fait dériver le parti socialiste d'une pensée de gauche vers une pensée de droite.
      Réalisme est un mot de pouvoir, au sens où il est une arme de déconsidération massive : le brandir, c'est abolir et anéantir aussitôt toute alternative, tout discours d'opposition ; l'invoquer, c'est renvoyer immédiatement l'autre à ses idéaux, à son utopisme, à son romantisme.
      Le réalisme n'admet pas la réplique. Il impose et s'impose en ce qu'il fait passer la réalité du moment pour le réel. C'est une injonction à ne pas imaginer, concevoir, revendiquer la possibilité d'autres mondes. C'est une assignation à se soumettre, à dire oui au monde tel qu'il est. Ou tel qu'il va.
      Dans les discours prononcés "au nom du réalisme" apparait une constellation sémantique où brillent l'efficacité, le pragmatisme, la lucidité, qui permet de construire une posture de supériorité, très didactique.
      Se présentant toujours comme un impératif, le réalisme implique un "ça va de soi", on constate en revanche que le mot, acte de nomination complexe, au sein d'énumérations disparates ou d'énoncés qui tendent à redéfinir ou à le paraphraser.
      Autant de précautions oratoires et de réticences qui traduisent la complexité de ce mot puissant, performatif mais paradoxal, absolument plurivoque. Un mot-caméléon, dont la vacuité et la transparence accentuent le caractère d'évidence et que le discours politique pourra à loisir investir selon ses vues.
       Mais de quoi réalisme est il le nom exactement ? En analysant un large éventail de discours officiels sur une période de près de quarante ans, de Georges Pompidou à Manuel Valls, de Michel Rocard à Emmanuel Macron, cet ouvrage propose de mieux comprendre le pouvoir d'un mot d'ordre, un  mot de et du pouvoir.

       Stéphane Bikialo, Professeur de linguistique et de stylistique à l'Université de Poitiers. Auteur de

      -Le Réel en vitrine. Les mots et les choses à l'ère du conditionnement (à paraître).

      Julien Rault, Maître de conférence en langue et en littérature française. Auteur de

       -Poétique du point de suspension. Essai sur le signe du talent, Cécile Défaut, 2015.

     Ouvrages de St.Bikialo: 

    Lectures digitales (dir. avec A. Guilet et M. Rass), Publie.net, en ligne sur http://www.publie.net/livre/lectures-digitales/ (gratuit), 2015.

    Imaginaires de la ponctuation dans le discours littéraire (fin XIXème – début XXIème) (avec J. Rault), Littératures n° 72, PU Mirail, 2015.

    Dire le travail. Fiction et témoignage depuis 1980 (avec J.-P. Engelibert), La Licorne n° 103, PU Rennes, décembre 2012.

    Dans l’atelier du style. Du manuscrit à l’œuvre publiée (avec S. Pétillon), La Licorne n° 98, PU Rennes, juin 2012.

    En attendant Godot, Oh les beaux jours de Beckett (avec J.-C. Larrat, C. Jacques et C. Rannoux), Atlande, 2009.

    Un balcon en forêt de Julien Gracq (avec M.-A. Gervais Zanninger), Atlande, 2007.

    L’Âge d’homme de Michel Leiris (avec A. Pibarot), Atlande, 2004.

    Les Images chez Claude Simon : des mots pour le voir (dirigé avec C. Rannoux), La Licorne n° 71, P.U. Rennes, décembre 2004.

    Thèse de doctorat, Plusieurs mots pour une chose. De la nomination multiple au style de Claude Simon, Université de Poitiers, 2003. A paraître sous le titre La Nomination multiple dans le discours littéraire, 2017.

    L’Enigme (dirigé avec J. Dürrenmatt), La Licorne n° 64, UFR Langues Littératures Poitiers / MSHS, mars 2003.

    Dialogues contemporains I : P. Bergounioux, R. Detambel, L. Mauvignier (dirigé avec J. Dürrenmatt), La Licorne, UFR Langues Littératures Poitiers / MSHS, septembre 2002.

    Lydie Salvayre (dir. S. Bikialo), Garnier, 2016.

    L’imaginaire de la ponctuation (dir. S. Bikialo et J. Rault), LINX, revue de l’Université de Paris-Ouest Nanterre.

    Le Réel en vitrine. Les mots et les choses à l’ère du conditionnement (soumis à éditeurs)

    Babel, une mythologie de l’art (dir. S. Bikialo), éditions Atlande.

