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      Christian Chavagneux 10/10/2017 https://www.alternatives-economiques.fr//cinq-critiques-travaux-de-richard-thaler/00080835

      L’attribution du prix d’économie de la Banque de Suède 2017 (https://www.nobelprize.org/nobel_prizes/economic-sciences/laureates/2017/à à Richard H. Thaler a suscité de nombreuses louanges de l’auteur. Pourtant, dans un article fort intéressant paru récemment dans la Revue de la régulation (https://regulation.revues.org/12278), l’économiste Jean-Michel Servet propose plusieurs critiques qui méritent d’être entendues.

    L’économie comportementale

      Rappelons ce qui est considéré comme le principal apport du professeur de l’université de Chicago. Nous ne sommes pas des homo oeconomicus rationnels car nous sommes victimes de biais cognitifs : Thaler se propose d’expliquer pourquoi. Il le fait à partir de nombreuses expériences de laboratoires à partir de situations qu’il invente et teste auprès de cobayes ou bien par ses observations directes.

      Parmi les nombreux résultats de ses analyses (http://conversableeconomist.blogspot.fr/2017/10/richard-thaler-2017-nobel-prize-in.html), notre tendance à la « comptabilité mentale ». Les chauffeurs de taxi de New York semblent se fixer intérieurement un objectif de chiffre d’affaires quotidien en dessous duquel ils ne veulent pas descendre. Les jours de forte demande, ils l’atteignent vite et réduisent leur présence. Les jours de faible demande, ils font plus d’heures pour y arriver. Ainsi, contrairement à ce que dit la théorie économique dominante, les jours de grande demande, ils réduisent leur offre et les jours de faible demande, ils l’accroissent. Exemple parmi bien d’autres de notre rationalité limitée face aux décisions économiques à prendre.

    Nous sommes victimes de biais cognitifs : Thaler cherche à expliquer pourquoi

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  • La France, un pays sous influence? (Claude REVEL)

    2012    255 p.    21 €

    Normes mondiales de la bonne université, du bon pays où investir, louanges puis critiques portées sur les biocarburants, États sous contrôle d'agences privées, rôles de Facebook et Twitter dans les révolutions arabes, succès mondial du concept de développement durable... Ces quelques exemples parmi d'autres, illustrent les jeux de ce pouvoir invisible qu'est l'influence. Les technologies de l information facilitent désormais la manipulation individuelle ou collective. L influence a déjà complètement redistribué les cartes de la puissance depuis une trentaine d'années. Certains États, certaines entreprises ont anticipé voire formaté ce nouvel environnement. D'autres non. Où se situe la France ? Soft power, advocacy, lobbying, think tank, storytelling... Pour exercer l'influence, point n'est besoin d'aller chercher des manoeuvres occultes, illégales et dissimulées, les moyens sont nombreux, et la gouvernance qui s'est mise en place au niveau mondial facilite et légitime un nombre incroyablement élevé d'influences de toutes sortes, qui agissent directement sur nos règles de vie et la formation de nos opinions.
    Cet ouvrage à la rigueur implacable met au jour, décrit et analyse toutes les influences qui nous façonnent. Au-delà, il plaide pour la recherche d'un monde à la pensée non standardisée et donne des pistes et des instruments pour réagir.

    « L influence est une relation consciente ou inconsciente qui permet de faire agir ou penser autrui selon ce que veut l émetteur de l influence. Il est d usage d ajouter : sans exercice de la force ni paiement . » Extrait du chapitre 1

       Marc Mousli
    Alternatives Economiques n° 317 - octobre 2012

    Depuis plus de trente ans, l'influençage (mot français pour lobbying) s'est considérablement intensifié et surtout professionnalisé. A côté des services de relations publiques et des ambassadeurs de toutes sortes, on ne compte plus les think tanks, ONG, lobbies officiels et autres, qui s'activent auprès des décideurs, produisant idées et dossiers. Claude Revel analyse ces actions, très efficaces quand elles sont menées de façon cohérente et dans la durée. Elles s'appuient sur l'argumentation rationnelle, principal outil du lobbying, ou sur la séduction, grâce à une domination culturelle, intellectuelle ou artistique.

      Les Anglo-Saxons utilisent ces techniques mieux que les Européens, réussissant à imposer en douceur des normes juridiques, économiques et comptables, ainsi que des codes de conduite imprégnés de leur culture et de leur conception du monde. Ils ont, entre autres, marginalisé notre conception du droit et déstabilisé nos entreprises avec des règles comptables inspirées par la City et les fonds de pension. L'auteur déplore que les pays d'Europe continentale, et surtout la France, n'aient pas encore compris les mécanismes et la puissance de ce soft power. Une lueur d'espoir : l'intelligence économique, par laquelle tout commence, sera au programme de toutes les universités à la rentrée 2013. Les étudiants peuvent prendre de l'avance en lisant ce livre clair et documenté..


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  • Le droit à l'alimentation (Jean ZIEGLER )

    2003    228 p.  à consulter en bibliothèque ou à trouver dans des solderies.

     Chaque jour, 100 000 personnes meurent de faim ou de ses conséquences immédiates et 826 millions d'êtres sont gravement sous-alimentés de façon chronique. Or, la planète regorge de richesses, les ressources agricoles pourraient normalement nourrir 12 milliards d'êtres humains, soit deux fois la population mondiale.
    L'actuel ordre du monde n'est donc pas seulement meurtrier, il est aussi absurde : l'abandon à grande échelle des cultures vivrières, la mainmise des multinationales de l'agroalimentaire sur les semences et la production, les échanges commerciaux au bénéfice des pays du Nord en surproduction, entraînent inexorablement la destruction et la faim de millions de personnes... Afin de réduire les conséquences désastreuses des politiques de libéralisation et de privatisation à l'extrême, pratiquée par les maîtres du monde et leurs mercenaires (FMI, OMC), l'Assemblée générale des Nations unies a décidé de créer et de rendre justiciable un nouveau droit de l'homme : le droit à l'alimentation. " Le droit à l'alimentation est le droit d'avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d'achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie psychique et physique, individuelle et collective, libre d'angoisse, satisfaisante et digne. " Déjà, quelques pays du tiers-monde (Brésil, Afrique du Sud) s'en emparent et tentent de remédier au plus vite aux souffrances de leurs populations. 
      
    Jean Ziegler a été Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation. Auteur de nombreux ouvrages sur le tiers-monde, il a notamment publié

       - La Suisse, l'or et les morts (Le Seuil, 1997),

      - Les Seigneurs du crime (Le Seuil, 1999) et

      - Les Nouveaux Maîtres du monde (Fayard, 2002).


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  • Gilles Châtelet : un berger-voyou dans la porcherie
     
    http://www.article11.info/?Gilles-Chatelet-un-berger-voyou
    1er juin 201

    posté  par Lémi

    Vivre et penser comme des porcs. Le titre dit tout. Dans cet essai publié en 1998, le mathématicien et philosophe Gilles Châtelet secouait violemment l’esprit du temps, détricotait la mièvre bonne conscience démocratico-humanistico-servile de ses contemporains domestiqués. Une charge furieuse au son de la dignité bipède, résonant aujourd’hui plus que jamais.

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    L’ère du porc. Pas le modèle animal(1), digne malgré le liserai et les tendances babyphages (http://www.larevuedesressources.org/curieuses-executions-en-normandie-au-moyen-age-1892,531.html). Mais la version humanoïde, destructrice et avide, embourbée dans un consensus sociétal chaque jour plus dégradant. Le porc bipède dans toute sa non-splendeur, accroché à son territoire et à ses normes comme d’autres à leur mangeoire, ayant abdiqué toute idée de grandeur (sociale, morale, intellectuelle). Une saloperie apathique et antipathique. Bref, le porc humain selon Gilles Châtelet n’a rien de reluisant.

