• Téléthon : quand les controverses s'accumulent

    Par Sabah Kemel Kaddouri , Service infographie du Figaro

    Publié le 05/12/2014 à 12:26

    Photo d'illustration - Crédits: AFP

    INFOGRAPHIE - Depuis sa création en 1987 dans le but de soutenir la recherche contre les myopathies, le succès de ce marathon médiatique lui a attiré quelques piques plus ou moins acérées. Retour sur ces polémiques.

    Baromètre de la générosité des Français à chaque fin d'année, le Téléthon est en ordre de bataille pour le lancement de sa 28ème édition vendredi. Depuis le temps, la machine est bien rôdée: compteur géant qui s'affole au gré des promesses de dons, prestigieux parrains, exploits sportifs retransmis en direct, le Téléthon donne bien des vertiges! Parfois aussi de grosses sueurs. Depuis moins de dix années, l'événement commence à accumuler quelques polémiques au compteur. Retour sur les plus marquantes.

    2006, les premières attaques

    Une partie de l'Église catholique critique l'affectation de 2% des dons à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Plusieurs religieux réaffirment leur attachement au «respect de la vie dès son commencement». Les organisateurs sont confrontés à une menace de boycott que le cardinal Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des évêques de France, finira par écarter: «l'Eglise catholique n'appelle pas au boycott». Pour autant, il ne souhaitera pas convier les fidèles à ouvrir leurs bourses.

    L'affaire se révèle suffisamment grave pour déclencher une sortie médiatique au sommet de l'État. Ainsi Jacques Chirac affiche son soutien à l'opération. Quant à l'Association française contre les myopathies, elle choisit de répliquer par la transparence, soulignant que l'utilisation des fonds est un sujet porté à la connaissance du public.

    2009, les déclarations chocs de Pierre Bergé

    «Le Téléthon parasite la générosité des français, la capte d'une manière populiste en exhibant le malheur des enfants myopathes». Le richissime homme d'affaires jette un pavé dans la mare. Selon Pierre Bergé, il serait plus vertueux de redistribuer les sommes perçues entre les associations moins bien dotées. Ses protestations trouvent un écho chez d'autres personnalités à l'instar de Line Renaud qui les justifient: «Il a été très courageux de signaler ce problème (...) il y a trop d'argent au Téléthon, trop!». Une façon de mettre l'accent sur ces associations «laissées-pour-compte» comme celles engagées dans la lutte contre le Sida. La charge du mécène de gauche est doublement virulente puisqu'il est aussi question de l'exhibition d'enfants malades entre deux écrans publicitaires.

    Le sujet est décidément politique car, de nouveau, certains élus s'expriment sur la question. Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, tente de rassurer Pierre Bergé. Elle déclare «entendre dans [son] cri, le cri des associations qui se mobilisent sur le Sida». Tout en ajoutant que l'État ne se désengagerait pas sur ce front. À gauche, Manuel Valls, qui siège à l'Assemblée nationale, évoque «une faute grave» et fustige les propos de ce proche de Ségolène Royal. Les responsables de l'AFM encaissent.

    2010, «Mettre Miss France face au Téléthon est lâche»

    C'est ce que déclare Nagui à l'adresse de TF1. Après les propos de l'animateur, plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer «la concurrence déloyale» de la une. Entre la célébration de la beauté et la mise en lumière des maladies incurables, les téléspectateurs tranchent souvent pour le premier choix, d'après les audiences. D'autres animateurs, comme Jean-Marc Morandini, relativisent en vantant les formidables sommes récoltées par le Téléthon et rappellent aussi que la première chaîne n'oublie pas d'inclure en fin de programme «un appel aux dons».

    2013, les amis des bêtes montent au créneau

    Des mouvements de protection animale interpellent l'AFM sur les expérimentations en laboratoire. Cette dernière est accusée de pratiquer et financer la vivisection à grande échelle. Des militants veulent sensibiliser le public sur les coulisses de la recherche. Ces derniers déclarent avoir rencontré «non sans mal» des praticiens au service du Téléthon qui leurs confient: «Vous comprenez, on ne peut pas montrer ça aux gens». En filigranne, la souffrance infligée aux chiens «génétiquement modifiés» pour naître myopathes. L'élevage canin subit différents protocoles expérimentaux afin de «faire progresser la recherche». Les activistes qui parlent d'omerta dans ce milieu, veulent briser le plafond de verre pour faire bouger les lignes. La direction de l'AFM prend le parti de reconnaître publiquement le recours aux essais animaliers, «sous strict respect de la législation en vigueur». Ce nouveau coup de griffe est appelé à perdurer aux dires des organismes de protection des animaux.

    2014, quand le Téléthon pèse (trop) sur les finances d'une ville

    Joris Hébrard, maire FN du Pontet (Vaucluse), ne maintient pas la manifestation. Trop coûteuse pour la ville. Dans son plaidoyer, l'élu frontiste met en avant les 50 millions de dette de sa commune, «nous sommes obligés de faire des économies». L'AFM reçoit une contre-proposition, celle de mettre à disposition «les installations» du Pontet «sans apport humain, ni financier». Toutefois, ce phénomène n'est pas complètement nouveau. Plusieurs municipalités ont déjà communiqué sur les arbitrages financiers soulevés par une telle organisation.


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  •   Téléthon 2011 : une escroquerie très rentable démasquée

      http://www.wikistrike.com/article-l-arnaque-du-telethon-121490466.html

    h-4-2652695-1322982249-copie-3.jpgTELETHON VIVISECTION ! Un rapport qui fait mal : la Cour des comptes épingle l'utilisation des dons par l'AFM Association Française contre les Myopathies...

    SANS GENES l'AFM !

    On pourrait dire que l'AFM a de mauvais gènes, en inversant  l'accent de la corde sensible. Dans notre série ANTI TELETHON ANTI VIVISECTION, nous avons trouvé cet article relatant le profit personnel retiré des dons du Téléthon par  la directrice de l'AFM, Association Française contre les Myopathies.

    Il n'y aurait pas de raison pour que cela change en 2011 quand on voit ce charity showbizness qui fait de moins en moins l'unanimité,l'élection des miss France attirant plus d'audience. Sacrées rémunérations, achat de maison, avantages en nature et suppléments de voyages d'agrément, facture de France Télévision inclus, c'est ce qu'on lit sur le rapport de la Cour des Comptes 2004. Ca fait mal mais ça nous serait bien égal si l'AFM ne tuait pas des animaux pour ses recherches et ne décevait pas l'espoir des malades. Et si  elle ne faisait pas  APPEL A LA SOLIDARITE NATIONALE représentant des dizaines de millions d'euros chaque année, en plus des dons hors antenne et l'Etat. L'AFM un business comme un autre.  

    Elle n'est pas la seule : l'UNICEF France fait aussi appel à la générosité alors qu'elle soutient l'horrifiante torture en public des taureaux, avec ses dons, en se trouvant dans les villes amies des enfants pour faire la fiesta avec eux lors des corridas. Elle pervertit les enfants sans remplir aucune mission pédagogique (voir nos pages mot clé : Unicef France). Mais l'AFM brasse des sommes considérables pour d'hypothétiques résultats et ça fait beaucoup réfléchir en ces temps de "crise de la dette des grandes fortunes". Elle multiplie les articles pour se défendre contre les anti Téléthon, qui sont pourtant aussi des scientifiques et pas seulement en France, et les présente comme insensibles à la détresse des malades, un sujet inattaquable dont ils ne sont pas dupes.

      Justement, le CLAM Collectif de Libération Animale de Montepllier avait mis en ligne dès le 2 octobre 2011 un modèle de lettre à envoyer à l'AFM pour demander des comptes, officialiser la vérité sur les meurtres d'animaux et justifier un refus de donhttp://clam34.org/spip.php?article704  : Soyons nombreux à exiger une science moderne, performante, et réellement éthique, à la hauteur de la générosité des français !  

     SES METHODES DE RECHERCHE SONT PERIMEES ET INUTILES ! 

    De quoi faire pleurer à chaudes larmes les donateurs mais surtout les malades et leurs familles qui attendent si désespérement des solutions de la science et aussi les TROIS MILLIONS d'animaux innocents cruellement massacrés chaque année pour rien ! Exactement pour rien. Il est attesté que le "succès" de la torture sur les animaux n'est fiable que de 37 à 50 % : c'est aussi aléatoire que de jouer à pile ou face(Antidote Europe, notre article La charité pour l'enfer !).

     Les chercheurs modernes sensés et progressistes tirent la sonnette d'alarme : il faut passer aux moyens substitutifs, beaucoup plus rapides et moins chers qui existent depuis longtemps ! Malgré cela, l'AFM continue, depuis 25 ANS que dure le Téléthon, à assassiner, à perdre un temps pourtant si précieux et l'argent des dons, provenant majoritairement  des braves "Français moyens" émus et charitables. Mais on oublie aussi les énormes subventions que le gouvernement lui verse pour mener grand train. Un gouffre. Le Téléthon serait devenu un  véritable  système de fonctionnement, une vieille institution poussiéreuse qui rémunère une foule de services satellites (industrie de l'élevage d'animaux de laboratoire compris) et de personnes enracinées dans un confort 5 étoiles -sauf les bas salaires- auquel personne ne semble prêt à renoncer pour la cause. C'est sûr que ça n'avancera pas ainsi.   

    Oui c'est la tête d'un pauvre chat décapité dans le formol. Que lui est-il arrivé ? Il a été "expérimenté" pour ses cordes vocales... Les maladies génétiques restent incurables parce que les méthodes de recherche sont inapplicables aux animaux. Puissent les hurlements des animaux parvenir à l'AFM afin que la  science progresse et cesse cette abomination !      

    "Téléthon : La directrice s’achète une maison et des rémunérations à 100 000 euros (avec vos dons)" 

    "Pierre Bergé (note d'Unanimus : co-fondateur de Sidaction, mécène, PDG et ami de feu Yves Saint Laurent) a déclaré que l’Association Française contre les Myopathies réalise des achats immobiliers avec les dons du Téléthon. Est-ce vrai ?

    Que lit-on dans le rapport de la Cour des comptes sur l’AFM (qui date de 2004)?
    Des choses étonnantes.
    Notamment à la page 79 du rapport.

    –  L’achat d’une maison dans l’Essonne pour la directrice générale de l’association
    Or, note la Cour des Comptes: « bien que l’AFM ait exposé chaque année dans son rapport annuel la composition de l’ensemble de son patrimoine immobilier, cette maison n’y a jamais figuré. Les donateurs n’ont donc pas eu connaissance de son achat, de son utilisation ou de son coût. »

    D’autres pratiques de gestion de l’association sont également critiquables: la Cour évoque des rémunérations supérieures à 100 000 euros bruts (page 8.).

    Et sans parler de ce paragraphe étonnant (page 81): « De même, à l’occasion d’une mission à Papetee, un cadre de l’association est allé passer un samedi et un dimanche à Bora-Bora : le coût du trajet en avion entre Papetee et Bora-Bora ainsi que celui de l’hébergement et de la restauration ont été imputés en missions sociales dans le compte d’emploi. »
    Note de la rédaction du Post: l’association a reçu le prix « Cristal de la transparence en 1998 rappelle Bakchich, qui a effectué un comparatif entre l’AFM et le Sidaction. !!!  

    Sur RMC, Marc Reidiboym, auteur d’un livre sur les comptes des associations Donateurs si vous saviez, explique: « l’AFM a des pratiques critiquables… comme la plupart des associations. Certains investissements immobiliers se sont avérés hasardeux (l’achat d’un centre de conférence sous-utilisé sans l’Essonne). 