    Le « discours néolibéral ». Petit inventaire terminologique (dir. avec V. Rauline), La Licorne n° 128, PUR, septembre 2017.

    La Préface allographe depuis la fin du XIXème siècle (dir. avec A. Tubman-Mary), La Licorne n° 132, Presses Universitaires de Rennes, février 2018.


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  • Chronique d'un éleveur au XXIeme siècle (Xavier NOULHIANNE)

    2016     200 p.     12 €

       Qu'est-ce qu'une vie d'éleveur ?

      De la formation agricole à la certification bio des produits, de la traçabilité du troupeau à la sélection des animaux, Xavier Noulhianne nous raconte sa vie d'éleveur de chèvres et de brebis.

      Il remonte le fil de l'histoire pour comprendre la mise au pas des paysans et la mise en ordre des champs.   Aujourd'hui, c'est l'État qui nourrit, non plus les paysans.

       Bien plus qu'une simple promenade dans le monde rural, ce livre propose une critique de la société à partir de l'analyse de son organisation agricole.

       Naviguant entre récit de vie, théorie et histoire, il dessine les contours d'une critique sociale dont la portée dépasse celle du monde agricole.

        En 50 ans, les campagnes ont perdu 90% des agriculteurs. Cette élimination a été savamment orchestrée par une administration agricole omnipotente. L’agriculture du XXI siècle est dictée par les empires agro-alimentaires (prix, traçabilité, profilaxie, investissements technologiques....). Pour celles et ceux qui persistent à se faire agriculteurs malgré tout, une froide réalité s’impose à tous : nos vies sont administrées par tous les pores. La gestion par les normes nous fait perde le sens de ce que nous faisons, et le savoir acquis par les transmissions entre paysans.

        Proposition de discussion entre agriculteurs, sur nos façons de vivre et de lutter contre la logique industrielle. Avec la présence de Yannick Ogor et Xavier Noulhianne (Xavier met une réserve pour cause possible de foin), auteurs, chacun, d’un livre sur le monde agricole. Ils sont installés tous les 2, respectivement en maraîchage et en élevage de brebis et de chèvre 

    Commentaire d'un lecteur:

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  • Menace sur l’indépendance des scientifiques : la Fondation Gates achète Cochrane !

    IPSN - Alertes Santé <alertes.sante@mail.infolettre-ipsn.fr

    Chère amie, cher ami, 

    Connaissez-vous la “Collaboration Cochrane” ?

    Il s’agit d’un réseau de chercheurs. Il a été fondé en 1993.

    Iain Chalmers en a été le premier directeur. Toute sa vie, ce scientifique a voulu améliorer le travail et la crédibilité des chercheurs.

    Il a été le premier directeur de l’unité d’épidémiologie périnatale aux Royaume-Uni, basée à Oxford.

    L’épidémiologie, c’est l’étude des problèmes de santé dans les populations humaines. Elle s’appuie sur trois types d’études :

    • Les études de cohortes. Cela n’a rien à voir avec les militaires ! C’est une comparaison entre deux grands groupes de population. L’un est soumis à une condition que l’autre n’a pas. Par exemple, un groupe mange du saucisson mais pas l’autre.
    • Les études de cas témoins. On établit des statistiques en comparant des personnes atteintes d’une même maladie.
    • Les études expérimentales ou essais. Attention ! Là on parle du graal de la médecine moderne ! Ces études comparent deux groupes dans le but d’évaluer un traitement. Elles sont : 
      • En simple aveugle si seuls les patients ne savent pas dans quel groupe ils sont ;
      • En double aveugle si ni les patients, ni les médecins ne savent dans quels groupes se trouvent les patients ;
      • En triple aveugle, si les examinateurs de l’étude ne savent pas non plus à qui appartiennent les résultats qui leur sont soumis

    C’est aussi cela que l’on appelle la “médecine scientifique” ou médecine fondée sur les faits.

    Dans cette approche, les essais cliniques randomisés en double ou triple aveugle sont considérés comme le plus haut niveau de preuve scientifique possible.

    Iain Chalmers a créé en 1993 la “collaboration Cochrane” pour mettre en avant ces études.

    Il lui a donné le nom d’un gentleman scientifique, le Dr Achibald Leman Cochrane.