    Vivre et penser comme des porcs est une charge furieuse contre l’esprit d’une époque, la nôtre. Écrit en 1998, un an avant que son auteur ne se donne la mort, il est d’une actualité troublante : chaque paragraphe s’ancre au contemporain comme le sparadrap au capitaine Haddock, déchire le voile fatigué d’un pseudo aboutissement occidental. Pas de temps mort, pas de répit, la mise à mort est aussi froide que jouissive. RIP libéralisme béatifiant. Balistiquement parlant, l’ouvrage de Gilles Châtelet a une puissance rhétorique comparable au pamphlet de Guy Hocquenghem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary (1986), autre grand exercice virtuose de tir à boulets rouges contre une génération de sabordeurs cupides. Sauf que, là où Hocquenghem désignait nommément les tartuffes (July, BHL, Finkielkraut…), Châtelet va beaucoup plus loin, dépasse la personne pour atteindre la société, toute la société. Il n’est plus question de dénoncer une élite, mais les fruits de sa victoire, le renoncement globalisé. Ce que Gilles Châtelet vous met sous le nez, c’est le marigot de la défaite : voilà votre monde, voilà ce qui a été fait des sixties créatives et combattives, des seventies festives, voilà votre porcherie débilitante, celle dans laquelle vous barbotez avec tant de plaisir, vous les Pétro-Nomades, les Ringards Visqueux, les Turbo-Bécassine et les Cyber-Gédéon.

    Rien d’étonnant à ce que Gilles Châtelet ait fait paraître cet essai au beau milieu des commémorations des trente ans de mai 68. D’avoir scruté avec dégoût le millésime 2008 (40 ans), on comprend aisément l’esprit qui anime ce texte. Non seulement, il y a eu défection, renoncement, trahison, mais tout cela s’est fait dans l’autosatisfaction, la justification éhontée, bravache. Le processus ? Simple : « Émasculer une tradition de gauche combative pour installer les niaiseries des démocrates modernistes. Il s’agissait de promouvoir une capitulation élégante - à la française - devant l’ultimatum de la Main invisible, en le présentant comme un rendez-vous incontournable avec la modernité, et même comme l’utopie libertaire ayant enfin atteint l’âge adulte. » Mitterrandie, j’écris ton nom. Le reste a suivi, basculement généralisé. Depuis, ça barbote en gargouillant du groin, uni-dimensionnel en bandoulière.

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  • 1999    192 p   8,20 € (Poche)

       Entré en 1963 à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en section scientifique,Gilles Châtelet obtient un doctorat d'état es-Sciences de Mathématiques pures en topologie différentielle le 20 décembre 1975. Il devient professeur de mathématiques en 1979 à l'Université Paris VIII Saint-Denis, anciennement Université libre de Vincennes.

      Directeur de Programme au Collège international de philosophie entre 1989 et 1995, il fonde le séminaire « Rencontres Science-Philosophie ». En 1994, il rejoint le laboratoire « Pensée des sciences » qui vient d’être fondé à la rue d’Ulm par Charles Alunni. Il prend, jusqu'à sa mort, une part particulièrement active au séminaire « Acte, Puissance, Virtualité » et y exerce une influence notable1.

    De 1981 à 1983, il fut attaché scientifique de l'ambassade de France en Israël. À partir de 1990, il collabore au mensuel L'Autre Journal lancé par Michel Butel dont la parution avait été suspendue depuis 1986.

    Il est décédé en juin 1999.

    Gilles Châtelet s'était également formé à l'économie, comme en témoigne le dernier livre, paru de son vivant : Vivre et penser comme des porcs. De l'incitation à l'envie et à l'ennui dans les démocraties-marchés, météore dans le ciel politiquement correct des années 1990. C’était un essai prophétique dans lequel il dénonçait le système libéral, dont l’efficacité repose sur une Triple Alliance entre le politique, l’économique et le cybernétique c’est-à-dire le communicationnel. Il y revendiquait un front du refus face à un processus de domestication généralisée imposé par ce Nouvel Ordre Mondial, qu'il fut l’un des premiers à analyser avec la rigueur du scientifique, la verve du polémiste et la patience du philosophe. Il en appelait ainsi à une philosophie de combat face aux effets désastreux de la décomposition d’un certain optimisme libertaire devenu cynisme et imposture pseudo-libérale car, disait-il, « nous devons vaincre là où Hegel, Marx et Nietzsche n'ont pas vaincu… ».

    Les Animaux malades du consensus retrace la généalogie de cette critique qui commence dès la fin des années 1970 dans la presse ou les revues. L'ensemble de ces textes prouvent que Gilles Châtelet n’aura finalement jamais cessé d’exercer une critique sans réserve du consensus. Véritable fabliau des temps modernes, on y retrouve le bestiaire et les généalogies de son précédent pamphlet, mais surtout un ensemble d’analyses des dispositifs redoutables de l’industrie du ressentiment.

    Il critique le réformisme comme « progressisme gradué, comme solution de rechange raisonnable face à la violence », il dénonce des hystéries médiatiques qui trahissent le caractère putrescible du consensus, ou encore des « gloutonneries de l’Élite consensuelle qui dévore du Différent pour chier du Même ». Sa ténacité à pointer les illusions et les fantasmes liés à la vitesse, à la performance sont autant de questions jusque-là subversives qui commencent à peine à émerger du silence où elles étaient retenues.

    Enfin, il rappelle qu’en tout état de cause, « qu’il soit mathématicien ou pas, tout homme épris de liberté a le devoir de dire que certaines choses sont insupportables lorsqu’il en a la possibilité ».

    Son succès de pamphlétaire a finalement occulté une œuvre philosophique dont on n'a pas encore pris toute la mesure.

    Citations

    « Promouvoir un travail sans temporalité propre, totalement inféodé à la commande sociale – qu'elle vienne du fouet ou de la faim pour le travail-corvée ou d'une psychologie mutilée de cyber-zombie pour la Surclasse –, incapable de s'articuler avec une intensification de l'individuation pour de grandes masses humaines, bref, se contenter de faire proliférer les cas particuliers d'une espèce : serait-ce tout ce qu'il reste à espérer de l'humanité ? »

    — Vivre et penser comme des porcs, Gallimard, p. 160

     

        C'est qu'il faut beaucoup de place, de sacrifice, d'énergie, de mutilation, de cadavres pour que l'« homme moyen » devienne automobile et se prenne pour un nomade. C'est pourquoi toutes les administrations qui se prétendaient fidèles à la voix de la modernité, de l'administration Pompidou, qui voulait « adapter la ville à l'automobile », à l'administration Mitterrand, friande d'autoroutes et de transports routiers — se sont toujours voulues les vestales zélées de la bagnole, de l'homme moyen à roulettes censé incarné le « dynamisme » de la société civile. Ainsi toute autoroute est-elle d'abord une autoroute sociale, et ce qu'il faut appeler le pétronomadisme de la bagnole tourne souvent au pétainisme à roulettes : l'automobile c'est d'abord le travail, la famille et la bêtise montés sur pneus.

     

    • Vivre et penser comme des porcs. De l'incitation à l'envie et à l'ennui dans les démocraties-marchés, Gilles Châtelet, éd. Exils, coll. « Folio actuel (réédition Gallimard) », 1998   chap. 7 Robinsons à roulettes et pétro-nomades, p. 96

     

     

    Publications

    • Aspects philosophiques et physiques de la théorie des jauges, IREM Paris-Nord, 1984.
    • Les Enjeux du mobile, « collection Des Travaux », Éditions du Seuil, 1993.
    • Vivre et penser comme des porcs. De l'incitation à l'envie et à l'ennui dans les démocraties-marchés, Exils, 1998 (essai, réédition, Gallimard, « Folio »)
    • (en) « Interlacing the singularity, the diagram and the metaphor » (introduction et édition CA), in Simon Duffy ed., Virtual Mathematics. The Logic of Difference, Clinamen Press, Manchester, 2006, p. 31-45.
    • Les Animaux malades du consensus, recueil des textes politiques, édition établie par Catherine Paoletti, Éditions Lignes, 2010 - 
    • L'enchantement du virtuel. Philosophie, physique, mathématique, édition établie par Catherine Paoletti et Charles Alunni, Éditions Rue d’Ulm, 2010 -

       D'après Wikipédia


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  •                                                            2013   176 p.   22,50 €

      Une grande partie des déchets se retrouve dans les océans, dans les plus grandes profondeurs pour ceux qui coulent, sur le rivage pour ceux qui flottent. Certains portent même le nom de « larmes de sirènes » ! Cet ouvrage éclairera le public sur les apports solides à la mer, leur nature, leur dégradation en micro-particules, leurs impacts sur la faune et sur les activités littorales. Il l’informera entre autres de leurs conséquences sur l'environnement, la santé, la pêche, la navigation. 
     