    – La facture de France Télévisions pour le coût de la réalisation de l’émission augmente chaque année. Il y a de la transparence, mais il n’y en a pas assez ».
    (Sources: Bakchich, RMC, Cour des Comptes)

    – Le total des indemnités versées (indemnités conventionnelles et transactionnelles) a été de 192.655 euros et 191.728 euros pour deux autres cadres de direction partis respectivement après quatorze et quinze années passées à l’AFM.D

    – Les avantages en nature

    Un certain nombre d’avantages ont été consentis par l’AFM à plusieurs salarié

    35.1 – Logement de fonction Après la nomination de sa directrice générale en 1991, l’AFM a acquis une maison dans l’Essonne pour 0,256 M »36″ ; bien que la directrice générale ait quitté l’AFM en 1998, elle a occupé cette maison jusqu’au milieu de l’année 1999″37″. Si l’achat de la maison a été, comme le prévoient les statuts de l’association, approuvé par l’assemblée générale, le procès-verbal de celle-ci ne fait pas apparaître que la destination de la maison avait été portée à la connaissance des adhérents.

     L’AFM a invoqué pour justifier l’achat de ce bien immobilier la nécessité de loger son directeur général dans l’Essonne. Cependant, aucun autre directeur général de l’AFM n’a résidé ou ne réside dans l’Essonne ni n’a bénéficié d’un logement de fonction. Or les associations reconnues d’utilité publique « ne peuvent posséder ou acquérir d’autres immeubles que ceux nécessaires au but qu’elles se proposent », selon l’article 11modifié de la loi du 1er juillet 1901.

      Bien que l’AFM ait exposé chaque année dans son rapport annuel la composition de l’ensemble de son patrimoine immobilier, cette maison n’y a jamais figuré. Les donateurs n’ont donc pas eu connaissance de son achat, de son utilisation ou de son coût.
       
    35) L’association n’a pas toujours communiqué à ce sujet au cours de l’instruction des informations cohérentes avec les documents comptables. Dans plusieurs cas, une première réponse présentait les pratiques de l’AFM sous un jour plus modeste et plus conforme aux dispositions législatives et réglementaires que dans la réalité.  

    36) Cette maison comprend cinq chambres et un jardin de 1000 m². 

    37) Elle a ensuite été louée par l’AFM à une société, puis revendue en 2003 avec une moins value de 30 490 euros."

    SOURCE : http://pensetouseul.unblog.fr/2009/11/23/telethonla-directrice-sachete-une-maison-et-des-remunerations-a-100-000-euros-avec-vos-dons/

    Relayé en clair par LE COIN UTILE : http://lecoinutile.com/?p=4987 

    Unanimus.overblog


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  • La pollution atmosphérique liée à l'autisme

    Psychomédia    Publié le 12 novembre 2018
       L'exposition aux particules fines (PM2,5) de la pollution atmosphérique est liée à un risque accru de 78 % de trouble du spectre autistique (TSA), selon une étude publiée en novembre dans la revue Environment International.
     

       L'étude a été menée par des chercheurs australiens, chinois, britanniques et québécois (Université McGill) avec 124 enfants atteints de TSA et 1 240 enfants en bonne santé de Shanghai. Les enfants ont été suivis de la naissance à l'âge de trois ans.

       Yuming Guo de l'Université Monash et ses collègues ont examiné les effets sur la santé de particules PM1, PM2,5, PM10. Ces fines particules en suspension dans l'air sont les sous-produits des émissions des usines, des véhicules, des activités de construction et de la poussière routière. Plus les particules sont petites, plus elles sont capables de pénétrer dans les poumons et d'entrer dans la circulation sanguine, ce qui cause un éventail de problèmes de santé sérieux.

       Il n'y a pas de niveaux sécuritaires de pollution, estime le chercheur.

    « Malgré le fait que les particules plus petites, les PM1, sont plus nocives, il n'y a pas de norme ou de politique mondiale pour la pollution atmosphérique par les PM1 », souligne-t-il.

       Ces résultats s'ajoutent à ceux d'études précédentes qui ont déjà établi un lien entre l'exposition prénatale à la pollution atmosphérique et les troubles du spectre de l'autisme chez les enfants, précisent les chercheurs.

    • Autisme et pollution : l'interaction entre gènes et ozone multiplie le risque par 10

    • Critères diagnostiques des troubles du spectre de l'autisme (DSM-5)

    Pour plus d'informations sur l'autisme et sur les liens entre la pollution et l'autisme, voyez les liens plus bas.

       Psychomédia avec sources : Monash University, Environment International.
    Tous droits réservés.

    Voyez également : (sur psychomédia)
    • L'hypersensibilité chimique chez la mère liée à l'autisme et au TDAH chez l'enfant
    • Autisme : la pollution atmosphérique liée à un risque accru, confirme une étude
    • TEST : Avez-vous des traits autistiques ? (Quotient du spectre de l'autisme chez l'adulte)

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  • Le lobbying pharmaceutique représenterait 14 millions de liens d'intérêt avec divers professionnels de santé

    Journal de 8 h par Rédaction, Clara Lecocq Réale et Sophie Delpont

    tous les jours de 8h à 8h15     13/11/2018

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  • Eloge des mauvaises herbes (Collectif)

                                                                    2018   180 p.   14 €

       Pour la première fois, des intellectuels et des écrivains prennent parti pour la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ils expliquent que la "zone à défendre" est bien plus qu'un bout de bocage. Dans un monde où tout doit être normé, catalogué, mesuré, homogénéisé, s'y inventent de nouvelles formes de vie et de liberté.

      C'est une percée de mauvaises herbes dans un paysage artificialisé, calibré, et bétonné.

      Sur la ZAD, on existe en commun et on cohabite avec la nature. On partage des rêves et des outils. On sort de l'emprise du marché en construisant sa cabane en terre-paille. On redonne du sens au travail en élevant des vaches et en prenant soin de la forêt. On échappe au couperet de l'Etat en cultivant les solidarités et l'accueil.    

     On lutte en dormant et on prépare les alternatives en occupant des terres. Ce n'est pas une utopie, c'est notre réalité de demain qui prend forme sous nos yeux.


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  • 2016      90 p   .10 €

      La domination techno-scientifique du monde atteint un tel degré que ses effets dépassent en ampleur les modifications du climat et de l'environnement par les forces de la nature. À cette emprise, nos société répondent qu'il n'est pas de problème qui ne puisse recevoir une solution technique. Loin de sauver la planète ou la croissance, la nouvelle révolution industrielle - basée sur les soi-disant technologies « vertes », les réseaux de l'information ou encore les nano-bio-technologies - est un mirage qui accélère la fragilité de nos sociétés. Nous savons que la trajectoire actuelle mène au désastre. Alors pourquoi semblons-nous incapable de la modifier ?

       Né en 1973, Luc Richard est parti s'installer à Pékin en 2002. Il parle désormais chinois couramment, et pige pour quelques journaux qui lui commandent des articles sur la Chine. Il a circulé dans tout le pays, tel un vagabond, à plusieurs reprises : il n'hésite jamais à aborder les gens et à discuter avec eux. Il a également publié aux éditions Mille et une nuits, en collaboration,

       -La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? : les dégâts du libéral-communisme en Chine et dans le monde (2005),

       -Pékin 2008 : pourquoi la Chine a déjà gagné (2008) et

       -Le Vampire du milieu : comment la Chine nous dicte sa loi (2010).


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  •    Chaque jour, près de 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d'enfants) respirent un air si pollué que leur santé et leur développement sont gravement mis en danger. Nombreux sont ceux qui vont en mourir : l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu'en 2016, 600 000 enfants sont décédés d'infections aiguës des voies respiratoires inférieures dues à la pollution de l'air.. organisée par l'OMS sur la pollution de l'air et la santé[1].

     Plus de 90% des enfants dans le monde respirent un air pollué

    © Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info - Licence : Tous droits réservés

    À l'échelle mondiale, 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde sont exposés à des niveaux de particules fines dans l'air ambiant (PM2,5) supérieurs aux niveaux préconisés par les lignes directrices de l'OMS sur la qualité de l'air, parmi lesquels 630 millions d'enfants de moins de cinq ans, et 1,8 milliard d'enfants de moins de 15 ans.

    Dans les pays à revenu faible et intermédiaire du monde entier, 98% des enfants de moins de cinq ans sont exposés à des niveaux de particules fines dans l'air ambiant (PM2,5) supérieurs aux niveaux préconisés par les lignes directrices de l'OMS sur la qualité de l'air. Par comparaison, dans les pays à revenu élevé, 52% des enfants sont exposés à des niveaux supérieurs aux niveaux recommandés par l'OMS.

    Plus de 40% de la population mondiale – dont 1 milliard d'enfants de moins de 15 ans – est exposée à des niveaux élevés de pollution de l'air à l'intérieur des habitations, essentiellement dus aux techniques et combustibles polluants utilisés pour cuisiner.

    Environ 600 000 décès chez des enfants de moins de 15 ans ont été attribués aux effets conjoints de la pollution de l'air ambiant et de l'air à l'intérieur des habitations en 2016.

    Sur le même sujet : (sur https://www.notre-planete.info/actualites/3-enfants-mortalite-pollution-air-monde)
    • Résultats du programme Apheis sur la pollution atmosphérique
    • La pollution atmosphérique augmente le risque d'avoir des bébés de faibles poids et autistes
    • Protégeons les enfants des radiofréquences présentes dans les gadgets électroniques
    • 48 000 morts par an à cause de la pollution de l'air en France

    Cumulées, la pollution de l'air intérieur due à la cuisson des aliments et la pollution de l'air ambiant (extérieur) causent plus de 50% des infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez les enfants de moins de cinq ans dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

    Lire la suite...


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  • Ce qui compte vraiment (Fabrice NICOLINO )

                                                                  2017     224 p.    18 €

       Face à l'urgence politico-climatique, l'auteur s'insurge. Prônant à la fois des actions concrètes et un changement de regard sur nos sociétés et leurs écosystèmes, il rappelle le caractère impératif d'une sortie de la culture capitaliste.
      En effet, cette dernière met l'homme en situation de grand péril car elle menace directement son existence. Pour espérer sortir de l'ornière, il est indispensable de prendre conscience des bases sur lesquelles sont fondées nos sociétés en réalisant un véritable virage anthropologique.
       Il propose par exemple d'instituer l'eau en élément sacré afin de réparer une nature détruite par l'économie. À travers cet ouvrage, l'auteur propose un véritable retour aux équilibres naturels seuls capables de résoudre les crises successives que nous traversons et de soutenir l'aventure humaine.
       Un livre, contre-point à une campagne pour la présidentielle qui oublie soigneusement de parler de ce qui compte vraiment, à la fois inspiré par la colère et plein d'espoir pour qui veut entendre que l'on peut croire encore à de nouveaux horizons. 
     

       Fabrice Nicolino est journaliste. Il est notamment l'auteur de:

       -Un empoisonnement universel. Comment les produits chimiques ont envahi la planète, aux éditions Les liens qui libèrent, et de

       -Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu'est devenue l'agriculture, aux éditions Les Echappés.


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  • Petit traité d'écologie humaine (Philippe SAINT-MARC)

                                                                  2017    674 p.   24 € 

         Au moment où sur l'Ecologie le Pape François publie une Encyclopédie et 2 livres d'interviews, ce livre d un des plus grands spécialistes de l'environnement vient à son heure. Philippe Saint Marc s'est en effet consacré depuis 50 ans à l'étude et à la mise en oeuvre de l'Ecologie pour guérir la France du rejet de société dont elle souffre dramatiquement en étant en proie à la violence et aux comportements de fuite (drogue, dépression, suicide). Pour illustrer ce combat 3 livres retentissants:
      -« Socialisation de la Nature » (1972)
      -« l'Economie barbare » (1994)
      -« L'Ecologie au secours de la vie » (2004)
     la Présidence de la Mission d'Aménagement de la Côte Aquitaine, et la création de la SIRES pour unir médecins et écologistes dans la lutte contre les causes écologiques des grandes pathologies. A la clef de cet engagement, on a pu assister au lancement par l'Etat des « Plans pluriannuels Environnement-Santé » visant, grâce à l'humanisme écologique, à s'attaquer aux causes physiques, sociales et spirituelles de la crise croissante de l'Homme avec une synthèse originale de l'environnement dans ces trois dimensions. 
     