    Archibald, le héros de la médecine conventionnelle

    Ce médecin est connu pour son action durant la Seconde Guerre mondiale.

    • Il s’est battu contre les Allemands.
    • Il a été fait prisonnier.
    • Il est devenu médecin de camps de prisonnier.

    Son travail auprès des captifs a été salué de tous.

    Il était profondément humain. Mais il cherchait à être le plus efficace possible.

    Durant ses années de médecin de guerre, il s’est souvent demandé comment l’on pouvait améliorer les traitements médicaux. Il voulait une médecine plus objective, plus universelle.

    Il a écrit un livre intitulé “Effectiveness and Efficiency : Random Reflections on Health Services”. Ce livre est une réflexion sur l’efficacité et le bienfondé de l’approche médicale.

    Archibald Cochrane est décédé en 1988 avant de pouvoir mettre en place sa grande idée.

    C’est pour cela que son ami Iain Chamlers a créé la Collaboration Cochrane en son honneur.

    Et cette Collaboration a été un immense succès. Ce réseau réunit près de 30000 collaborateurs volontaires dans plus de 100 pays et publie des études dans plus de 120 revues scientifiques.

    C’est l’un des organismes dans lequel le monde médical a le plus confiance.

    C’est un organisme dont nous avons besoin. Et il est important qu’il reste indépendant.

    La médecine statistique

    Peut-être êtes-vous en train de vous dire : “Mais il est devenu fou ! Il défend la médecine statistique !”

    Mais nous avons besoin de ces études.

    Qu’elles existent est très important.

    L’outil statistique donne de précieuses indications aux scientifiques, aux médecins, aux autorités de santé et aux patients.

    Nous aurions tort de nous en priver.

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  • Un écologisme apolitique (Th.

    2013     80 p.    7 €

       Depuis son lancement en Angleterre au milieu des années 2000, le mouvement des Villes en Transition fait tache d'huile (en France, notamment). Son ambition est de développer la résilience et la viabilité des communautés locales en prévision des énormes défis que poseront inévitablement le pic pétrolier et les changements climatiques.
       Sa force tient entre autres à son approche inclusive et participative. Dans ce court pamphlet, deux militants anglais sympathisants du mouvement, Paul Chatterton et Alice Cutler, proposent une critique constructive de la Transition.
       Ils soutiennent qu'elle aurait avantage à identifier clairement ses « ennemis » politiques et ainsi renouer avec une approche de confrontation qui caractérise d'ordinaire les mouvements sociaux. Pour les auteur(e)s, il ne faut pas perdre de vue qu'il faut lutter pour qu'adviennent les changements souhaités. « Un écologisme apolitique ? » a suscité de nombreux débats parmi les militant(e)s de la Transition. La présente édition reproduit d'ailleurs la réponse que Rob Hopkins, auteur du ""Manuel de Transition"", a faite aux auteur(e)s. 
     

       Paul Chatterton et Alice Cutler sont membres du collectif Trapese, un groupe d'éducation populaire basé en Angleterre.


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  • Comment Marx nous aide à comprendre l’économie aujourd’hui 

    Michel Husson 04/05/2018
     https://www.alternatives-economiques.fr//marx-aide-a-comprendre-leconomie-aujourdhui
     
      Dans un article de 1925 (http://pombo.free.fr/k1931fp.pdf#page=128), Keynes s’exclamait : « Comment puis-je admettre une doctrine qui érige en Bible, en le soustrayant à toute critique, un volume d’économie politique périmé, qui non seulement est faux d’un point de vue scientifique, mais encore ne comporte aucun intérêt, aucune application possible dans le monde actuel ? ». Plus récemment, Jonathan Sperber, auteur en 2017 d’une biographie de Marx1, est tout aussi catégorique : « On trouve dans l’oeuvre de Marx peu de choses qui intéressent les tendances de l’économie ou de la théorie économique de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle. » Mais d’autres pensent, au contraire, que les apports de Marx ne sont pas périmés et qu’ils restent une référence féconde pour la compréhension du capitalisme contemporain.