      François Galgani est docteur es sciences, chef de projet à l'Ifremer Bastia, responsable d'un groupe européen en soutien à la Directive cadre "Stratégie pour le milieu marin" (DCSMM).

      Isabelle Poitou a un doctorat sur les déchets marins. Elle dirige l'association MerTerre à l'Odema (Observatoire des déchets en milieux aquatiques) et participe aux programmes nationaux et européens DCSMM.

      Laurent Colasse a fondé l'association SOS Mal de Seine. Il participe aux programmes nationaux de la DCSMM et est technicien chimiste au laboratoire Polymères-Biopolymères-Surfaces de l'université de Rouen.


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  •                                                              2017  192 p.  15 € 

       Préface de Marie-Monique Robin Nous nourrir tous demain... et si seule la bio pouvait y parvenir ? "La" Bio nait dans les années 1960. En plein essor de la chimie et de l'agriculture intensive, des consommateurs et des paysans résistent ; les uns veulent continuer à manger sain et local, les autres défendre une agronomie respectueuse de la nature et des hommes. Ils font alors cause commune pour reprendre en main leur destin. 50 ans plus tard les magasins bio se multiplient, mais qu'en est-il de cette utopie ? Ce livre interroge les préjugés et questionne les limites du bio. Il révèle les options gagnantes d'un projet porteur d'espoir. Partout des citoyens oeuvrent pour protéger notre autonomie alimentaire, nos terres, notre santé. Ce livre alarme également. Les semences autorisées sont privatisées, tributaires des pesticides, les variétés naturellement résistantes sont interdites. Une part croissante de nos terres est dédiée à la nourriture animale, d'exportation ; elles ne nous nourrissent plus. L'agriculture conventionnelle de piètre qualité et peu nutritive ne survit que par les subventions. Jusqu'à quand ? La Bio, la permaculture, les coopératives ont les solutions de résilience. Se prémunir des pratiques de la grande distribution, du bio industriel et des labels au rabais paraît idéaliste, c'est en fait vital. Et si la bio était un projet de société, non pas un marché ou le choix de quelques-uns, mais notre seule voie ? Une magnifique voie. EN QUETE... Se nourrir demain - Entretiens menés avec Claude Gruffat, président de Biocoop depuis 2004, de formation agricole, d'abord conseil à l'installation des agriculteurs, coopérateur de longue date puis gérant d'un magasin bio. Entretiens complétés avec des questions- vérité de citoyens. 
     

      Entretiens menés avec Claude Gruffat, président de Biocoop depuis 2004, de formation agricole, d'abord conseil à l'installation des agriculteurs, coopérateur de longue date puis gérant d'un magasin bio. Entretiens complétés avec des questions- vérité de citoyens.

    Interview de Cl. Gruffat

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  •                                                              2017  336 p.  17,90 €   

       Dans la Google du loup est à la fois un roman d'anticipation et une démonstration rigoureuse. A la manière d'une série télé aux personnages familiers et au scénario implacable, il raconte le monde que " Big G " nous imposera demain si nous n'en prenons pas conscience. Faut-il laisser Google dicter " son " futur de l'homme et de l'univers ?

    Google se prend pour Dieu : il veut " augmenter " l'homme et tuer la mort... pour les plus riches. Les autres deviendront les " chimpanzés du futur ".
    Google considère la vie privée comme une anomalie et la surveillance comme un désagrément inévitable.
    Google milite pour la viande sans viande et la voiture sans conducteur.
    Google, champion des paradis fiscaux, exerce un pouvoir totalitaire : celui de faire vivre ou mourir les sites internet qui le concurrencent.
    Google est le leader de l'intelligence artificielle, qui pourra décréter un jour que l'homme est inutile.
    De l'implant rétinien à la puce dans le cerveau, des médicaments bioélectroniques aux manipulations de l'ADN, de l'exploitation des données personnelles à la fin de la vie privée puis la disparition de l'homo sapiens... Google-Alphabet prépare sa mutation de l'univers. Qui l'arrêtera ? 

      Christine Kerdellant est journaliste, directrice de la rédaction de L'Usine Nouvelle et de L'Usine digitale. Elle a déjà publié sept romans, dont Alexis, ou la vie aventureuse du comte de Tocqueville, La porte dérobée, ou J'ai bien aimé le soir aussi, ainsi que sept essais, parmi lesquels Les Ressuscités, Les Nouveaux Condottiere ou Ils se croyaient les meilleurs, histoire des grandes erreurs de management. Elle participe régulièrement à des débats télévisés et notamment à " C dans l'air ".

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  • 2013    252 p.   19 €

      Appels téléphoniques, SMS, chats, recherches Google, statuts sur Facebook : chaque jour nous communiquons des données sur nos fréquentations, nos opinions, nos habitudes, nos peurs, nos désirs ou nos pensées intimes, sans nous soucier de ce qu elles deviennent.

       Or ces informations privées sont enregistrées, stockées et peuvent facilement être analysées et exploitées. À l heure où nous échangeons de plus en plus via Internet, des systèmes de surveillance globaux se déploient pour tirer profit du nouvel or noir du XXIe siècle : les données personnelles.
     Internet, ce formidable outil d'émancipation, est-il en train de devenir le plus efficace instrument de contrôle jamais mis en place ?
      C'est la crainte de Julian Assange et de ses amis militants pour un Internet libre. Leur discussion, limpide et informée, nous ouvre les yeux sur les menaces qui pèsent aujourd hui sur nos libertés politiques et individuelles.
      Un livre à mettre entre toutes les mains.

       Julian Assange est le concepteur et le rédacteur en chef de Wikileaks. Il est le lauréat, en 2009,

    • du prix « nouveau média » d'Amnesty international et, en 2011,
    • du prix de la fondation Sydney pour la paix,
    • du prix Walkley pour le journalisme et
    • du prix Martha Gellhorn.   Il est l'auteur, avec Sulette Dreyfus, de

      -Underground (Éditions des Équateurs).


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  • 2017    350 p.   17 €

         Ce livre, dont on nous a dit le plus grand bien, arrive en français en août. Réjouissances.

      L'enquête de terrain d'Anna Lowenhaupt Tsing commence dans les forêts dévastées de l'Oregon aux États-Unis, où les grands pins ponderosas ont été coupés pour alimenter l'insatiable industrie du bois, et se termine dans celles du Yunnan, où la marchandisation fait des ravages dans les campagnes, après être passée par la Laponie et le Japon. Le sujet du livre ? Le matsutake, un champignon très cher au Japon qui ne pousse quasiment plus sur l'archipel nippon et qu'il faut donc importer. Anna Tsing va explorer les mondes que ce champignon éclaire ou même fabrique. Le matsutake n'est donc pas un prétexte ou une métaphore mais une loupe pour observer le monde.

       Les cueilleurs de l'Oregon sont des réfugiés d'Asie du Sud-Est, des vétérans des guerres américaines ne pouvant plus vivre en ville, des sans-papiers... Ce sont des précaires qui vendent chaque soir les champignons qu'ils ont trouvés. Pour l'auteure, la " précarité " n'est pas seulement un terme décrivant la condition des cueilleurs sans emploi stable ni aucun des avantages liés au salariat mais, avec celui de " ruines ", un concept pour penser le monde dans sa globalité.