        Philippe Saint Marc, major de l'ENA, pionnier de l'écologie, a consacré sa vie à imaginer et à promouvoir un humanisme écologique établissant une alliance épanouissante et pérenne entre l'Homme et son environnement.


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  • Le messie des plantes (Carlos MAGDALENA)

                                                                  2018    304 p.  20,90€ 

       Carlos Magdalena s’est fait une spécialité de rapporter, de ses expéditions à travers le monde, les espèces végétales les plus rares, les plantes les plus belles, les derniers spécimens en voie de disparition. Horticulteur et botaniste au célèbre Kew Garden, près de Londres, le jardin réunissant la plus grande diversité végétale au monde, il a sous sa responsabilité plus de 7  000  espèces dans sa nursery, une véritable «  arche de Noé voyageant à travers le temps  » pour les fleurs et les arbres. Son combat  : sauver les espèces rares de la disparition écologique.
       Dans cet ouvrage, Carlos Magdalena fait le récit personnel et vivant de son parcours et, surtout, de ses voyages dans les lieux les plus reculés et dangereux – des jungles de l’île Maurice aux zones les plus inaccessibles du bush australien. Il y décrit aussi ces techniques innovantes pour pousser les plantes à se développer.
      Mais ce livre est avant tout un recueil d’histoires extraordinaires, sur les secrets des plantes extraordinaires  !

       Carlos Magdalena est né en 1972 en Espagne. Botaniste, il est aujourd'hui responsable de la "nursery tropicale" du Kew Garden.


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  • La tragédie de la croissance (Gilbert RIST)

                                                                     2018    180 p.    14 €

       "Chacun comprend aisément qu'une croissance infinie dans un monde fini est impossible, tout en agissant comme si cela n'était pas vrai. Nous sommes collectivement affligés d'une dissonance cognitive : pour assurer notre confort psychique, nous renonçons à considérer la vérité qui nous embarrasse en espérant que, finalement - mais sans trop savoir comment - tout finira par s'arranger. ". 
      En réalité nous savons comment sortir de l'impasse. Pour nous guérir de notre addiction à la croissance, nous devons restaurer la notion de biens communs, réhabiliter la réciprocité, en finir avec l'endettement, renouer le dialogue avec la nature.

       Gilbert Rist est professeur émérite de l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID, ex-IUED) à Genève. Il a dirigé le Centre Europe-Tiers Monde et collaboré avec l'Université des Nations unies. Il est notamment l'auteur du

        -Développement. Histoire d'une croyance occidentale (4e édition, 2013) et de

       - L'Economie ordinaire entre songes en mensonges (2010) aux Presses de Sciences Po.


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  • Acheter autant de vêtements pollue plus que le trafic aérien et maritime mondial réunis

    En l'espace de 15 ans, la consommation occidentale de vêtements a doublé, alors que nous les conservons deux fois moins longtemps. A l'occasion de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets (SERD) du 17 au 25 novembre 2018, France Nature Environnement s'est penchée de plus près sur les impacts de l'industrie textile sur l'environnement.

    Chaque année, c'est plus de 100 milliards de vêtements et accessoires qui sont vendus à travers le monde : une consommation qui a doublé en seulement 15 ans et qui illustre le nouveau phénomène de la « mode jetable » ou « fast fashion ». Cette addiction à la mode et à l'achat compulsif de vêtements se traduit par de lourdes conséquences environnementales.

    La mode, l'une des industries les plus polluantes au monde

    Entre l'utilisation de substances chimiques et/ou nocives pour la production et la fabrication des fibres, le gaspillage des ressources provoqué par la surconsommation de vêtements, et la pollution générée par les kilomètres parcourus par un vêtement avant d'arriver en boutique, la mode est clairement l'une des industries les plus polluantes au monde.

    Ainsi, l'industrie de la mode produit 20% des eaux usées mondiales et 10% des émissions mondiales de carbone, soit plus que l'ensemble des émissions provenant des vols internationaux et de la navigation maritime.
    En outre, la teinture des textiles est le deuxième pollueur d’eau dans le monde, selon le rapport de la Fondation Ellen MacArthur.

    A titre d'exemple, du champ (de coton) à la boutique, un jean peut parcourir jusqu'à 1,5 fois le tour de la Terre (65 000 km) et nécessitera 2 000 litres d'eau pour être fabriqué.

    Une fois dans nos placards, l'entretien de nos vêtements, spécifiquement des fibres synthétiques, est à l'origine de 500 000 tonnes de plastiques largués dans l'océan par an, soit l'équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique...

    Sur le même sujet : (https://www.notre-planete.info/actualites/3594-vetements_environnement)
    • Comment s'habiller de manière écologique ?
    • Des substances chimiques toxiques dans les vêtements de 14 grandes marques
    • Des vêtements toxiques chez Zara ? Greenpeace monte au créneau

    A chaque lavage, les fibres synthétiques rejettent des microparticules de plastique, qui, trop fines pour être filtrées par les centrales d'épuration, sont évacuées dans les cours d'eau. Résultat : chaque année, 500 000 tonnes de micro-plastiques finissent leur course dans les océans, soit l'équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique. Ces fibres vont alimenter les fameux "continents de déchets".

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  • https://www.futura-sciences.com/planete/personnalites/environnement-celine-deluzarche-1390/

    Céline DELUZARCHE, journaliste

    Deux rapports mettent en lumière l'impact de notre consommation en matières premières sur les forêts tropicales. L'exploitation des cultures de cacao, de caoutchouc, de l'huile de palme ou de soja détruit ainsi des millions d'hectares à l'autre bout de la planète sans que nous en ayons conscience.

    « Au cours des cinq dernières années, la France a potentiellement contribué à déforester 5,1 millions d'hectares, soit environ deux fois la superficie de la Bretagne, à travers ses importations de sept matières premières (soja, cacao, bœuf & cuir, huile de palme, caoutchouc naturel, bois et pâte à papier). Cela signifie qu'en 50 ans, nous avons potentiellement déforesté une surface équivalente à la superficie de la France métropolitaine, ailleurs dans le monde », alerte le WWF dans un rapport publié le 8 novembre 2018. 

    L'agriculture, responsable de 3/4 de la destruction des forêts tropicales

    Œuvrant pour la protection des forêts et de la biodiversité, l'association Envol Vert a, elle aussi, calculé « l'empreinte forêt » des Français pour neuf produits (soja, huile de palme, hévéa, viandes blanche et rouge, œufs, cuir, café et cacao) pour parvenir au résultat de 352 m2. « C'est ainsi l'équivalent de quatre logements moyens français qui sont déboisés pour répondre aux besoins d'un Français moyen », avance l'association. Or, selon Forest Trends, 49 % de la déforestation dans les pays tropicaux s'expliquent par la conversion illégale de terres en exploitations agricoles à vocation commerciale. Dans un cas sur deux, cette production est destinée à satisfaire la demande des pays industrialisés.

     
     
    L’empreinte forêt nette est calculée en multipliant le volume de consommation par la surface brute nécessaire pour la production (emprunte brute), pondérée par le risque de déforestation. Ainsi, l’empreinte brute du bois et du papier est assez importante, mais ces produits proviennent davantage de forêts gérées durablement que du soja ou de l’hévéa. © Envol Vert

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  • Réponses pour ne plus être victime de la désinformation médiatique sur la rougeole

    Chère lectrice, cher lecteur,
    Permettez-moi de vous mettre en garde contre les « Fake News » sur la rougeole (fausses nouvelles), qui circulent actuellement dans les médias.

    Fake News n°1 : « Les cas de rougeole atteignent des records en Europe » (France Info)

    Avec « 41 000 cas depuis le 1er janvier 2018, les cas de rougeole atteignent des records en Europe », affirme France-Info [1].
    C’est faux. En aucun cas il ne s’agit d’un record.
    En 1980, la France comptait à elle seule 400 000 à 600 000 cas de rougeole chaque année [2].

    Fake News n°2 : « La France est particulièrement touchée par l’épidémie »

    C’est absolument faux.
    Les tableaux publiés par l’Organisation mondiale de la Santé pour la « zone Europe » recensent 61 000 cas de rougeole de septembre 2017 à août 2018 [3].
    52 000 d’entre eux (85 %), se sont produits dans les pays de l’Est et des Balkans :

    • Ukraine (32 618 cas)
    • Serbie (5710 cas)
    • Russie (3940 cas)
    • Grèce (3142 cas)
    • Roumanie (1766 cas)
    • Albanie (1379 cas)
    • Géorgie (1212 cas)
    • Turquie (532 cas)
    • Slovaquie (446 cas)
    • Kirghizstan (400 cas)
    • Biélorussie (216 cas)
    • Moldavie (271 cas).

    Avec 2734 cas, la France représente une très faible partie du total (4 %). Proportionnellement à sa population, elle est peu touchée.

    Fake News n°3 : « On est menacé par un fléau » Dr Jean-Louis Bavoux sur France-Info [4]

    Depuis le début de l’année 2018, la rougeole a provoqué 3 décès en France [5].
    On a cent fois plus de risque de mourir noyé [6], 200 fois plus de mourir de la tuberculose, [7] et 50 000 fois plus de mourir du cancer, que de la rougeole.
    À noter que les complications de la rougeole touchent essentiellement les personnes ayant perdu leurs défenses naturelles à cause d’une chimiothérapie, du sida, ou de dénutrition.

    Fake News n°4 : « L’épidémie est provoquée par les antivaccins »

    Ce n’est pas vrai.
    L’épidémie touche en priorité des communautés en proie à la pauvreté et la précarité.
    Rappelons que l’Ukraine, qui représente à elle seule les trois quarts des cas de rougeole en Europe [8], est un pays en guerre, excessivement pauvre.
    Son PIB par habitant (produit intérieur brut) est équivalent à celui du Nigéria (2639 $ par habitant et par an).
    Dans les autres pays, dont la plupart font partie de l’ex-bloc soviétique ou des Balkans, la présence de fortes communautés de Roms, peut expliquer en partie la prévalence de la rougeole.
    Selon l’Institut français de veille sanitaire, c’est la même chose en France :

    « Les données (sur la rougeole) mettent en évidence des cas groupés dans des communautés incomplètement ou non vaccinées, telles les gens du voyage, les Roms ou des populations précaires fréquentant les centres d’hébergement » [9].

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  • Une caravane pour lutter contre l'accaparement des terres et les semences OGM

      03 Nov 2018                Short URL: https://farmlandgrab.org/28534 
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    Au Sénégal, des organisations dénoncent le manque de volonté des Etats face aux privés qui accaparent des terres. (Photo : GRAIN)

    RFI | 02-11-2018

       Une caravane pour lutter contre l'accaparement des terres et les semences OGM

    La caravane de lutte est partie vendredi 2 novembre du Sénégal pour rejoindre d'ici trois semaines le Bénin, via le Mali, la Guinée, le Ghana, le Nigeria et le Togo. Un mouvement né en 2014 qui rassemble de nombreuses associations, ONG et organisations, et qui vise à dénoncer, entre autres, l’accaparement des terres et la diffusion des semences OGM en Afrique de l’Ouest.