    La science économique contre l’économie politique

    Tout en se situant dans le prolongement des classiques (d’Adam Smith à David Ricardo), l’oeuvre de Marx introduit une rupture et tire de son approche critique des conclusions dangereuses pour l’ordre établi. Il fallait donc passer de l’économie politique à la science économique et bifurquer vers un autre paradigme, pour des raisons clairement exposées par John Bates Clark (http://digamo.free.fr/clark99.pdf): « Les travailleurs, nous dit-on, sont en permanence dépossédés de ce qu’ils produisent [...] Si cette accusation était fondée, tout homme doué de raison devrait devenir un socialiste, et sa volonté de transformer le système économique ne ferait que mesurer et exprimer son sens de la justice » Il faut donc « décomposer le produit de l’activité économique en ses éléments constitutifs, afin de voir si le jeu naturel de la concurrence conduit ou non à attribuer à chaque producteur la part exacte de richesses qu’il contribue à créer. » C’est la théorie de la répartition, aujourd’hui dominante.

    L’oeuvre de Marx introduit une rupture et tire de son approche critique des conclusions dangereuses pour l’ordre établi

    Dans le livre II du Capital, Marx expose ses schémas de la reproduction2 qui distinguent deux grandes sections : la section I qui produit les biens d’investissement et la section II qui produit les biens de consommation. Il décrit les conditions de reproduction, autrement dit les relations qui doivent exister entre la production des entreprises et leurs débouchés. Ces relations s’expriment en valeur d’échange, mais Marx insiste aussi sur le fait que la structure de cette offre doit correspondre à celle de la demande sociale en termes de valeur d’usage. Cette approche de Marx est évidemment inspirée par le fameux Tableau économique (http://pombo.free.fr/quesnaytableau.pdf) de François Quesnay (1766) qui était, selon lui (http://pombo.free.fr/antiduhr210.pdf), un « exposé, aussi simple que génial pour son temps »3.

    "La seule liberté possible est que l’homme social, les producteurs associés, règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu’ils la contrôlent ensemble au lieu d’être dominés par sa puissance aveugle et qu’ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à la nature humaine.

    "Mais cette activité constituera toujours le royaume de la nécessité. C’est au-delà que commence le développement des forces humaines en soi, le véritable royaume de la liberté qui ne peut s’épanouir qu’en se fondant sur l’autre royaume, sur l’autre base, celle de la nécessité. La condition essentielle de cet épanouissement est la réduction de la journée de travail."

    Karl Marx, Le capital, livre III, chapitre 48

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  •  

    L’éthique en intelligence artificielle, un sujet à part entière

    Par Arnaud Devillard le 30.03.2018

      https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/intelligence-artificielle/rapport-villani-l-ethique-en-intelligence-artificielle-un-sujet-a-part-entiere_

    Derrière les discours enthousiastes et les perspectives de développement, les notions de contrôle, d‘éthique, de dérive et de biais algorithmique ont irrigué le sommet sur l’intelligence artificielle du 29 mars 2018, organisé en conclusion du rapport Villani.

     Il  faudrait faire attention à ce que la France ne devienne pas une spécialiste de l'éthique en intelligence artificielle quand les Etats-Unis et la Chine font du business.” C'est en ces termes qu'Antoine Petit, devenu récemment président du CNRS après avoir dirigé l'Inria, a mis les pieds dans le plat après trois heures d'intervention et d'échanges lors du sommet AI For Humanity organisé jeudi 29 mars 2018 au Collège de France pour accompagner la remise du rapport de Cédric Villani sur l'intelligence artificielle. Juste avant de signaler que “AI For Humanity, c'est très bien, très marketing”.

    Si la forme était volontairement provocante, l'intervention a le mérite de souligner que les notions d'éthique, de biais cognitifs, de non-neutralité des machines voire de confiance aveugle dans les algorithmes ont irrigué toute cette matinée, et ce dès le début du sommet, avec le face à face entre Laurence Devillers, du Laboratoire d'informatique pour la mécanique et les sciences de l'ingénieur (Limsi) du CNRS, très active sur le sujet, et Justine Cassel de l'université Carnegie-Mellon aux Etats-Unis.   

    Ces thèmes étaient déjà présents lors du précédent grand raout gouvernemental dédié à l'intelligence artificielle,France IA, l'an dernier (sous le quinquennat de François Hollande). Mais ils ont nettement gagné du terrain dans les discours et les préoccupations des spécialistes. Et l'actualité récente a toutes les chances d'amplifier le phénomène, entre le premier accident mortel causé par une voiture autonome et l'usage plus que trouble des données de Facebook par Cambridge Analytica. Yann LeCun, directeur du laboratoire de recherche en intelligence artificielle du réseau social, n'a d'ailleurs pas pu échapper à une allusion, pas bien méchante, à cette dernière affaire...