       Anna Tsing montre comment le modèle de la plantation de canne à sucre au Brésil, en tout point opposé à une forêt de matsutakes, a été le modèle du capitalisme fordien aujourd'hui en train de disparaître. C'est dans les rapports entre le Japon et les États-Unis que le capitalisme s'est totalement réinventé depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Europe ne jouant manifestement aucun rôle. Mais quelles seront les conséquences à terme de ces changements pour ce continent au-delà du seul problème dit des délocalisations ?

       Suivre les matsutakes mène aussi à une nouvelle manière d'apprécier la biologie et la science. Les champignons sont une espèce vivante si particulière qu'elle fait trembler les fondements de la biologie contemporaine. Ils révèlent aussi pourquoi la " science japonaise " et la " science américaine " ne coïncident pas.

       Anna Lowenhaupt Tsing est professeur d'anthropologie à l'université de Californie, Santa-Cruz, et à l'université Aarhus au Danemark.


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    2017    288 p.    19 €

      Stockés dans des décharges, éparpillés à la surface des océans ou dispersés en particules invisibles dans l'atmosphère, les déchets sont désormais des traces indélébiles de notre présence sur terre autant que des symptômes de la crise du monde contemporain.
       Après les avoir enfouis et brûlés, il est devenu impératif de les réduire, de les réutiliser, de les recycler. À l'heure de l'économie circulaire, cette promesse d'un monde sans restes rappelle un mensonge de la tribu Chagga, évoqué par l'anthropologue Mary Douglas : les mâles adultes de cette tribu affirment ne jamais déféquer !  

      Ce livre fait un point complet sur la problématique déchet : de l'invention des déchets, à leur devenir : élimination puis recyclage voire réutilisation. Mais, pour une grande partie d'entre eux c'est la dispersion dans la nature qui les attend, au point que l'auteur reprend volontiers le terme d'anthropocène pour décrire notre époque, "un monde plastique" né de la société de consommation.

      Comment y faire face ? Le plastique véhicule de dangereux polluants qui se sont immiscés partout dans les écosystèmes, au point que l'ensemble du vivant est contaminé. Stockés dans des décharges, éparpillés à la surface des océans ou dispersés en particules invisibles dans l'atmosphère, les déchets sont désormais des traces indélébiles de notre présence sur terre autant que des symptômes de la crise du monde contemporain.

       De même, ce livre montre que la quête de pureté et de maîtrise technicienne du déchet dans nos sociétés industrielles fabrique un aveuglement collectif. Il raconte comment Homo detritus, face cachée d'Homo œconomicus, a cru sauver la planète en " bien jetant ".

       Et si le déchet était la preuve tangible de notre incapacité à durer sur notre unique support de vie ?
      Un livre fort sur les impasses des approches " gestionnaires " de notre société du déchet.

      Baptiste Monsaingeon (né en 1983) enseigne au département de sociologie de l'université Paris 1. Chercheur postdoctoral à l'IFRIS, il est titulaire d'un master en philosophie et d'un doctorat en sociologie pour lequel il obtient, en 2009, la bourse doctorale de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). La même année, il devient cofondateur de l'association Watch the Waste, et participe à la première expédition dédiée à l'identification de concentrations de débris plastiques en Atlantique Nord. Il est membre du bureau de l'association Worgamic, dédiée à la gestion des déchets organiques en ville. Il est également membre du conseil scientifique de l'exposition Vies d'ordures au Mucem, programmée pour l'été 2017 à Marseille.


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  • 2015     1056 p.    30 €

       Ouvrage fondateur de la pensée écologique, L'Homme renaturé, paru en 1977, donnait déjà tout son sens à l'itinéraire de Jean-Marie Pelt, homme de science et de foi. Pour ce promoteur de l'écologie urbaine, les solutions à la crise planétaire supposent " le dépassement de l'instinct de puissance et de domination en vue de la seule victoire qui ait un sens : celle que l'homme conquiert sur lui-même, dans un combat intérieur jamais achevé et qui reste le vrai moteur du progrès. "

      Les solutions ne tiennent pas seulement pour lui au souci de l'environnement, à la recherche d'une autre croissance, mais aussi à une dimension de sagesse oubliée : elle seule peut conjurer les excès et les risques.
       L'Homme renaturé ne se contente pas de dresser le bilan noir de la civilisation industrielle, mais en appelle à l'imagination et à la créativité pour inventer de nouveaux possibles.

      Jean-Marie Pelt est professeur honoraire de biologie végétale de l'université de Metz et président de l'Institut européen d'écologie, qu'il fonda dans cette ville en 1971, restaurant un cloître franciscain du XIVe siècle. Il a aussi enseigné l'écologie au Collège d'Europe de Bruges. Maire adjoint de la ville de Metz, il joua un rôle déterminant dans la promotion du concept d'écologie urbaine qui, appliqué à sa ville, entraîna la renaissance d'un urbanisme doux et à échelle humaine. Ses recherches portent pour l'essentiel sur l'écologie du Moyen-Orient et sur les plantes médicinales utilisées dans différentes cultures (ethnopharmacologie). 


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  • 2006    154 p.   5,60 €

       Une interprétation, fort discutable, de l'œuvre de Darwin a imposé la compétition et la lutte comme les moteurs de la vie, aussi bien dans la nature que dans la société. Or la nature met en oeuvre d'innombrables systèmes de symbioses et de solidarités qui ont joué un rôle déterminant dans toute l'évolution biologique et sans lesquels il serait impossible de comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Les lichens comme les coraux sont des êtres doubles où chacune des parties rend des services à l'autre ; quant aux champignons, ils nourrissent les arbres qu'ils paraissent parasiter. Dans le règne animal, les prestations de services mutuels entre espèces sont tout à fait courantes. Poissons et oiseaux pratiquent des comportements d'entraide qui témoignent d'un authentique altruisme et qui, comme l'amitié chez de nombreux mammifères, ne sont pas le propre de l'homme. Quant aux sociétés humaines, elles ont développé de précieuses organisations : les mutualités, les coopératives, la sécurité sociale et les assurances... qui sont la hase de l'économie solidaire. La création de nouveaux mécanismes de solidarité sera pourtant absolument nécessaire si l'on veut assurer demain à tous un emploi et un statut dignes d'un être humain ; mais aussi pour sauver la planète des menaces grandissantes que notre mode de développement fait peser sur elle. 
     

       Jean-Marie Pelt est professeur émérite de biologie végétale et de pharmacologie à l'Université de Metz et président de l'Institut européen d'écologie. Il a notamment publié chez Fayard:

       -De l'Univers à l'être

      -Dieu de l'univers : science et foi

      -Le Tour du monde d'un écologiste

      -Au fond de mon jardin

      -Des légumes, Des fruits

      -Le Jardin de l'âme

      -Les Plantes transgéniques

      -La Terre en héritage

      -Les Nouveaux Remèdes naturels 

      -Les Langages secrets de la nature

      -Les Epices

      -L'Avenir droit dans les yeux

      -La Loi de la jungle.


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  •                                                               2016    304 p.   22 €

        Un an après Waterloo, en 1816, le monde est frappé par une catastrophe restée dans les mémoires comme l'" année sans été " ou l'" année du mendiant "...

      Une misère effroyable s'abat sur l'Europe. Des flots de paysans faméliques, en haillons, abandonnent leurs champs, où les pommes de terre pourrissent, où le blé ne pousse plus.
       Que s'est-il passé ? En avril 1815, près de Java, l'éruption cataclysmique du volcan Tambora a projeté dans la stratosphère un voile de poussière qui va filtrer le rayonnement solaire plusieurs années durant. Ignoré des livres d'histoire, ce bouleversement climatique fait des millions de morts. On lui doit aussi de profondes mutations culturelles, dont témoignent les ciels peints par Turner, chargés de poussière volcanique, ou le Frankenstein de Mary Shelley.
      L'auteur nous invite à un véritable tour du monde. Au Yunnan, les paysans meurent de faim, vendent leurs enfants et se lancent dans la culture du pavot à opium, moins sensible que le riz aux variations climatiques.
       Dans le golfe du Bengale, l'absence de mousson entraîne une mutation redoutable du germe du choléra, dont l'épidémie gagne Moscou, Paris et la Nouvelle-Angleterre.