    Avec le temps, la lutte s'est amplifiée, diversifiée. Des liens ont aussi été créés avec des militants de pays anglophones. Ardo Sow travaille au sein de l'organisation Enda et dénonce, notamment au Sénégal, le manque d'appui et de volonté des Etats face aux privés qui accaparent des terres.

    « Pour contourner la loi sur le domaine national qui protège les terres, le gouvernement a voté une loi en 2007 pour la mise en place de zones économiques spéciales, explique-t-il. Donc, cette loi permet de faciliter l’accès au foncier des privés, ce qui est un peu dommage pour les communautés. »

    « Ils sont en train de produire du niébé Bt et de l’arachide Bt probablement pour l’imposer et pour le diffuser au niveau des pays de l’Afrique de l’Ouest » affirme Sidy Ba du CNCR

    Accaparement des terres, accords économiques, la caravane de lutte ouest-africaine s'attaque aussi aux organismes génétiquement modifiés (OGM). Si au Burkina Faso, le coton a été supprimé, les industriels s'attaquent désormais à d'autres semences essentielles.

    Sidy Ba travaille au Conseil national de concertation des ruraux. « On est libres de produire du niébé Bt au Burkina et de le vendre au Sénégal. Le niébé Bt c'est le niébé génétiquement modifié. Ils sont en train de produire du niébé Bt et de l’arachide Bt probablement pour l’imposer et pour le diffuser au niveau des pays de l’Afrique de l’Ouest », affirme-t-il.

    La caravane de lutte ouest-africaine va traverser de nombreux pays et tentera dans 23 semaines de rencontrer Patrice Talon, président du Bénin et président en exercice de la Cédéao, pour lui remettre un livre de doléances.

    Original source: RF

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  • Bonjour,

    Les Baka craignent pour leur avenir.

    Les forêts dans lesquelles ils vivent et qu'ils protègent depuis des générations sont sur le point de leur être volées. Il s'agit d'un accaparement de terres, mené par des organisations occidentales, tout comme à l’époque coloniale. Si cela continue, leurs vies seront détruites.

    Ils sont expulsés de leurs terres pour faire place à la création d’un nouveau parc national dans le bassin du Congo, Messok Dja, soutenu par le Fonds mondial pour la nature (WWF). C’est complètement illégal.

    Il est temps de décoloniser la protection de la nature.

    Malgré ce que peut dire le WWF, les Baka n’ont pas accepté ce projet. Comment le pourraient-ils ? Des années durant, des gardes du parc financés par le WWF ont pénétré dans la forêt des Baka, frappant et torturant tous les autochtones qu’ils y croisaient.

    Un homme baka nous a dit: « S'ils nous voient, ils nous frappent à coups de machettes. Bam, bam, bam sur ton corps. » Des personnes qui vivent déjà dans la peur d’être persécutées et maltraitées ne sont pas en mesure de donner leur consentement.

    Nous devons stopper la création de Messok Dja – pour les Baka et pour la nature.

    À l'instar du colonialisme, le colonialisme vert est aussi voué à l’échec. Lorsque les populations locales se voient voler leurs terres et voient leurs moyens de subsistance criminalisés par la conservation de la nature, elles s’opposent aux parcs nationaux.

    Écrivez au WWF en utilisant le modèle ci-dessous pour demander à l'organisation de ne plus soutenir la création du parc national de Messok Dja.

    Vous pouvez également écrire au @WWF sur Twitter en utilisant les hashtags #BackingTheBaka et #decolonizeCONservation et participer à la discussion sur Facebook.

    Nous devons agir maintenant si nous voulons arrêter ce parc à temps.

    Je vous remercie beaucoup pour votre aide.

    Sincères salutations,

    Fiore Longo    Directrice       campagnes@survivalinternational.fr>

      Utilisez les informations ci-dessous pour rédiger votre propre mail. L'impact sera d'autant plus grand si vous personnalisez votre message.

       To: mlambertini@wwf.panda.org
    Cc: kschuijt@wwf.nl, doneill@wwfint.org
    Bcc: campagnes@survivalinternational.fr (facultatif, mais important pour notre suivi)
    Objet: WWF, cessez de soutenir Messok Dja


    Monsieur Lambertini,
     
    Je suis extrêmement préoccupé·e par l’implication du WWF dans la création du parc national de Messok Dja en République du Congo, projet qui n’a pas obtenu le consentement des communautés baka locales.

    En plus d’être illégal, c'est aussi une violation de votre propre politique relative aux peuples autochtones.

    Pendant des années, des gardes du parc financés par le WWF ont pénétré dans la forêt des Baka, frappant et torturant tous les autochtones qu’ils y croisaient.

    Des personnes qui vivent déjà dans la peur d’être persécutées et maltraitées ne sont pas en mesure de donner leur consentement.

    En vous mettant les communautés locales à dos, vous compromettez l’objectif que vous vous êtes fixé de protéger la nature dans la région. Comme l’a récemment déclaré un expert du WWF : « L’efficacité de vos écogardes n’a pas d'importance ; si les gens autour du parc vous haïssent, vous ne pourrez pas protéger le parc. »

    Dans l’intérêt des Baka et de la faune sauvage de Messok Dja, je vous exhorte à respecter les droits des Baka, tels qu’énoncés dans vos propres lignes directrices, dans le droit national et international, et de cesser de soutenir la création du parc national de Messok Dja.

    Cordialement


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  • Supermarchés, dégagez de l’Afrique ! Les systèmes alimentaires du continent se débrouillent très bien sans eux 

    GRAIN | 08 November 2018 | Reports, Corporations & trade

    Matilda Moses vend des tomates au Tudu Market, à Accra, au Ghana. Photo : Yepoka Yeebo

    Matilda Moses vend des tomates au Tudu Market, à Accra, au Ghana. Photo : Yepoka Yeebo

    Les systèmes alimentaires d’Afrique sont l’ultime frontière pour les multinationales et la grande distribution alimentaire. La plupart des Africains continuent de consommer un régime sain à base d’aliments traditionnels produits par des millions de petits producteurs, d’un bout à l’autre du continent. Mais la situation est en train de changer peu à peu, tandis que la grande distribution alimentaire mondiale adopte de nouvelles stratégies pour renforcer sa présence sur le continent, sous l’impulsion brutale de certaines chaînes de supermarchés multinationales. La subsistance de millions de petits vendeurs et de producteurs locaux est remise en cause ; la santé des populations et la diversité des cultures alimentaires traditionnelles sont elles aussi en danger. Les gouvernements africains ne font que favoriser l’expansion des supermarchés, mais les petits vendeurs, les agriculteurs et les consommateurs urbains s’unissent pour défendre leurs systèmes alimentaires locaux.

    On est en juillet 2018 et les petits vendeurs du marché de Gueule-Tapée, un marché très animé de Dakar, au Sénégal, sont furieux : ils viennent d’apprendre que le maire du quartier a l’intention de démolir leur marché pour construire un centre commercial de quatre étages à la place. Pour ne rien arranger, une partie du centre serait, selon les médias, occupée par Auchan, le géant français de la distribution.

    « Il va passer sur nos cadavres, mais cela ne passera pas, » déclare Mbaye Ndiaye, le président du comité de gestion du marché.[1] Les vendeurs de Gueule-Tapée organisent rapidement un sit-in ; chaque vendeur arbore un tee-shirt rouge portant le slogan « Auchan dégage ! ».

    Le slogan « Auchan dégage ! » est repris en réalité d’un autre groupe de vendeurs qui, quelques semaines plus tôt, a lancé une campagne au marché Castor, dans un autre quartier de Dakar. Ils ne pouvaient plus supporter la façon dont Auchan détournait leurs clients, en vendant certains produits alimentaires à des prix impossiblement bas .

    « À Auchan ils vendent même des tas de Daakhaar (gingembre) et presque la quasi-totalité des autres épices en détail. Ce qui fait que nous ne voyons plus de clients dans nos marchés. Les clients du marché Castor ont tous été détournés par Auchan. À ce rythme, ce ne sont pas les commerçants sénégalais qui vont faire faillite, mais les marchés et après, l’économie du pays, » déplore Leyti Sène, secrétaire général du collectif Auchan dégage nouvellement formé.[2]

    « Nous sommes prêts à nous battre, » affirme Mohamed Moustapha Leye, un autre membre du collectif Auchan dégage. « Il en va de notre survie. Même les mamans qui vendaient de petites choses au détail n’ont plus de clients. »[3]

    Un commerçant sénégalais de Gueule Tapée inquiet pour son activité. Photo : Dave Design

    Un commerçant sénégalais de Gueule Tapée inquiet pour son activité. Photo : Dave Design

    Auchan n’est pas la première ni la seule chaîne de supermarché à essayer de s’implanter en Afrique de l’Ouest. Mais la stratégie qu’il tente d’appliquer est nouvelle. Les autres distributeurs étrangers présents dans la région, comme Carrefour et Casino, ont concentré leurs efforts sur l’importation d’aliments de luxe à destination d’une riche élite qui ne constitue pas plus de 5 à 10 % de la population. Ils se sont installés dans les quartiers plus aisés, en proposant une sélection d’articles et de prix qui reflète la stratégie de leurs magasins européens. Ces distributeurs ont réussi à saisir une partie de la part de marché des petits vendeurs dans les villes africaines, mais le pourcentage est toujours resté peu important.

     « Nous ne sommes pas élitistes mais très qualitatifs, » explique Gilles Blin, directeur du secteur alimentaire pour Mercure International, en contrat d’affiliation avec Casino pour les opérations de distribution en Afrique. « Nous répondons aux attentes des classes moyennes et supérieures qui souhaitent trouver dans nos magasins les mêmes produits qu’en France. »[4]

    La stratégie d’Auchan est très différente : au Sénégal, l’entreprise a établi 25 supermarchés et magasins de proximité discount dans le pays, ciblant les quartiers populaires urbains que les autres distributeurs étrangers ont évités. Auchan s’attaque ouvertement aux clients actuellement desservis par les petits vendeurs locaux de produits alimentaires. L’entreprise compte sur le volume des ventes, et non sur les marges, pour réaliser ses bénéfices.

    « Notre vœu est de proposer des magasins modernes, propres, climatisés, garantissant la sécurité alimentaire et offrant des prix au moins comparables à ceux que l’on peut trouver sur le marché, » indique Laurent Leclerc, le PDG des filiales d’Auchan au Sénégal. « Si l’on arrive à faire cela, on obtiendra tous les clients du Sénégal ! »[5]

    L’expansion d’Auchan se poursuit déjà dans les pays voisins, la Mauritanie et le Ghana, sur la base de la même stratégie et a fait des émules chez les autres distributeurs étrangers. Casino a ainsi récemment commencé à déployer ses propres magasins discount au Sénégal, via sa chaîne Leader Price.

    Mais l’agressivité de la politique d’Auchan a provoqué un retour de manivelle. Les petits vendeurs sont les premiers à ressentir les effets et ce sont eux qui ont lancé les protestations, ce qui a rapidement convergé vers un rejet beaucoup plus large de la prise de contrôle du système alimentaire du pays par les entreprises étrangères.

    À juste titre, les gens s’inquiètent à l’idée que cette invasion de chaînes de supermarchés va provoquer la ruine des moyens de subsistance des petits vendeurs, détruire les marchés pour les producteurs locaux et encourager la population à abandonner la nourriture traditionnelle en faveur des produits transformés soi-disant “bon marché”. Il est aussi évident pour les gens que l’argent généré par l’économie alimentaire du pays est destiné à passer dans les poches des actionnaires de ces entreprises étrangères et dans celles des multinationales qui fournissent les produits alimentaires stockés sur leurs étagères.