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  •   

    Conférence du Docteur Olivier SOULIER 

    "Soigner l'Homme, Sauver la Terre"

    Dimanche 17 juin 2018, à Montpellier

      Renseignements et inscriptions : 

    Bénéficiez d'une réduction de 20 € en tapant le code "SENSETSYMBOLES" lors de l'achat de votre billet en ligne 

    https://www.weezevent.com/la-sante-de-demain-colloque-2018


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  •   PACTE MONDIAL POUR L'ENVIRONNEMENT : UN CADENAS JURIDIQUE À L’ACCORD DE PARIS

      Nous sommes à un moment historique, estiment les défenseurs du Pacte mondial pour l'environnement. Le projet de texte va faire l'objet d'une résolution onusienne dans les prochains jours. Celle-ci va ouvrir les négociations entre les différents États. L'objectif est d'aboutir d'ici 2020 à un traité mondial sur l'environnement qui pourra être invoqué devant les tribunaux contrairement à l'Accord de Paris.

      S’il aboutit, le Pacte mondial pour l’environnement constituera le premier traité mondial sur l’environnement", résume Laurent Fabius, cheville ouvrière du projet. Après avoir porté l’Accord de Paris en 2015 lors de la COP21, l’actuel président du Conseil constitutionnel va un cran plus loin en défendant cette fois un texte qui serait juridiquement contraignant et pourrait dès lors être invoqué devant les tribunaux.

      Rédigé par 80 juristes de 40 pays, l’avant-projet de texte doit faire l’objet d’une résolution procédurale de l'ONU "dans les prochains jours", assure l’ancien Premier ministre. Une fois cette résolution adoptée, un groupe de travail intergouvernemental sera constitué pour entrer dans le dur du sujet. "Si le texte me paraît réaliste, les négociations avec les différents États vont être tendues sur plusieurs points", prévient-il.

      Le Pacte avait officiellement été lancé à Paris en juin dernier:

    (https://www.novethic.fr/actualite/environnement/climat/isr-rse/un-pacte-mondial-pour-l-environnement-porte-par-emmanuel-macron-ban-ki-moon-laurent-fabius-et-arnold-schwarzenegger-144565.html)

      en présence de Ban Ki-Moon, Jean Jouzel, Nicolas Hulot ou encore Arnold Schwarzenegger. Trois mois plus tard, Emmanuel Macron l’a vivement soutenu lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Puis le ministre de la Transition écologique et solidaire a plaidé pour la mise en place de ce "cadenas juridique à l’Accord de Paris" à l’occasion de la 3e Assemblée de l'ONU pour l’environnement.

    Que contient le texte ?

      La version actuelle du texte (1), d’une dizaine de pages, comprend 26 articles. Les deux premiers reconnaissent les droits de l’Homme à un environnement sain, et les devoirs de protéger celui-ci. Puis un certain nombre de principes généraux, tels que les principes de prévention, de précaution, de pollueur-payeur ou encore de réparation des dommages causés à l’environnement, sont repris.

      "Il s’agit essentiellement d’un travail de codification afin de regrouper dans un seul texte ‘parapluie’ les principes généraux du droit de l'environnement, tels qu'ils ont été notamment énoncés dans la Déclaration de Stockholm en 1972 ou dans la Déclaration de Rio en 1992. Ces textes ont une grande valeur symbolique et politique, mais en tant qu’avocat, je ne peux pas les invoquer devant un juge", explique Yann Aguila, président de la Commission environnement du Club des Juristes, et co-auteur du Pacte.

      D’autres principes plus innovants ont également été intégrés comme celui de non-régression des normes législatives et réglementaires qui va plus loin, par exemple, que ce qui existe actuellement en France. Un article consacre également le rôle des acteurs non-étatiques, tels que les entreprises, la société civile, les villes et les régions, dans la protection de l’environnement. "C’est la première fois qu’ils sont mentionnés dans un texte de droit international", soulève Yann Aguila.

    Qu’est-ce que ça va changer ?

       "Pour les entreprises par exemple, le Pacte va constituer un véritable avantage car il va leur apporter plus de sécurité juridique ainsi qu’un cadre clair et harmonisé au niveau mondial", résume Yann Aguila. "Et pour les citoyens, très concrètement, ils pourront faire valoir leur droit à un environnement sain devant les tribunaux, poursuit l’avocat. Pour d’autres principes comme celui de la participation du public, il faudra attendre une loi de transposition." 