      L'Irlande connaît une effroyable famine, suivie d'une épidémie de typhus, qui laisse de marbre le gouvernement britannique. En Suisse, des glaciers avancent avant de fondre brutalement, détruisant des vallées entières. Aux États-Unis, des récoltes misérables provoquent la première grande crise économique, etc.
       Ce livre, qui fait le tour d'un événement à l'échelle planétaire, sonne aussi comme un avertissement : ce changement climatique meurtrier n'a pourtant été que de 2° C...

      Gillen D'Arcy Wood est professeur à l'université de l'Illinois. Il est spécialiste de l'art et de la littérature du XIXe siècle.

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  • 2011     216    6,60 €

       Plus de cent cinquante ans après la publication du célèbre ouvrage de Darwin, De l’origine des espèces, Jean-Marie Pelt s'emploie à récuser la fameuse « loi de la jungle » qui, dans une nature réputée « cruelle », serait le seul moteur de l'évolution. Il existe bien une raison du plus faible : tout au long de l'histoire de la vie sur terre, des premières bactéries jusqu'à l'homme, là où les plus gros n'ont pas su résister aux cataclysmes et aux changements climatiques, ce sont souvent les créatures les plus humbles qui ont survécu. Notre société humaine, dans laquelle règne un esprit de compétition exacerbé, court à la catastrophe si elle n'entend pas cette leçon de la nature qui fait de l'égoïsme la maladie mortelle des puissants et de la solidarité la force des faibles. Un ouvrage fourmillant d'anecdotes puisées au cœur du monde végétal et animal. 

    Extrait     Prologue :

       Un lion déambulait le long d'une rivière. De quoi aurait-il eu peur ? N'était-il pas le roi des animaux ? Chemin faisant, il croisa un scorpion et le trouva aussi laid que méprisable. Pourtant, le scorpion s'enhardit à lui adresser la parole. En termes élogieux, il vanta sa force, sa beauté, mais aussi sa légendaire générosité à l'égard des êtres faibles et insignifiants comme lui. Flatté, le félin daigna prêter l'oreille aux propos de la bestiole qui reprit de plus belle la longue litanie de son dithyrambe, insistant sur les multiples qualités et vertus du roi des animaux. Touché au plus profond de son coeur de lion, le fauve n'avait plus rien à refuser à son minuscule compagnon. Aussi, lorsque celui-ci lui demanda de lui faire traverser la rivière sur son dos, car il ne savait pas nager, le félin promit de s'exécuter.

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  • L’homme qui voulait abolir le droit à la fortune, ce grand tabou contemporain

    https://mrmondialisation.org/lhomme-qui-voulait-abolir-le-droit-a-la-fortune-ce-grand-tabou-contemporain/?utm_source=actus_lilo

     

    Docteur en science économique, Philippe Richard sort un livre courageusement intitulé « Abolir le droit à la fortune » dans un contexte où l’écart entre riches et pauvres est de plus en plus important. Dans cet ouvrage rare en son genre, l’expert en sciences sociales interroge les inégalités de richesses grandissantes entre une poignée de super-puissants et le reste de l’humanité. Les différentes crises que nous connaissons actuellement pourraient-elles être résolues en mettant fin aux immenses fortunes individuelles ? C’est en tout cas une piste qu’il est urgent de considérer. Rencontre avec Philippe Richard, l’homme qui veut faire les poches au 1%… 

    Abolir le droit à la fortune pour une société plus égalitaire

    L’idée soutenue par Philippe Richard, docteur en économie et expert en socio-économie auprès du Syndex depuis plus de quinze ans, est assez simple et empreinte de bon sens : supprimer le droit à la fortune individuelle. À vrai dire, il ne s’agirait pas tant de supprimer simplement et purement le droit à la fortune, que de limiter les fortunes individuelles par l’institution d’un certain plafond. L’économiste présente son idée ainsi : « Les modalités du plafonnement du patrimoine individuel s’inspirent de l’impôt sur la fortune comme l’ISF, mais à un taux de 100 % à partir d’une valeur acquise : une valeur cumulée des actifs, entre portefeuilles financier et immobilier et parts d’entreprise, nette de dettes. » Les bénéfices réalisés au-delà du dit-plafond serviraient alors à venir renflouer les caisses de l’état dans une démarche de redistribution de la richesse entre les différents citoyens d’un pays.

    Car, dans la tête de l’économiste, il s’agirait bien d’une mesure qui viendrait directement toucher les ressortissants d’un même état, sur la base unique de leur nationalité. Impossible, donc, de fuir son devoir envers le Trésor Public en changeant de lieu de résidence comme c’est actuellement le cas. « En prenant l’exemple d’un plafond individuel à 100 fois le salaire médian (2,1 M€), les actifs concernés s’élèveraient à 1 750 milliards d’euros pour la France, affectant seulement 1 % des citoyens, les plus riches », explique Philippe Richard. Concernant la mise en place de cette « abolition », l’économiste préconise une prise de décision par référendum, qui s’accompagnerait d’un changement dans la Constitution. Il serait, selon son plan, toujours possible de devenir riche, mais pas extrêmement fortuné au-delà de toute raison.

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  • À deux mois de l’élection présidentielle, le philosophe agroécologiste Pierre Rabhi répond à nos questions. Il pointe l’incohérence d’un système électoral qui "désigne une seule personne à la tête d’un État entier" et le piège d’une "nation-entreprise" dans laquelle femmes et hommes politiques sont enfermés. Ce qu’il faut ? Du concret et surtout "de l’intelligence". Entretien. 

       Pour le philosophe agroécologiste Pierre Rabhi, "en remettant notre destin à des personnes comme Donald Trump, il ne faut pas s’étonner que cela nous mène vers un désastre".
    Philippe Desmazes / AFP

      Dans votre dernier livre ( La convergence des consciences, Le Passeur, 2016 ), vous appelez à la convergence des consciences (http://www.novethic.fr/empreinte-terre/agriculture/isr-rse/pierre-rabhi-un-changement-de-la-societe-sans-changement-humain-est-irrealiste-143788.html). Qu’est-ce que cela signifie ?

    Le temps est venu de dépasser les particularismes, c’est-à-dire tout ce qui nous emprisonne dans nos nations, dans nos religions, dans nos idéologies, pour aller vers une humanité qui reconnaisse son identité globale. Tous ceux qui aspirent aux mêmes valeurs pourraient se rapprocher. 

    Il y a une amorce des réveils. Il y a, ici ou là, des serments d’évolution. Des gens qui se préoccupent de savoir comment mieux aimer, comment changer eux-mêmes, avoir une approche mieux éclairée. Mais ces serments de changement global sont étouffés par un système qui continue sur sa lancée de croissance économique, de pillage général de la planète au détriment de la grande majorité de l’humanité. 

    Quand on examine le monde tel qu'il va, on continue à être stupide, à donner bien plus de valeur aux armes, aux meurtres, à la tuerie, aux pollutions et à la dégradation, au déboisement. L’humanité a des éléments de conscience éveillée, mais on est encore loin du compte. Nous continuons à être les pires parasites sur cette planète.

    "Je vote contre quelqu’un et non pas pour"

      Dans deux mois aura lieu l’élection présidentielle. Vous écrivez que "l’opinion n’est pas suffisamment éveillée pour désigner des représentants éveillés". On a les représentants qu’on mérite ? 