    Les autorités gouvernementales ne semblent pas avoir pris la mesure du problème. Au Sénégal et dans d’autres pays africains aujourd’hui ciblés par les multinationales de la distribution, l’absence de réglementation pour protéger les populations de ces entités toutes-puissantes est flagrante. Le fait que l’une des principales exigences du collectif Auchan dégage soit tout simplement que leur gouvernement produise la preuve qu’il a au moins évalué les répercussions de l’expansion des grands supermarchés en dit long sur le sujet.

    La triste réalité est que les gouvernements africains s’intéressent bien davantage à la régulation et la criminalisation des petits marchés et des vendeurs de rue qui fournissent au continent la grande majorité de son alimentation. Si un tsunami de supermarchés doit déferler sur les rivages du continent, les gouvernements africains ne sont absolument pas prêts. Les gens vont devoir réagir pour défendre leurs systèmes alimentaires, comme le font les Sénégalais.

    Les supermarchés ont du mal à envahir l’Afrique

    La "vague des supermarchés" n’a pas encore réussi à submerger l’Afrique sub-saharienne, comme cela s’est passé dans d’autres coins du monde. Après des dizaines d’années de tentatives, les chaînes de supermarchés ne sont parvenues qu’à conquérir un gros morceau de l’espace de la distribution alimentaire en Afrique du Sud et dans une moindre mesure, dans certains pays voisins. Elles ont obtenu quelques succès dans certains pays d’Afrique du Nord, mais, même là, leur part dans l’ensemble du marché alimentaire reste limitée.

    Tableau 1 : les principales chaînes multinationales de supermarchés présentes en Afrique

    De manière générale, à l’exception de l’Afrique du Sud, les supermarchés n’ont pas réussi à pénétrer profondément les marchés alimentaires africains et ont été relégués à la marge des élites sociales. Ils n’ont pas pu rivaliser avec les marchés populaires si dynamiques, ces marchés qu’on qualifie souvent d’« informels ».

    La grande majorité des Africains continuent à acheter leur nourriture sur les marchés de plein air et dans les petits stands de rue. En-dehors de l’Afrique du Sud et du Kenya, ces marchés locaux et ces petits vendeurs représentent entre 80 et 90 % de la totalité des ventes alimentaires.[6] Même au Kenya, l’un des pays africains où les supermarchés sont les plus développés, les supermarchés ne contrôlent que 5 % des ventes de fruits et légumes frais.[7] En Côte d'Ivoire, cible favorite des supermarchés en Afrique francophone, les supermarchés ne comptent que pour 10 % de la totalité des ventes alimentaires, voire seulement 2 à 3 % selon certaines études.[8]

    En ce qui concerne les plats préparés, les Africains préfèrent de loin acheter chez des vendeurs de rue plutôt que dans la grande distribution. Dans beaucoup de pays africains, la cuisine de rue représente une des meilleures sources d’énergie et de protéines, y compris pour les enfants (voir tableau 2). Au Nigeria, par exemple, les gens comptent sur la cuisine de rue pour plus de la moitié du total de leur apport journalier en protéines.[9]

    Tableau 2 : Contribution de la cuisine de rue à l’apport énergétique journalier d’un adulte dans une sélection de villes et de pays africains [10]

    Ville ou Pays Pourcentage de l’apport énergétique journalier (AEJ) fourni par la cuisine de rue
    Abeokuta, Nigeria 50,3 % AEJ pour les hommes ; 48,3 % AEJ pour les femmes
    Ouagadougou, Burkina Faso 46 % AEJ
    Nairobi, Kenya 27–36 % AEJ pour les hommes ; 13–22 % AEJ pour les femmes
    Ouganda 22,4–25,6 % AEJ
    Bamako, Mali 18,3 % AEJ
    Cotonou, Bénin 40 % AEJ pour les enfants
    Nairobi, Kenya 13,4–22,4 % AEJ pour les enfants
    Bamako, Mali 18,3 % AEJ pour les enfants
    Zones rurales du Kenya 13,5–20,8 % AEJ pour les hommes ; 12,8–17,3 % AEJ pour les femmes

    Même dans un centre urbain tel que Maputo, en Mozambique, où les supermarchés sont nombreux, plus de 90 % des ménages achètent leur nourriture à des petits vendeurs de rue au moins une fois par semaine, et beaucoup de gens le font tous les jours.[11] Il en va de même à Nairobi, l’une des principales cibles urbaines africaines pour les supermarchés en Afrique : plus de 80 % de la nourriture achetée dans la ville provient de petits vendeurs.[12] À Accra, où les supermarchés se multiplient rapidement, une étude récente indique que 73 % des participants préfèrent encore acheter leur nourriture sur les marchés traditionnels, tandis que seuls 8,7 % préfèrent les supermarchés.[13]

    Selon la recherche disponible, ce que les gens achètent principalement au supermarché, ce sont les articles de base en vrac, les aliments transformés et les plats préparés, mais ils le font à intervalle irrégulier, seulement une ou deux fois par mois. La plupart des Africains achètent à manger quotidiennement ou presque et continuent pour cela à s’appuyer sur les petits magasins et les marchés locaux, même en Afrique australe où le taux de pénétration des supermarchés est pourtant assez élevé.[14]

    Comment expliquer cette situation ? Elle s’explique en partie par la proximité des petits magasins et des petits marchés et le fait qu’on peut s’y procurer des petites quantités. C’est un élément essentiel pour des clients qui n’ont qu’un petit budget ou qui ne disposent que rarement d’espaces de rangement et de réfrigération chez eux. Un autre point important, selon les chercheurs, est que les vendeurs locaux acceptent souvent de faire crédit. Mais un autre facteur essentiel reste le prix : les vendeurs et les marchés locaux ont tendance à vendre moins cher que les supermarchés, même en Afrique du Sud, où le secteur du commerce formel est pourtant très développé.

    Une étude menée à Durban, en Afrique du Sud, a montré que le prix moyen des produits dans les supermarchés était de 76 % plus élevé que chez les petits vendeurs. La différence de prix était « particulièrement marquée dans les produits frais ». Sur un panier de 9 articles de base dont des oignons, des tomates et des pommes de terre, les consommateurs payaient entre 112 et 125 % de plus dans un supermarché que chez un petit vendeur.[15]

    Fragilisation des systèmes alimentaires africain

    Photo : Aldelano

    Photo : Aldelano

    L’autre avantage des marchés alimentaires populaires d’Afrique sur les supermarchés réside dans leurs liens avec les petits agriculteurs et les sources de nourriture locales. Dans leur majorité, les supermarchés n’ont ni la capacité ni la volonté de se fournir auprès de ces chaînes d’approvisionnement locales. Ils imposent des normes et des exigences qui ne sont absolument pas en phase avec les petits agriculteurs qui fournissent 80 pour cent de la production alimentaire du continent. Les petites fermes ont tendance à produire des cultures traditionnelles fondées sur des variétés de semences locales, ce qui peut plaire aux consommateurs locaux, mais ne correspond pas à la notion de “qualité” chère aux supermarchés.

    Certains supermarchés ont tenté de développer des chaînes d’approvisionnement locales en faisant travailler les agriculteurs pour eux, conformément à leurs normes. Mais cette approche n’a pas très bien réussi. Mercure International, le partenaire de Casino, a récemment essayé de mettre en place un programme d’approvisionnement local pour sa chaîne de supermarchés Prosuma en Côte d'Ivoire, incluant un contrat détaillé et la fourniture de semences et d’intrants chimiques. Le projet a échoué avec 90 % des participants.[16]  

    Les petites entreprises alimentaires locales ont également beaucoup de mal à se conformer aux diverses normes et exigences des supermarchés, comme l’étiquetage, le conditionnement, les systèmes de paiement différé ou les taxes à payer pour faire parvenir leurs produits jusqu’aux étagères du supermarché.[17] Les supermarchés préfèrent stocker les marques importées des entreprises alimentaires multinationales qu’ils connaissent déjà.

    « Ils nous jugent sur les prix et l’image de marque et ils oublient que nous sommes tout nouveaux. Et on est en concurrence avec les marques mondiales parce que le marché est libéralisé. On est en concurrence avec American Garden, Heinz et des produits du Kenya. Il faut se rappeler que certains de ces produits existent depuis plus de 50 ans, » déplore Dorothy Kimuli, propriétaire de l’entreprise ougandaise qui produit la Kim’s Chilli Sauce.

    L’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC) a effectué une étude des produits stockés sur les étagères des supermarchés, aussi bien étrangers que nationaux, à Yaoundé la capitale du Cameroun. Il en est ressorti que les produits locaux ne représentaient que 2 % du total.[18] Une autre étude concernant les supermarchés ghanéens et étrangers au Ghana a révélé que les produits importés étaient quatre fois plus nombreux que les produits locaux.[19]

    Casino admet que la majorité des produits vendus dans ses supermarchés africains sont importés ; dans son magasin de la République démocratique du Congo, c’est le cas de plus de 80 % des produits. Chose incroyable, le magasin Casino de RDC importe tous ses fruits et légumes frais de France et d’Afrique du Sud ! [20]

    Carrefour est l’un de ces supermarchés qui se targuent de faire de gros efforts pour s’approvisionner localement ; il a aujourd’hui un contrat avec 180 fournisseurs locaux pour son grand hypermarché d’Abidjan. Mais cela ne correspond quand même qu’à 10 % de la totalité de ses ventes.[21]

    Cependant, les supermarchés comprennent que leur dépendance des importations leur complique la tâche s’ils veulent toucher le consommateur africain moyen. Quand on lui a demandé s’il songeait à ouvrir des épiceries discount Netto en Afrique, le PDG de l’enseigne de distribution française les Mousquetaires, a répondu : « Sûrement pas des Netto. Étant donné le poids et le prix des produits importés, une enseigne au positionnement discount ne peut pas rivaliser avec les prix du commerce informel en Afrique. »[22]

    Comment Auchan s’y prend-il donc ? La stratégie d’Auchan pour les supermarchés discount au Sénégal coïncide – et elle en dépend aussi - avec une expansion parallèle des marques d’aliments transformés étrangers en Afrique et avec l’émergence d’un petit nombre de grandes entreprises de transformation alimentaires basées en Afrique. Les magasins discount Atac d’Auchan au Sénégal stockent des aliments transformés de Nestlé en même temps que des produits fournis sous contrat par des entreprises de transformation nationales en plein essor comme Patisen, Saprolait, Finamark et Kirène. (Voir encadré : les “paniers alimentaires ” d’Auchan). Pour la volaille, Auchan négocie avec Sedima, le plus gros producteur de volaille du pays, malgré les rumeurs accusant Sedima d’être derrière la récente décision gouvernementale de lever les barrières douanières sur les importations de poulet congelé.[23]

     

    Quand des supermarchés comme Auchan parlent de chaînes d’approvisionnement locales en Afrique, ils font référence en réalité à une simple transplantation des chaînes qu’ils ont développées dans d’autres pays avec les grandes entreprises alimentaires multinationales qui sont leurs partenaires. Pour eux, les systèmes et les réseaux de distribution existants qui répondent actuellement aux besoins alimentaires des Africains n’ont guère d’intérêt. Il suffit de voir la réaction du responsable des opérations africaines du distributeur français Système U, quand on lui pose la question de la dépendance de l’entreprise aux importations : « L'approvisionnement local se développe dans certains pays africains, mais la production agroalimentaire sur place reste très insuffisante, malgré l'implantation de quelques usines de multinationales, » indique-t-il.[24]

    Faire évoluer les régimes alimentaires vers les aliments hautement transformés

    Photo : ReutersPhoto : Reuters

     

    Il est bien connu que les supermarchés encouragent la consommation d’aliments “ultra-transformés”, ces produits conditionnés comme les boissons gazeuses et les biscuits à forte teneur en sel, sucre et huile végétale.[25] On sait aussi que la consommation de ces produits est la cause de nombreux problèmes sanitaires, tout particulièrement l’augmentation des taux d’obésité et de diabète de type 2 qui touche aujourd’hui une grande partie de la planète.[26] L’Afrique a été moins affectée par ces problèmes parce que les aliments et les régimes traditionnels perdurent et qu’on y consomme moins d’aliments hautement transformés. Dans l’ensemble, les modèles diététiques en Afrique sont plus sains qu’en Amérique du Nord, en Europe et dans les autres parties du monde où les supermarchés exercent un degré de contrôle important sur les ventes alimentaires dans le commerce de détail.[27]

    Mais tout cela est en train de changer et au fur et à mesure que les supermarchés et les entreprises alimentaires multinationales se déploient sur tout le continent, les Africains consomment de plus en plus de ces dangereux aliments transformés.