    Le projet est officiellement soutenu par une soixantaine de pays tels que l’Inde, le Bangladesh, les Fidji, le Maroc et de nombreux États africains ou sud-américains. Sans surprise, la Russie et les États-Unis y sont opposés. La Chine est encore indécise. "Ce Pacte est une vieille idée. Il y a eu beaucoup d’ébauches, beaucoup d’échecs. Mais jamais nous n’avons été aussi proches d'aboutir. La fenêtre d’opportunité est exceptionnelle et cela va permettre de relancer une dynamique au niveau international", espère Yann Aguila.

    Pour Laurent Fabius, ce pacte, s’il est adopté, "s’inscrira dans la lignée des pactes fondamentaux adoptés par l’ONU dans les années 60" sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Le traité définitif pourrait aboutir au mieux en 2020. Ce serait de nouveau une bien victoire pour celui qui, de son aveu propre, a découvert le sujet de l’environnement à l’occasion de la COP21. Et une réelle avancée pour la planète.

      Concepcion Alvarez, @conce1

    (1) Lire l'avant-projet de Pacte mondial sur l'environnement :

    http://pactenvironment.emediaweb.fr/wp-content/uploads/2017/07/Projet-de-Pacte-mondial-pour-lEnvironnement-24-juin-2017.pdf

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  • 2017     143 p.     17 €

        Ce que nous nommons encore élevage se trouve aujourd'hui pris entre deux feux.

       D'un côté, le souci légitime de l'impact écologique et sanitaire de la production industrielle de viande et de produits d'origine animale rejoint le refus de maltraiter - voire tuer - les animaux. De cela émerge une remise en cause profonde du geste d'élevage. Est-ce là un progrès pour notre humanité ou un nouveau stade de l'"administration du désastre" ?

       De l'autre côté, les éleveurs sont dépossédés de leur métier par des procédures toujours plus rigides et intrusives : puçage RFID des ovins et caprins, chantage aux primes agricoles, bureaucratisation croissante, reproduction artificielle...

      Décriés d'un côté, ils sont administrés de l'autre - en attendant que disparaisse la possibilité même d'élever des animaux autrement qu'en les concentrant dans de gigantesques usines. Ces menaces qui pèsent sur l'élevage sont un des symptômes de la soumission toujours plus grande de toutes et tous à la société industrielle.

      Le monde se referme alors que la liberté s'efface devant le contrôle systématique : au fond, ce que nous faisons subir aux animaux, nous nous l'infligeons également à nous-mêmes. Eleveurs et chercheurs qui les accompagnent dans leurs luttes, toutes et tous expliquent dans ce livre pourquoi l'élevage doit être préservé afin que nos vies restent authentiquement humaines.

       Guillaume Trouillard est dessinateur et animateur des éditions de la Cerise. Il est l'auteur, entre autres, de
        - Colibri (La Cerise, 2007) et de
       -Welcome (La Cerise, 2013).
    Des bandes dessinées dans lesquelles s'exprime sa critique de la société industrielle.
      Aude Vidal a animé la revue écologiste L'An 02. Elle est l'auteur de reportages sur les mondes malais, d'essais critiques sur le libéralisme et d'
       -Egologie (Le Monde à l'envers, 2017).

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  • 480 p.     2017    25 €

       Autrefois sources de nuisances locales circonscrites, les effets des activités humaines sur l'environnement se sont transformés en pollutions globales.

      Le climat se réchauffe, les mers s'acidifient, les espèces disparaissent, les corps s'altèrent : en rendre compte d'un point de vue historique permet de ne pas sombrer dans la sidération ni dans le découragement face à un processus qui semble devenu inéluctable. Car le grand mouvement de contamination du monde qui s'ouvre avec l'industrialisation est avant tout un fait social et politique, marqué par des cycles successifs, des rapports de force, des inerties, des transformations culturelles.

       En embrassant l'histoire des pollutions sur trois cents ans, à l'échelle mondiale, François Jarrige et Thomas Le Roux explorent les conflits et l'organisation des pouvoirs à l'âge industriel, mais aussi les dynamiques qui ont modelé la modernité capitaliste et ses imaginaires du progrès. 

      François Jarrige est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Bourgogne. Il a notamment publié:

      - Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences (La Découverte, 2014).