    Absolument. On a les représentants politiques qu’on mérite. En dictature nous n’avons pas à discuter : la personne mobilise une énergie négative, prend le pouvoir et impose sa tyrannie. En démocratie, on interpelle les consciences et ce sont elles qui déterminent, par leur suffrage, une personne pour les représenter. 

    On est en pleine actualité américaine et il se trouve que Donald Trump, qui est chargé de diriger un État entier, est carrément pathologique. En remettant notre destin à des personnes de ce type-là, il ne faut pas s’étonner que cela nous mène vers un désastre. 

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  • Tribune    Alain Grandjean 08/03/2017

      http://www.alternatives-economiques.fr//accelerer-conversion-ecologique-de-leconomie

      Tous les compteurs de la santé des écosystèmes sont au rouge. La destruction des forêts, la fragmentation des espaces naturels et la désertification ne sont pas enrayés. La pression de la pêche sur les ressources de la mer est toujours excessive. La dangerosité des pollutions chimiques s’accroît. Les effets du changement climatique sont de plus en plus sensibles et les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas sur la bonne trajectoire. Enfin, les inégalités sociales s’amplifient alors que les plus déshérités sont les plus touchés par la destruction de l’environnement.

          Des mesures sont prises pour conjurer une tragédie annoncée

      Devant ces menaces lourdes, la prise de conscience progresse et des mesures sont prises pour conjurer une tragédie annoncée. L’accord de Paris est une avancée majeure dans la lutte contre le changement climatique. Celui de Kigali va conduire à la disparition progressive des HFC. Les aires marines protégées se développent. En France, la pollution urbaine, les conséquences sanitaires des pesticides et des perturbateurs endocriniens, la souffrance animale sont autant de sujets où l’opinion évolue rapidement. L’économie circulaire commence à faire école.

    Reconstruire l’économie sur la base de l’écologie

      Face à la destruction de la nature, menaçant les conditions de survie de milliards d’habitants, la réponse ne peut être que massive, mondiale et rapide. « On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés », a dit Einstein. Nous ne pouvons plus poursuivre la chimère d’un monde de plus en plus artificialisé, injuste, divorcé d’avec la nature. Nous devons reconstruire notre économie sur la base d’une écologie intégrale, entre autres défendue par le pape François dans son encyclique Laudato Si (https://alaingrandjean.fr/2015/08/17/laudato-si-une-encyclique-revolutionnaire/).

    Il s’agit de tourner la page du néolibéralisme et du consumérisme sans frein pour construire un monde de  solidarité

      De multiples expériences de terrain sont autant de balises montrant qu’il ne s’agit pas d’une utopie désincarnée, mais d’un projet disruptif, source de multiples innovations sociales et technologiques, qui met l’économie et la finance au service de la société. Qui cesse de considérer la nature comme un simple stock où prélever indéfiniment pour satisfaire le plus vain de nos désirs. Il s’agit de tourner la page du néolibéralisme et du consumérisme sans frein pour construire un monde de solidarité et de coopération. De définir et tenir un cap de transition énergétique et écologique, en appliquant un principe de subsidiarité grâce auquel les initiatives et les innovations de terrain se multiplient.

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  • Civic City

    Fondée en 2011 à la suite de l’institut Design2context, Civic city est un institut autonome de recherche critique en design et un réseau pluri-disciplinaire et international de concepteurs et de penseurs d’un monde meilleur. Il rassemble urbanistes, designers, graphistes, architectes, paysagistes, anthropologues, sociologues, politologues et autres théoriciens et praticiens du design aux côtés de citoyens experts des lieux et des usages comme des institutions universitaires et des associations. Civic city développe un certain nombre de projets de recherche universitaires, par exemple sur la visibilité ou l’invisibilité des organisations internationales et mène parallèlement des actions et des projets fondés sur un design qui se veut plus civique.





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  •     Une semaine après la ratification du CETA par le Parlement européen, une centaine de députés français saisissent le Conseil constitutionnel. Ils estiment que le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada est incompatible avec la Constitution. Un moyen de renégocier un "traité anti-démocratique". Des initiatives similaires ont été entreprises en Autriche et en Allemagne.

    Des députés européens se mobilisent contre le CETA
    FREDERICK FLORIN / AFP

        Les députés français ont-ils trouvé le moyen de freiner le CETA ? À 16h30 ce mercredi, 106 députés de gauche ont déposé un texte de saisine au Conseil constitutionnel. Ils estiment que le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, ratifié la semaine dernière par le Parlement européen,(http://www.novethic.fr/breves/details/le-parlement-europeen-ratifie-le-ceta.html) est incompatible avec la Constitution française.

       De manière globale, les député.e.s dénoncent un processus opaque. L’accord, qui devra être soumis au vote de chaque parlement national des pays membres de l’UE pour entrer pleinement en application, va bientôt être appliqué de manière partielle et provisoire. "Mais personne ne sait sur quoi il va entrer en vigueur !", s’insurge Danielle Auroi, députée écologiste du Puy-du-Dôme et signataire de la saisine. "On impose aux différentes nations une mise en application provisoire sans que les parlements nationaux ne soient consultés", ajoute un autre signataire, Jean-Noël Carpentier, député radical du Val d’Oise. 

    Un traité "anti-démocratique"

       Sur le fond, l’incompatibilité porte sur plusieurs motifs (http://www.fondation-nicolas-hulot.org/sites/default/files/ceta-anticonstitutionnel.pdf) mis en lumière par la Fondation Nicolas Hulot, l’institut Veblen et FoodWatch.

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  •                                                              2015     234 p.    17 €

      Les Français ont le blues, ils figurent parmi les plus pessimistes au monde. Avec plus de 6 millions d'inscrits à Pôle emploi, la désindustrialisation qui s'aggrave et les inégalités qui se creusent, les raisons de s'inquiéter ne manquent certes pas.

      Ce blues n'en est pas moins excessif. Il s'explique notamment par le sentiment d'un déclin ininterrompu du pays, par rapport à un "âge d'or" fantasmé où la France était un modèle pour le reste du monde.
       Pour Guillaume Duval, il faut se rendre à l'évidence : avec moins de 1% de la population mondiale, la France n'a aucune chance de redevenir une grande puissance sur une planète où les formidables inégalités de richesse entre pays industrialisés et pays du Sud se réduisent enfin. Ce déclin incontestable n'a pourtant rien de catastrophique : on peut vivre – et bien vivre – sans avoir besoin de s'imposer au reste du monde.
       Avec sa démographie équilibrée, ses infrastructures et sa protection sociale de qualité, ses salariés productifs et motivés, ses scientifiques bien formés ou encore ses espaces agricoles importants et ses rapports privilégiés avec le sud de la Méditerranée, la France dispose de nombreux atouts pour s'insérer positivement dans l'économie de demain.

       D'autant que l'ère de la mondialisation sauvage, qui a sérieusement mis à mal le modèle social français, pourrait bien s'achever. À condition, toutefois, que la France parvienne à surmonter ses antagonismes traditionnels pour mobiliser ses énergies, réformer son État, rattraper son retard en matière d'écologie et rassembler autour d'elle pour construire une Europe plus solidaire.

       Guillaume Duval est rédacteur en chef d' Alternatives Économiques. Il a  publié :

       -Sommes-nous des paresseux ? (Seuil, 2008)

       -Made in Germany. Le modèle allemand au-delà des mythes (Seuil, 2013).     

       -La France d'après. Rebondir après la crise (Les Petits Matins, 2011).

       -Le libéralisme n'a pas d'avenir  ( 2003)


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  •                                                                               2014    334 p.   22,90 €

    Revue de presse

    « Economix est un livre hors norme. S'il avait existé à l'époque, certains banquiers n'auraient pas osé vendre autant de crédits à risque. » --Le Monde

    « Si ce livre pouvait se résumer en une phrase, c'est bien que l'économie peut être accessible et compréhensible à tous.» --Publishers Weekly

    « C'est tout simplement phénoménal ! » --David Bach
     
        Mêlant la bande dessinée avec des textes clairs et pleins d'humour, ce roman graphique transforme la « science obscure » de l'économie en une histoire amusante et accessible à tous.