    L’expérience vécue par l’Afrique du Sud avec les supermarchés devrait servir de mise en garde à tous les autres pays africains. L’expansion des supermarchés en Afrique du Sud a commencé dans les années 1990. Aujourd’hui, les supermarchés y contrôlent entre 50 et 60 % des ventes alimentaires de détail, soit de loin le chiffre le plus élevé de toute l’Afrique. Pour les chercheurs, c’est la croissance des supermarchés qui a préparé le terrain à la consommation d’aliments ultra-transformés, comme les boissons gazeuses et les biscuits, qui se poursuit depuis quelques dizaines d’années. La consommation par tête d’habitant d’aliments conditionnés et de boissons gazeuses a augmenté de plus de 50 % durant cette période, et le Sud-Africain moyen ne peut plus se permettre un régime à base d’aliments sains, comme les fruits et légumes frais.[28]

    Il semble que les supermarchés soient déjà en train de provoquer des conséquences similaires tandis qu’ils se multiplient dans d’autres régions d’Afrique. Une étude récente sur les consommateurs ghanéens a montré que l’un des facteurs décisifs qui poussent les gens à faire leurs courses au supermarché était l’accès à un prix raisonnable aux aliments transformés, qui sont au cœur des ventes des supermarchés. L’auteur de l’étude émet un avertissement : les supermarchés encouragent les changements diététiques en faisant préférer les aliments transformés à forte teneur en graisses aux fruits et légumes frais.[29] De même, selon les chercheurs, inquiets de l’augmentation des taux d’obésité et de diabète de type 2 au Kenya causée par la consommation accrue d’aliments hautement transformés, c’est la « supermarchandisation » des systèmes alimentaires du pays qui est à blâmer.[30]

    Les « paniers alimentaires » d'Auchan

    Les paniers alimentaires familiaux, dont Auchan fait la promotion à des prix discount dans ses magasins Atac au Sénégal, sont entièrement composés de produits transformés et d’aliments secs provenant de multinationales et de grandes entreprises alimentaires sénégalaises. Le panier « Classique simple » contient un sac de riz thai cassé de la marque Royal Umbrella (qui vient du groupe thaïlandais Charoen Pokphand), un litre d’huile végétale (du groupe français Avril), une boîte d’un kilo de sucre en morceaux (du groupe Mimran qui appartient à une famille française), un bocal de Nescafé (Nestlé) et deux sacs de lait en poudre (encore Nestlé). Avec le panier « Classique Plus », les clients ont droit en plus à une boîte de chocolat en poudre (de Cadbury Schweppes) et 60 cubes de bouillon Maggi (Nestlé) ainsi qu’à un pot de pâte à tartiner de Patisen, une multinationale alimentaire basée au Sénégal et une boîte de concentré de tomate de la marque SOCAS, une société franco-sénégalaise qui est le premier transformateur de tomates du pays. Le panier « Classique Plus » contient aussi un sac de 5 kilos d’oignons, l’unique légume frais de tous les paniers alimentaires.

    Pour en savoir plus : https://afrimarket.sn/auchan.html

    Politique de la porte ouverte pour les supermarchés, répression policière pour les petits vendeurs

    Les agriculteurs, les pêcheurs, les petits éleveurs, les ouvriers agricoles, les petits vendeurs et transformateurs de produits alimentaires qui fournissent au continent la majeure partie de son alimentation, méritent des applaudissements. Malgré tous les obstacles rencontrés dans un contexte de pauvreté structurelle profonde, ils fournissent aux Africains des régimes qui sont parmi les plus sains de la planète. Les systèmes alimentaires qu’ils ont bâtis et conservés constituent également les principales sources d’emploi et de subsistance du continent, en particulier pour les femmes. Et ceci est valable aussi pour les zones urbaines. Ainsi, à Nairobi, la première activité génératrice de revenu pour les femmes des communautés pauvres est la vente de fruits et légumes.[31]

    Malgré le rôle essentiel joué par les systèmes alimentaires populaires pour procurer aux Africains nourriture et moyens de subsistance, ceux-ci font constamment l’objet d’attaques de la part des gouvernements.

    « Alors que je me dépêche de sortir de la ville, les gars de l’Autorité municipale de Kampala [Kampala Capital City Authority] m’arrivent par derrière ; l’un d’eux me pousse si fort que je trébuche un peu et lâche un mscheew [juron]! Kumbe, [entre temps] ils s’attaquent aux vendeurs, renversent un jiko [poêle au charbon de bois] jettent le charbon et quelques gonja rôties [bananes plantain] par terre, renversent des haricots et des pois par ci par là, renversent les pâtisseries et les et les mandazi [donuts] de quelqu’un, cheei, ça court de tous les côtés chez les vendeurs, ils ont vraiment semé la pagaille, ces mauvais hommes… Je me précipite devant eux et je commence à avertir tous les vendeurs en vue que les méchants arrivent. Wueh, il fallait voir comme ces vendeurs sont bien préparés, ils s’éparpillent en l’espace de quelques secondes après avoir ramassé leurs marchandises ! Et le sourire sur mon visage tandis que j’en avertissais de plus en plus ! C’était mon devoir envers la nation ! »

    Publié sur Facebook par Juliet Nabwire de Kampala, en Ouganda (2 mars 2018) [32]

    Des employés des autorités de la capitale de Kampala chassent un vendeur de rue du centre-ville le 25 octobre 2018, au cours d’une expédition de répression où 20 vendeurs de cuisine de rue ont été arrêtés et ont vu leur propriété détruite ou confisquée.

    Des employés des autorités de la capitale de Kampala chassent un vendeur de rue du centre-ville le 25 octobre 2018, au cours d’une expédition de répression où 20 vendeurs de cuisine de rue ont été arrêtés et ont vu leur propriété détruite ou confisquée.

    Dans toute l’Afrique, dans les grandes villes comme Kampala, en Ouganda, les petits vendeurs de rue font face à une persécution toujours plus sévère pour vendre leurs produits dans les rues de la ville ou dans les quartiers d’affaires. Les autorités de Kampala affirment qu’elles ne font qu’essayer de réduire « le chaos et la congestion » et qu’elles vont proposer aux marchands des « espaces alternatifs organisés » situés hors des quartiers du centre. Mais les espaces alternatifs proposés chargent des prix élevés et sont trop éloignés des consommateurs ; les marchands n’ont donc guère d’autre choix que de retourner dans le centre, où ils sont constamment harcelés par la police de Kampala.[33]

    Nairobi et Lagos ont aussi mis en application des interdictions similaires concernant les vendeurs “informels” au sein des principaux quartiers commerciaux et ont essayé de reléguer les marchands de la ville dans des zones alternatives – Nairobi par toute une série de mesures au cours des 15 dernières années, et Lagos en 2016 en imposant de manière soudaine une interdiction totale de vendre dans la rue. De son côté, Accra a lancé un « exercice de décongestion » cette année pour se débarrasser des petits marchands dans les rues et sur les trottoirs du centre-ville.[34] Dans ces villes, les marchands de nourriture se retrouvent donc dans la même position : ils sont obligés de travailler de manière illégale, sous la menace constante du harcèlement policier.[35]

    Et pourtant, alors que les petits vendeurs de nourriture en Afrique doivent s’adapter à un nombre croissant de lois et de règlements, peu d’obstacles sérieux viennent entraver l’expansion des supermarchés sur le continent.

    Des décennies de programmes d’ajustements structurels, imposés par les banques de développement international et les bailleurs de fonds étrangers, ont laissé leur trace : il y a moins de restrictions légales sur les investissements étrangers dans les pays d’Afrique sub-saharienne que dans n’importe quelle autre région.[36] Une étude récente de la Banque mondiale concernant 24 pays d’Afrique sub-saharienne révèle que plus de la moitié n’ont que très peu, voire pas du tout, de restrictions sur les investissements étrangers, notamment dans la grande distribution.[37] Les lois relatives au contenu et à l’approvisionnement locaux qui existent dans d’autres parties du monde sont absentes en Afrique ou ne sont pas appliquées. Il n’y a quasiment pas de protections légales pour les entreprises alimentaires locales qui vendent aux puissants distributeurs multinationaux. En Ouganda par exemple, quand les deux grands distributeurs kenyans Nakumatt et Uchumi se sont effondrés en 2017 et 2018, ils avaient plus de 180 millions de dollars de dettes ; leurs petits fournisseurs ougandais se sont retrouvés sans aucun recours juridique pour récupérer les sommes qui leur étaient dues.[38]

    Au Sénégal, où la législation nationale est très mal équipée pour faire face à l’agressivité de l’expansion des distributeurs européens, le Conseil des ministres du pays a accepté d’adopter un décret pour réguler les supermarchés, le 1er août 2018. Mais les mouvements sociaux sont sceptiques : le décret avait été préparé à huis clos un mois plus tôt et à la mi-septembre le gouvernement refusait encore de rendre public le texte du décret.[39]

    Les mouvements sociaux sénégalais indiquent également que leur gouvernement a récemment signé avec l’Union européenne un Accord de partenariat économique (APE) qui fait le jeu de la grande distribution européenne. L’accord, qui implique plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, force le Sénégal à faire tomber graduellement toutes les barrières pour permettre l’entrée des produits alimentaires européens bon marché et subventionnés qui dominent les étagères des distributeurs européens.[40] Ce genre d’APE avec l’UE  n’est que l’un des nombreux accords de libéralisation bilatéraux et multilatéraux ou des accords régionaux qui accablent les pays africains, les obligeant à ouvrir leurs frontières aux importations de nourriture et facilitant pour les supermarchés l’expansion de leur chaînes d’approvisionnement dans de nouveaux territoires.

    La création en 2008 de la zone de libre-échange de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a ainsi permis au géant sud-africain des supermarchés Shoprite de s’étendre hors du territoire national. La chaîne a aujourd’hui 308 épiceries sur le continent en dehors de l’Afrique du Sud, dont 90 pour cent se trouvent dans des pays de la SADC.[41] En 2009, l’année où la zone de commerce de la SADC a pris effet, les tarifs préférentiels de la SADC ont fait économiser à Shoprite une somme estimée à 12 millions de dollars sur les livraisons de produits sud-africains aux magasins Shoprite installés dans les autres pays de la SADC.[42]

    Dehors, les supermarchés !

    Manifestation des membres du collectif « Auchan dégage » à Dakar, en 2018. Photo : Dave Design

    Manifestation des membres du collectif « Auchan dégage » à Dakar, en 2018. Photo : Dave Design

    Il serait dangereux de présumer que le taux de pénétration, actuellement assez peu important, des supermarchés dans les systèmes alimentaires africains signifie qu’ils n’ont pas l’intention de s’étendre sur le continent ou qu’ils vont se contenter de servir les 10 % de consommateurs africains qui peuvent se permettre d’acheter des importations de luxe dans des centres commerciaux clinquants. Certaines des plus grandes chaînes de supermarchés, et les multinationales alimentaires qui sont leurs fournisseurs, ciblent de plus en plus les populations urbaines pauvres d’Afrique dans leurs prévisions de croissance, comme on le voit clairement avec Auchan au Sénégal.