      - Au temps des " tueuses de bras ". Les bris de machines à l'aube de l'ère industrielle, 1780-1860 (Presses universitaires de Rennes, 2009).

     Thomas Le Roux est chargé de recherches au CNRS (CRH-EHESS). Il est notamment l'auteur de:

       - Le Laboratoire des pollutions industrielles, Paris, 1770-1830 (Albin Michel, 2011).

     -Risques industriels. Savoirs, régulations, politiques d'assistance, fin XVIIe-début XXe siècle (Presses universitaires de Rennes, 2016).


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  • L'AGRICULTURE BIO EST PLUS RENTABLE QUE LE CONVENTIONNEL, SELON L'INSEE

      Pas de doute, l’agriculture bio est moins productive que le conventionnel mais elle a de meilleures performances économiques, estime l’INSEE dans une nouvelle étude. Grâce à des ventes en circuit court, l'absence notable d'intrants chimiques et des prix de vente plus élevés, les agriculteurs bio s’en sortent mieux.

      est une étude d'une ampleur inédite que vient de publier l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) sur la performance économique de l’agriculture biologique comparée à celle du conventionnel. L'Institut a étudié la rentabilité de 1 800 fermes bio et de 28 000 exploitations conventionnelles. Trois secteurs sont représentés : le maraîchage, la viticulture et la production laitière. Selon ces travaux, l’agriculture bio est plus rentable que le conventionnel.

    Davantage de salariés mais des économies sur les intrants chimiques 

    Du côté des viticulteurs bio, le chiffre d’affaires moyen est de 17 000 euros par hectare, soit… 46 % de plus qu’en conventionnel ! Une différence d’autant plus surprenante que les frais de personnel y sont une fois et demi supérieur. "Près de 0,14 équivalent temps plein salarié par hectare en bio contre 0,08 en conventionnel",détaille l’INSEE. Cela s’explique, d’une part, par des prix de vente supérieurs de 10 % à 40 % selon les produits. D'autre part, la différence est due au nombre d'exploitations bio en zone AOP (Appellation d’origine protégée). Au final, l’excédent brut d’exploitation (EBE) est de "6 400 euros à l’hectare contre 3 700 euros pour les viticulteurs conventionnels".

    Lire la suite...


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  • 2018     240 p.   16 ,90 €

       Notre civilisation est si matérialiste qu'elle détruit paradoxalement les bases matérielles de notre vie commune, ceci dans une indifférence quasi générale. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Comment rendre compte de notre capacité de destruction sans égale ?

      On tente de répondre à partir de l'époque qui nous échoit : celle de l'Anthropocène (qui marque les dommages irréversibles introduits dans l'environnement), celle aussi de l'envolée du numérique et d'un délitement parallèle et conjoint de nos démocraties. Ce parcours permet de dégager les racines spirituelles de la violence que nous nous infligeons à nous-mêmes comme à notre environnement.
      Or la spiritualité est une donnée fondamentale de toute société, où se rejoignent un dépassement de soi et un certain rapport à la nature. Affirmer ceci, c'est découvrir que la pensée émane du monde, plus que d'un sujet isolé : l'esprit se voit libéré de sa frénésie transformatrice et s'ouvre à une forme de contemplation. Apparaît alors la promesse d'une autre civilisation, d'une nouvelle Terre.
      Un ouvrage qui aborde de nombreux questionnements sur le devenir de l'humanité et notamment la foi aveugle dans un progrès qui ne sert plus, mais corrompt les Hommes et leur support de vie.
     A noter que certains passages ne sont pas toujours évidents à comprendre et réclament un bagage philosophique.
       Si l'auteur prône un nouveau monde, comme tant d'autres citoyens et lanceurs d'alertes depuis des décennies, force est de constater qu'il ne s'agit que d'un voeu pieux qui manque cruellement d'écho dans nos sociétés.
       
        Dominique Bourg est philosophe. Président du conseil scientifique de l'ex-Fondation Hulot, il enseigne à la Faculté des géosciences et de l'environnement de l'Université de Lausanne. Il a, entre autres, publié : 
      -Transcendance et discours (1985) ;
      - L'Homme artifice (1996) ; 
      -Vers une démocratie écologique (avec K. Whiteside, 2010) et le
      - Dictionnaire de la pensée écologique (avec A. Papaux, 2015).

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