        Cette BD/document d'un nouveau genre explore trois siècles de pratiques économiques. Elle raconte la mondialisation, les grands penseurs, les impasses et les rebonds, l'impact des guerres, des changements climatiques ou des pénuries de ressources.

        Clair et pédagogique, tout en images, avec l'humour en prime, Economix est indispensable dans toutes les bibliothèques. Comprendre l'économie, c'est maîtriser notre destin.

      Economix relève le défi de raconter l’histoire de l’économie mondiale en un ouvrage concis, facile à lire et passionnant. Il permet aussi de gagner du temps : on pourrait lire dix livres sur la question et ne pas récolter autant d’informations.
    Comment la crise des subprimes s’est-elle réellement déroulée ? Pourquoi Lehman Brothers a-t-il fait faillite ? Chaque année, chaque mois, chaque jour, il arrive dans l’économie quelque chose qui nous concerne.

    POURQUOI UNE NOUVELLE ÉDITION ?
       La première édition allait jusqu’aux conséquences de la crise des subprimes. L’économie est une science en mouvement et l’auteur continue d’étudier et d’analyser les décisions prisent par nos dirigeants en matière économique. Dans ses 32 pages supplémentaires, il raconte avec une grande clarté l’enjeu du Partenariat transpacifique qui est en cours de négociation.
       Ce traité de « libre-échange », s’il est signé, aura des conséquences directes sur la vie quotidienne. Aussi, l’auteur explique avec la même clarté les enjeux de ce « partenariat ».

       Michael Goodwin est passionné à la fois par l’Histoire et par l’économie. Ne trouvant d’ouvrage capable de raconter dans un seul livre quatre siècles de pensée économique tout en étant accessible au plus grand nombre, il a décidé de l’écrire en en faisant une BD. Il a créé un site Internet qui prolonge le livre : www. economixcomix.com.

       Le dessinateur Dan E. Burr a travaillé dans beaucoup de domaines, dont le dessin animé, l’illustration pour la presse (journaux et magazines) et le design de produits. Ses romans graphiques ont remporté de nombreux prix et ont été salués par la critique.

      Traduit de l'anglais (États-Unis) par Hélène Dauniol-Remaud


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  •  Published: 15 Dec 2016
    Short URL: http://farmlandgrab.org/26787
    Posted in: APS | 14 décembre 2016
     
     
    "Cette ligne de développement proposée par la Banque mondiale, l'Union européenne, par tout le monde, est une voie sans issue parce qu'une accélération de la paysannerie africaine ne peut donner que la planète des bidonvilles"
    APS | 14 décembre 2016

       "L'accaparement des terres est une voie sans issue" selon Pr Samir Amin

    Dakar, 14 déc (APS) -- L'universitaire franco-égyptien, le Professeur Samir Amin considère la problématique de l'expropriation des terres comme "une voie sans issue" qui a accéléré "la désagrégation de la paysannerie africaine" et provoqué une émigration en direction des villes ou vers l'étranger.

    "La ligne générale du développement du capitalisme à travers l'histoire est fondée sur l'expropriation de la majorité de la paysannerie et donc entraînant, entre autres, une émigration des campagnes vers les villes ou vers l'étranger ou les deux en même temps", a dit Pr Amin.

    Dans un entretien publié dans l'édition de mercredi du quotidien Le Soleil, le théoricien principal de l'antimondialisme, puis de l'altermondialisme précise que c'est "dans la mesure où cette migration se fait en direction des villes".

    "Cette ligne de développement proposée par la Banque mondiale, l'Union européenne, par tout le monde, est une voie sans issue parce qu'une accélération de la paysannerie africaine ne peut donner que la planète des bidonvilles", a soutenu Pr Amin.

    Pour le professeur agrégé en sciences économiques, "aucun rythme de développement industriel moderne ne pourrait l'absorber et, c'est presque la presque totalité de la croissance de la population urbaine qui s'oriente vers le travail informel".

    En raison de cette situation, "le pourcentage absorbé par la croissance des formes de travail salarié moderne est minime", a soutenu encore l'économiste franco-égyptien, par ailleurs directeur du Forum du Tiers-monde et président du Forum mondial des alternatives.

    Pr Samir Amin a souligné la nécessité d'imaginer "une autre voie de développement, fondée sur le maintien de l'agriculture paysanne'', en faisant valoir que "ce n'est pas un hasard que cette ligne ait avancé un peu plus en Chine qu'ailleurs à travers le monde".

    Concernant le Sénégal, il estime tout au moins que "la présentation sur la loi de 1964 qui protège la paysannerie sénégalaise d'une expropriation accélérée, ouvre la possibilité à un choix de se fonder principalement sur la rénovation de l'agriculture paysanne".

    Pr Samir Amin a participé à un symposium organisé récemment à Dakar sur le thème "De la souveraineté comme objectif central dans la lutte pour la démocratie et le progrès social durables en Afrique?".

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  •                                                               2015   123 p.   9 € 

       L'ère des énergies fossile abondantes et bon marché des XXe et XXIe siècle a favorisé le déploiement des voies rapides et des grands bassins urbains, effaçant radicalement les configurations territoriales héritées des âges précédents.
       Aujourd'hui, la raréfaction de ces ressources et les menaces que notre mode de développement fait peser sur le fonctionnement de l'atmosphère terrestre comme sur le milieu vivant invitent nos sociétés à revoir leur modèle et à l'affiner.
      Pour remédier au gaspillage des terres dû à l'urbanisation incoordonnée, pour éviter le temps excessif passé dans les trajets et les déséquilibres graves sur les écosystèmes qu'induisent les modes d'exploitation intensifs de l'agriculture, nous devons imaginer des solutions neuves.
      Le monde de l'après-pétrole reste à inventer. En retrouvant le fil conducteur du paysage et de ses spécificités, en se fondant sur les singularités locales, en associant les habitants aux décisions à prendre, la transition vers un développement durable et harmonieux en sera facilitée. Une nouvelle voie s'ouvre en faveur d'un aménagement des territoires plus économe et susceptible d'apporter une vie meilleure aux générations à venir.

       Régis Ambroise, ingénieur agronome et urbaniste, est un spécialiste des relations entre paysage, agriculture et développement durable.

       Odile Marcel, philosophe et écrivain, a contribué à l'émergence récente d'une culture du paysage et à sa diffusion dons le domaine du développement local et de l'agri-environnement.


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  •                                                              2015   140 p.   16 € 

       Notre époque fait le grand écart entre des connaissances ouvrant sur une utopie galopante et d'autres annonciatrices d'un abîme lié au modèle de développement qui domine le monde.
      La contradiction est béante.
      Un terme, celui de "transition écologique", est mobilisé, qui fait office de mot d'ordre pour la résoudre.
      Puisant dans l'histoire des deux siècles hérités de ladite "Révolution industrielle", Marcel Jollivet esquisse le chemin de la prise de conscience des risques que l'humanité encourt en raison de ses agissements.
      Il en ressort l'importance du rôle que la société civile et la recherche ont joué dans cette prise de conscience. La radicalité des mutations sociétales à accomplir fait que la transition qui s'impose ne sera "écologique", au sens strict du terme, que si elle est appropriée par les citoyens.
      Il faut pour cela qu'advienne une véritable "démocratie technique et écologique participative". Cet avènement ne se produira que s'il est imposé par une mobilisation des forces vives de la société civile qui en portent le projet.
      En tant que participant de ces forces vives, les chercheurs ont tout particulièrement à s'interroger sur leur façon d'y contribuer. L'approfondissement du dialogue entre eux et la "société civile organisée" est la cheville ouvrière de la mobilisation nécessaire.

       Marcel Jollivet a été chercheur en sociologie rurale au CNRS. Ses réflexions portent aujourd'hui sur les rapports sciences /sociétés.