    Laurent Leclerc, directeur d’Auchan Sénégal, est convaincu que les supermarchés multinationaux comme le sien vont bientôt remplacer les petits vendeurs pour fournir l’essentiel de l’alimentation en Afrique. « Le boutiquier, dit-il, aura toujours sa place pour vendre le service de dépannage pour l’ensemble des clients qui vont descendre de chez eux en disant il me manque un produit pour faire un plat du soir, ma bouteille de gaz, etc. »[43]  Mais selon lui, les supermarchés auront bientôt la mainmise sur l’organisation de la distribution alimentaire dans tout le continent.

    Il est important que les Africains réalisent que leurs systèmes alimentaires sont menacés. Quand les supermarchés se répandent dans de nouveaux pays, ils détruisent les systèmes alimentaires, en ruinant les petits marchands et les petits transformateurs alimentaires et en brisant les liens que les petits producteurs, les éleveurs et les pêcheurs ont tissés avec les marchés urbains. Ils mettent à mal les cultures alimentaires locales, encourageant les gens à préférer aux aliments traditionnels à base d’ingrédients entiers des aliments hautement transformés avec leurs calories vides. Certes ils ont de quoi attirer les clients avec des produits d’appel, mais à long terme ils sont plus chers que les marchés de plein air et les stands de rue, ce qui fait que les gens ont plus difficilement accès à une nourriture saine.

    C’est ce que les promoteurs des supermarchés appellent le « développement » et la « modernisation » des systèmes alimentaires. Ils soutiennent qu’ils ne font qu’utiliser le marché libre pour aider les gens à faire face à la cherté de la vie.[44] Mais en réalité les gouvernements africains ont le choix. Ils peuvent laisser les grandes chaînes de supermarchés mondiales exploiter leurs avantages politiques, juridiques et économiques pour prendre la main sur les systèmes alimentaires locaux ou bien prendre des mesures simples pour protéger les systèmes alimentaires locaux et leur permettre de prospérer.

    Ils pourraient commencer par établir des tarifs douaniers pour protéger les producteurs et les transformateurs locaux contre le dumping d’importations de denrées subventionnées et de piètre qualité. Prenons le cas des produits laitiers. Suite à la suppression des quotas laitiers par l’UE, et à la baisse générale de la consommation de lait en Europe, les entreprises laitières européennes déversent leur excédent de production en Afrique, principalement sous la forme de lait en poudre qui est ensuite reconstitué avec des graisses végétales.[45] Les exportations européennes de lait en poudre en Afrique ont triplé depuis 2009, provoquant des effets dévastateurs pour les producteurs locaux.

    « Il y a un véritable dumping du lait européen sur le marché africain » dénonce Adama Diallo, le président de l’Union nationale des mini-laiteries et Producteurs de Lait local au Burkina Faso (UMPL-B). [46]

    Centre commercial à Kampala, 2018. Les supermarchés multinationaux ont tendance à ouvrir des centres commerciaux en Afrique en même temps que se développent les restaurants multinationaux de type restauration rapide comme KFC.

    Centre commercial à Kampala, 2018. Les supermarchés multinationaux ont tendance à ouvrir des centres commerciaux en Afrique en même temps que se développent les restaurants multinationaux de type restauration rapide comme KFC.

    La situation est particulièrement désespérée pour les producteurs laitiers locaux d’Afrique de l’ouest, où les membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS) ont un accord avec l’Europe pour maintenir les tarifs relatifs aux importations de lait en poudre sous la barre des 5 %. Et la situation va encore empirer quand l’APE avec l’Europe signé par ces pays prendra effet et que les tarifs seront réduits à zéro.

    Comme l’a montré l’expérience du Kenya, des tarifs forts sont nécessaires pour protéger les producteurs et les marchands africains de produits laitiers contre le dumping du lait en poudre. Avec de tels tarifs, la production locale peut se développer et fournir aux consommateurs urbains des produits sûrs, nourrissants et de bien meilleure qualité que les produits imposés à l’Afrique par les multinationales.[47] Le même argument s’applique à d’autres aliments, comme la viande et les céréales. Le cas de la volaille en Côte d'Ivoire offre un autre exemple du rôle décisif joué par les tarifs douaniers quand il s’agit de soutenir la production et l’approvisionnement locaux.[48]

    Les gouvernements africains doivent aussi cesser de harceler le secteur soi-disant « informel ». Les petits marchands, qui sont surtout des femmes, ont besoin d’être respectés et soutenus pour le travail qu’ils accomplissent : ils procurent aux gens une nourriture de qualité et garantissent la subsistance des petits producteurs africains. ll est encourageant de voir que dans certaines villes, les femmes qui vendent dans la rue s’organisent pour lutter contre la répression gouvernementale. En juillet 2018, à Madina, dans la banlieue d’Accra, 2 000 femmes vendeuses ont refusé de se soumettre à un ordre d’éviction, disant qu’elles ne quitteraient pas les lieux qu’elles occupaient, tant que le conseil municipal ne leur aurait pas fourni un nouvel espace de travail plus sûr qui soit accessible à leurs clients. Après des mois de campagne, le conseil municipal a finalement accepté de leur fournir un nouvel espace avec toilettes, éclairage public, stockage, un bureau, un poste de sécurité et une crèche.

    Les Africains vont devoir pousser leurs gouvernements dans cette direction. Le mouvement sénégalais Auchan dégage est une source d’inspiration. Il illustre la façon dont les petits vendeurs, les producteurs et les consommateurs urbains peuvent s’unir pour défendre les systèmes alimentaires locaux et lutter contre l’expansion des supermarchés et des multinationales de l’alimentation. Comme on le voit, ce genre de campagne implique d’engager des actions directes ciblant les supermarchés et soutenant les aliments locaux, mais aussi d’être en lien avec des mouvements plus larges contre les APE et les autres forces structurelles qui perpétuent la domination coloniale en Afrique.


    [1]   "Marché Gueule Tapée : « le Maire Va Passer Sur Nos Cadavres Si… »," Sen360 : 5 juillet 2018 : https://news.sen360.sn/societe/marche-gueule-tapee-le-maire-va-passer-sur-nos-cadavres-si-1081395.html

    [2]    "Contre la colonisation du marché sénégalais: «Auchan dégage» lancé par les commerçants de Castors," Senxibaar, 26 juin 2018 : http://www.senxibaar.com/actualite/contre-monopolisation-marche-senegalais-auchan-degage-lance-commercants-de-castors/

    [3]     Olivier Liffran, "Sénégal : Auchan accusé de nuire au petit commerce," Jeune Afrique, 4 juillet 2018 : http://www.jeuneafrique.com/588593/economie/senegal-auchan-accuse-de-nuire-au-petit-commerce/

    [4]      "Spécial Afrique : entretien avec Gilles Blin, directeur alimentaire de Mercure International, affilié Casino et U," Linéaires, 3 février 2016 : http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Special-Afrique-entretien-avec-Gilles-Blin-directeur-alimentaire-de-Mercure-International-affilie-Casino-et-U-47970

    [5]                Bintou Bathily, "Afrique subsaharienne : quand Auchan se mesure aux petits marchands," Jeune Afrique, 2 juillet 2015 : http://www.jeuneafrique.com/mag/241295/economie/afrique-subsaharienne-quand-auchan-se-mesure-aux-petits-marchands/

    [6]    AT Kearny, "Retail in Africa, Still the Next big thing," 2015 : https://www.atkearney.com/documents/10192/6437503/Retail+in+Africa.pdf/b038891c-0e81-4379-89bb-b69fb9077425

    [7]     Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017 : http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf

    [8]         Marie-José Neveu Tafforeau, "Grande distribution : quelles opportunités pour les filières agroalimentaires locales ? Enquête en Côte d’Ivoire," FARM, mars 2017 : http://www.fondation-farm.org/zoe/doc/notefarm10_grdedistri_mars2017.pdf

    [9]     Nelia Patricia Steyn, "Nutritional contribution of street foods to the diet of people in developing countries: a systematic review," Journal of Public Health Nutrition, 17 (6): 2013: https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/2B44AB4E6EF5D992DAD8AEE39B5E5F0F/S1368980013001158a.pdf/nutritional_contribution_of_street_foods_to_the_diet_of_people_in_developing_countries_a_systematic_review.pdf

    [10]              https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/2B44AB4E6EF5D992DAD8AEE39B5E5F0F/S1368980013001158a.pdf/nutritional_contribution_of_street_foods_to_the_diet_of_people_in_developing_countries_a_systematic_review.pdf

    [11]              Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017: http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf

    [12]              Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017: http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf

    [13]              Alexandra Therien, “The Impact of the Rise of Supermarkets on Household Urban Food Security: A Case Study of Accra, Ghana,” Thesis presented to The University of Guelph, janvier 2017:https://atrium.lib.uoguelph.ca/xmlui/bitstream/handle/10214/10248/Therien_Alexandra_201702_MA.pdf?sequence=1

    [14]              Voir African Food Security Urban Network (AFSUN): https://www.afsun.org/

    [15]      C. Skinner and G. Haysom, "The informal sector’s role in food security: A missing link in policy debates? Working Paper 44. Cape Town: PLAAS, UWC and Centre of Excellence on Food Security, 2016: http://www.plaas.org.za/sites/default/files/publications-pdf/WP44%20SkinnerHaysom.pdf

    [16]      Marie-José Neveu Tafforeau, "Grande distribution : quelles opportunités pour les filières agroalimentaires locales ? Enquête en Côte d’Ivoire," FARM, mars 2017 : http://www.fondation-farm.org/zoe/doc/notefarm10_grdedistri_mars2017.pdf

    [17]   Voir par exemple Reena das Nair, "How SA's big supermarket chains keep out small suppliers," 3 février 2017 : https://www.fin24.com/Opinion/how-sas-big-supermarket-chains-keep-out-small-suppliers-20170203

    [18]  Omer Mbadi, "Cameroun : face à Carrefour, les supermarchés fourbissent leurs armes," Jeune Afrique, 19 juillet 2017 : http://www.jeuneafrique.com/mag/455320/economie/cameroun-face-a-carrefour-supermarches-fourbissent-leurs-armes/

    [19]    USDA GAIN Report, "Ghana", 22 mai 2017 : https://www.pma.com/~/media/pma-files/retail-foods-report-_accra_ghana_5222017.pdf?la=en

    [20] Julien Clémençot, "Distribution : MIM, de l’ambition en rayon pour l’Afrique de l’Ouest, Jeune Afrique, 7 mars 2012 : http://www.jeuneafrique.com/142721/economie/distribution-mim-de-l-ambition-en-rayon-pour-l-afrique-de-l-ouest/

    [21]     Marie-José Neveu Tafforeau , "Grande distribution : quelles opportunités pour les filières agroalimentaires locales ? Enquête en Côte d’Ivoire," FARM, mars 2017: http://www.fondation-farm.org/zoe/doc/notefarm10_grdedistri_mars2017.pdf ; "Quand Carrefour aide les filières locales," Les Échos, 22 décembre 2015 : https://www.lesechos.fr/21/12/2015/LesEchos/22091-067-ECH_quand-carrefour-aide-les-filieres-locales.htm#I3OycdOKloZBwl5X.99

    [22]  "Thierry Vetter, directeur général de Geprocor, filiale export des Mousquetaires", Les Linéaires, 5 février 2016 : http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Special-Afrique-Thierry-Vetter-directeur-general-de-Geprocor-filiale-export-des-Mousquetaires-47994