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  •  
                                                                                2015    132 p.   16 €
      
       Cela fait presque cinquante ans qu'en marge de l'Etat et des entreprises, les ONG humanitaires françaises ont développé un modèle social, économique et politique de la solidarité internationale. Fondé sur l'action de terrain, le témoignage et le financement citoyen, il participe du développement d'une société civile parlante, agissante et indépendante.
       Aujourd'hui, ce modèle est en danger, de plus en plus courtisé par les entreprises qui ont peut-être trouvé dans l'Etat un allié objectif. Au prétexte de la baisse des financements institutionnels, de la réhabilitation des entreprises qui seraient devenues socialement responsables et de l'union sacrée contre les maux qui ravagent la planète, un écosystème néolibéral s'installe progressivement autour des ONG humanitaires.
      L'ouvrage de Boris Martin vise à décrypter cette emprise de plus en plus forte qui entonne l'hymne de la réforme comme les politiques invoquent le mot-déclic de "changement". Chemin faisant, l'auteur revient aux sources du mouvement French doctors et le situe par rapport à d'autres acteurs tentés de capter le label humanitaire.
      Loin de faire l'impasse sur les difficultés et les ambiguïtés du monde humanitaire, mais prenant résolument sa défense, ce livre est un plaidoyer pour que les ONG humanitaires défendent leurs spécificités et leur richesse, qui font d'elles un des derniers contrepouvoirs à la puissance de l'Etat et de l'économie de marché.

       Boris Martin est rédacteur en chef de la revue Humanitaire, éditeur-rewriter indépendant et auteur. Il a publié des essais, récits et fictions, dont certains ont été traduits en anglais, chinois, japonais et allemand.

      -L'Adieu à l'humanitaire ? est son dixième livre.


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  • 2016    224 p.   7,50 €

         Amis de longue date, Jean-Marie Pelt et Pierre Rabhi mènent une réflexion commune, par-delà les désespérances de notre temps, et livrent une vision optimiste selon laquelle une authentique et massive "insurrection des consciences" est nécessaire pour aboutir à un monde plus juste et fraternel.

        Président de l’Institut européen d’écologie, Jean-Marie Pelt fut un botaniste-écologiste qu’on ne présente plus. Écologiste, il l' a été bien avant l’heure et il s'est fait connaître par ses nombreux ouvrages dont les plus récents chez Fayard sont :

      -La Terre en héritage (2000, 2003),

      -Les Nouveaux Remèdes naturels (2001, 2003),

      -L’Avenir droit dans les yeux (2003),

      -Le Nouveau Tour du monde d’un écologiste (2005),

      -C’est vert et ça marche !(2007),

      -Nature et Spiritualité (2008),

     Disparu en 2015, il laisse derrière lui une soixantaine d'ouvrages.  

        Pierre Rabhi, écologiste convaincu, expert international en agro-écologie, est également philosophe et écrivain.


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  • 2016    231 p.   17,90 €

        Figure du sage appelant à l' « insurrection des consciences » et au refus de toute aliénation consumériste, Pierre Rabhi est aujourd'hui le chantre de la sobriété librement consentie. Servis par un indéniable sens de la formule, ses appels à la modération et au respect de la terre emportent une adhésion considérable.
       Devenu un porte-parole de l'agroécologie pensée comme une éthique de vie mais aussi un philosophe du changement de paradigme, il ne s'était cependant jusqu'alors jamais exprimé sur nombre de sujets touchant autant à sa biographie et à son expérience qu'à son regard sur le monde et l'histoire.
       Nostalgie, peur et amour, violence, hospitalité et migration, libéralisme, démocratie et politique, Sahara, Europe et Israël, Krishnamurti, Albert Einstein et René Dumont, Shoah, guerre de 1914 et « Marseillaise », OGM et privatisation du vivant figurent parmi les thèmes abordés « en toute liberté ».
       Cet abécédaire intime vient à point pour éclairer les racines de sa propre « insurrection » et de son intime conviction : en nous changeant nous-mêmes, nous pouvons changer le monde. 
     

        Pierre Rabhi, agriculteur, est un essayiste, romancier et poète français, fondateur du mouvement Colibris. Il est l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels:

       -Manifeste pour la Terre et l'Humanisme (Actes Sud, 2008),

       -Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010),

       -Eloge du génie créateur de la société civile (Actes Sud, 2011),

       -La Puissance de la modération (Hozhoni, 2015).


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                                                                  2015    386 p.    25 €
     
       Ce livre constitue une tentative originale de construire une "phénoménologie des nourritures", en partant d'intuitions de Levinas sur les dimensions qui inscrivent l'existence individuelle dans un "vivre-de" : dépendances à l'égard du monde, des aliments, d'autrui, qui rompent avec toute image du sujet maître et autonome au profit d'une subjectivité toujours prise dans des relations.
      Cette philosophie du corps implique de réviser l'approche de "l'être-là" étrangement "désincarné" que l'on trouvait, notamment, chez Heidegger.
      C. Pelluchon entend tirer toutes les conséquences politiques de cette phénoménologie qui se développe ainsi en une philosophie de l'écologie. Mais cette écologie ne se cache pas d'être une construction politique et sociale, un "nouveau contrat social" qui revendique l'héritage des Lumières (Locke, Rousseau...).
       Le livre aborde aussi la question de la transformation de la démocratie dans un sens plus délibératif, capable de faire place à ces exigences de justice de long terme, envers les générations futures, les animaux, etc.
       L'ouvrage explore ainsi des phénomènes très peu abordés par la philosophie et qui affectent cependant la vie d'un grand nombre de personnes aujourd'hui : la faim, mais aussi la malnutrition, l'anorexie et la boulimie. D'autre part, il tranche avec une grande part de la pensée critique contemporaine en assumant une vision ouverte à la pluralité discursive et joyeuse, une apologie du goût et du plaisir de manger.

       Professeur de philosophie à l'université de Besançon, Corine Pelluchon, après une thèse remarquée sur Leo Strauss, a développé une réflexion originale de philosophie morale qui en fait une spécialiste reconnue de bioéthique. Elle a notamment publié:

       -Eléments pour une éthique de la vulnérabilité (Cerf).


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  • 2016    213 p.   16 €

        Depuis trente ans, la France a sacrifié sa jeunesse plus que n'importe quelle autre économie développée pour conserver un modèle social que nous serons incapables de transmettre à nos enfants.
       Ce choix du passé au détriment de l'avenir est à la source d'une spirale de déclassement et d'inégalités nouvelles : en minant la "civilisation de classes moyennes" qui définissait le projet des démocraties modernes, il réduit à néant l'ambition de laisser à la génération suivante un monde meilleur. Pourtant, ces réalités criantes font l'objet d'un formidable déni : les classes moyennes, affirme-t-on, seraient relativement épargnées par la crise ; la paupérisation des jeunes serait quant à elle concentrée sur les moins diplômés et les solidarités familiales compenseraient les difficultés transitoires des autres.
       A partir de données et de comparaisons internationales inédites, Louis Chauvel récuse définitivement ces argumentaires convenus et dénonce les illusions qui les sous-tendent. Il ne s'agit pas de substituer aux inégalités de classes la fracture des générations, mais de montrer la complémentarité de leur dynamique : à raison du creusement des inégalités patrimoniales, les écarts au sein des nouvelles générations sont appelés à se radicaliser entre héritiers protégés par leurs "garanties" familiales et détenteurs de diplômes dévalorisés.
       Dès lors, les dénégations qu'on oppose aux difficultés réelles qu'expriment les classes moyennes et les jeunes ne peuvent qu'aiguiser les frustrations et un ressentiment général dont la traduction politique se fait déjà jour.

        Louis Chauvel, professeur à l'université du Luxembourg, est chercheur associé à Sciences Po et membre honoraire de l'Institut universitaire de France. Il est notamment l'auteur du

       -Destin des générations (PUF, 1998 ; rééd Quadrige, 2014) et des

       -Classes moyennes à la dérive (Seuil/La République des idées, 2006).


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