    [23]   Bintou Bathily, "Afrique subsaharienne : quand Auchan se mesure aux petits marchands," Jeune Afrique, 2 juillet 2015 : http://www.jeuneafrique.com/mag/241295/economie/afrique-subsaharienne-quand-auchan-se-mesure-aux-petits-marchands/  

    [24]    " Yves Petitpas, président de U Export, en charge des magasins U dans les Dom-Tom et à l'étranger," Les Linéaires, 4 février 2016: http://www.lineaires.com/LA-DISTRIBUTION/Les-actus/Special-Afrique-Yves-Petitpas-president-de-U-Export-en-charge-des-magasins-U-dans-les-Dom-Tom-et-a-l-etranger-47975

    [25]              Voir par exemple PP Machado et al., "Price and convenience: The influence of supermarkets on consumption of ultra-processed foods and beverages in Brazil," Journal of Appetite, septembre 2017 : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28526478

    [26]   Voir le rapport d’enquête du New York Times, "How Big Business Got Brazil Hooked on Junk Food," 16 septembre 2017 : https://www.nytimes.com/interactive/2017/09/16/health/brazil-obesity-nestle.html

    [27]   Fumiaki Imamura, Renata Micha, Shahab Khatibzadeh, Saman Fahimi, Peilin Shi, John Powles, Dariush Mozaffarian, "Dietary quality among men and women in 187 countries in 1990 and 2010: a systematic assessment", Lancet Glob Health 2015;3: e132–42: https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S2214-109X%2814%2970381-X

    [28]    Lisa-Claire Ronquest-Ross, Nick Vink, Gunnar O. Sigge, "Food consumption changes in South Africa since 1994,"  S Afr J Sci. 2015;111(9/10), Art. #2014-0354: http://dx.doi.org/10.17159/sajs.2015/20140354

    [29]     Alexandra Therien, "The Impact of the Rise of Supermarkets on Household Urban Food Security: A Case Study of Accra, Ghana", Thesis presented to the University of Guelph, janvier 2017: https://atrium.lib.uoguelph.ca/xmlui/bitstream/handle/10214/10248/Therien_Alexandra_201702_MA.pdf?sequence=1

    [30]    Kate Lyons, "Supermarkets are creating an obesity crisis in African countries, experts warn," Guardian, 3 octobre 2017 : https://www.theguardian.com/global-development/2017/oct/03/supermarkets-creating-obesity-crisis-african-countries-experts-warn-middle-class-malnutrition?CMP=twt_gu

    [31]   C. Skinner and G. Haysom, "The informal sector’s role in food security: A missing link in policy debates? Working Paper 44. Cape Town: PLAAS, UWC and Centre of Excellence on Food Security, 2016: http://www.plaas.org.za/sites/default/files/publications-pdf/WP44%20SkinnerHaysom.pdf

    [32]              L’original a été légèrement modifié pour rendre la langue plus facilement compréhensible à une audience internationale.

    [33]  Amos Ngwomoya, "Minister Kamya wants vendors off city streets in 2 months," Daliy Monitor, 2 octobre 2016 : http://www.monitor.co.ug/News/National/Minister-Kamya-wants-vendors-off-city-streets-months/688334-3401414-hlo74v/index.html

    [34]     Nellie Peyton, "Ghana's market women score win against forced eviction," Reuters, 20 septembre 2018 : http://www.thisisplace.org/i/?id=560a9056-ea46-4a87-b4ca-d343dd47932c

    [35]   Hungry Cities, "The Urban Food System of Nairobi, Kenya," Report No. 6, 2017: http://hungrycities.net/wp-content/uploads/2017/11/HC6.pdf; Emmanuel Akinwotu, "From hawkers to criminals: how the Lagos ban on street selling hurts the city," Guardian 3 août 2016 : https://www.theguardian.com/cities/2016/aug/03/hawkers-criminals-lagos-ban-street-selling

    [36]    World Bank, "Investing Across Borders," 2010: http://iab.worldbank.org/~/media/FPDKM/IAB/Documents/Overview-IAB.pdf

    [37]  World Bank, "Starting a Foreign Investment Across Sectors," November 2013L http://iab.worldbank.org/~/media/FPDKM/IAB/Documents/FDI-Starting-a-Foreign-Investment.pdf

    [38]              "Allan Olingo, What next for troubled Uchumi and Nakumatt?", The East African, 22 septembre 2017 : http://www.theeastafrican.co.ke/business/What-next-for-troubled-Uchumi-and-Nakumatt/2560-4107908-105g73z/index.html

    [39]              FRAPP, "Transformons « Auchan dégage », « Non au APE », « France dégage » en vote contre le système et Macky (communiqué)", 12 septembre 2018 : https://www.impact.sn/Transformons-Auchan-degage--Non-au-APE--France-degage-en-vote-contre-le-systeme-et-Macky-communique_a10768.html

    [40]              FRAPP, "Transformons « Auchan dégage », « Non au APE », « France dégage » en vote contre le système et Macky (communiqué)", 12 septembre 2018 : https://www.impact.sn/Transformons-Auchan-degage--Non-au-APE--France-degage-en-vote-contre-le-systeme-et-Macky-communique_a10768.html

    [41]  Shoprite Business Overview: https://www.shopriteholdings.co.za/content/dam/MediaPortal/LatestIntegrateReport/IR2017/3_5932_Shoprite_IR_2017E_Distribution_Of_Operations_%26_The_Group.pdf . Voir aussi GRAIN, "Les habits neufs du colonialisme : les accords de partenariat économique entre l’UE et l’Afrique," 21 août 2017 : https://www.grain.org/article/entries/5778-les-habits-neufs-du-colonialisme-les-accords-de-partenariat-economique-entre-l-ue-et-l-afrique

    [42]    Nick Charalambides, "What Shoprite and Woolworths can teach us about Non-Tariff Barriers in Southern and Eastern Africa," South African Institute of International Affairs, octobre 2013 : https://www.researchgate.net/publication/272151268_What_Shoprite_and_Woolworths_can_teach_us_about_Non_Tariff_Barriers_in_Southern_and_Eastern_Africa

    [43]   "Laurent Leclerc, Directeur d'Auchan Sénégal " On dérange les commerçants mais..."' Senpresse, 15 juillet 2018 : http://senpresse.com/societe/103-societe/2769-laurent-leclerc-directeur-d-auchan-senegal-on-derange-les-commercants-mais

    [44]  Kamagaté Issouf, "Lutte contre la cherté de la vie : Des supermarchés dans la mouvance," Fratmat, 4 novembre 2016 : https://www.fratmat.info/index.php/economie/item/35251-lutte-contre-la-cherte-de-la-vie-des-supermarches-dans-la-mouvance

    [45]   "Cécile Barbière, "Au Sénégal, la production laitière cherche sa voie," EURACTIV, 27 septembre 2018 : https://www.bilaterals.org/?au-senegal-la-production-laitiere&lang=en

    [46] Cécile Barbière, "Comment l’UE exporte sa crise du lait vers l’Afrique, EURACTIV, 1er mars 2018 : https://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/comment-lue-exporte-sa-crise-du-lait-vers-lafrique/

    [47]       GRAIN, "La grande arnaque du lait", 16 décembre 2011, https://www.grain.org/article/entries/4435-la-grande-arnaque-du-lait

    [48]   Voir l’article "Poulet ivoirien : la filière se remplume," France Info, 1er mai 2018: https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/poulet-ivoirien-la-filiere-se-remplume_2732591.html


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  • https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/environnement-10-chiffres-montrent-monde-va-crouler-sous-dechets-

    Céline DELUZARCHE journaliste

    Affolant ! 70 % de déchets en plus d'ici 30 ans : c'est le cri d'alerte lancé par la Banque mondiale dans son dernier rapport. Cette hausse est d'autant plus alarmante qu'elle se produira en grande partie dans les pays en développement, où les déchets sont souvent mal pris en charge et sources de pollution. Voici 10 graphiques pour tout comprendre de la crise des ordures qui s'annonce.

    Emballages, nourriture périmée, vieux vêtements et appareils obsolètes... Plus nous consommons, plus nous générons de déchets. Cela n'est pas sans conséquence sur notre santé, ni sur l'environnement, car si ces milliards de tonnes d'ordures sont relativement bien gérées dans les pays riches, elles finissent le plus souvent dans des décharges à ciel ouvert dans les pays qui n'ont pas les capacités de les collecter et les traiter. La Banque mondiale lance un appel pour réagir.

    3,4 milliards de tonnes de déchets par an en 2050

    La production annuelle de déchets municipaux (déchets ménagers et autres déchets pris en charge par une commune ou une collectivité territoriale) dépasse déjà les 2 milliards de tonnes par an. En raison de l'urbanisation rapide, de l'augmentation du niveau de vie et de la croissance démographique, ce volume risque d'augmenter de 70 % pour atteindre les 3,4 milliards de tonnes en 2050, d'après la Banque mondiale. En Afrique subsaharienne, les pays devront même faire face à un triplement de la masse des déchets, avec plus de 516 millions de tonnes contre 174 aujourd'hui. Une catastrophe, d'autant plus que ces pays disposent de peu d'infrastructures pour gérer cet afflux.

    0,74 kg de déchets par jour pour chaque habitant de la planète

    Chaque habitant produit en moyenne 0,74 kg de déchets par jour. Un chiffre qui cache de fortes disparités, de 0,11 kg au Lesotho à 4,50 kg aux Bermudes. Ces écarts sont fortement liés au niveau de développement : plus le niveau de vie est élevé, plus la population consomme des produits préparés, générant plus d'emballages à jeter. Bien qu'ils ne représentent que 16 % de la population mondiale, les pays développés génèrent ainsi 34 % de déchets de la planète. Cette production progresse aussi avec l'urbanisation.

    44 % de déchets organiques

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  •    Manger cinq fruits et légumes par jour, d'accord. Encore faut-il le pouvoir. Car d'après une nouvelle étude de l'université de Guelph au Canada, les mauvaises habitudes des consommateurs ne sont pas les seules en cause. Explications...

     Par Céline DELUZARCHE:

    Diplômée de l'Institut Français de Presse en 2004, Céline a créé et alimenté la rubrique Science sur le site L'Internaute jusqu'en 2007 avant de travailler pour la rubrique Business du Journal du Net. Sa passion : parcourir inlassablement le Web à la recherche d'infos passionnantes qui expliquent le monde d'aujourd'hui et préfigurent celui de demain. Technologie, environnement, santé : chaque jour nous prouve que ce qui semblait hier impossible se réalise. Quand elle sort de sa bulle Internet, c'est pour se balader dans sa ville adorée de Strasbourg, ou pour passer des nuits blanches devant des (excellentes) séries TV d'anticipation ou de politique, avec un faible avoué pour les productions nordiques et britanniques.

    https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/agriculture-alimentation-mondiale-vers-enorme-penurie-fruits-legumes-

    L'agriculture mondiale produit aujourd'hui l'équivalent de 2.750 calories par personne et par jour, largement de quoi nourrir tous les habitants de la planète. Même en prenant en compte 20 % de nourriture gaspillée au cours de la chaîne d'approvisionnement, on arrive à 2.200 calories, ce qui reste en théorie amplement suffisant. Le problème, c'est que cette production est complètement déséquilibrée par rapport aux besoins alimentaires. L'agriculture produit ainsi l'équivalent de douze parts quotidiennes de céréales, cinq parts de fruits et légumes, quatre parts de sucre, trois parts d'huiles végétales et graisses, trois parts de protéines et une part de produits laitiers. Les besoins alimentaires recommandés par le référentiel de l'université de Harvard sont eux de huit parts de céréales, quinze parts de fruits et légumes, zéro de sucre, une part d'huiles végétales et graisses, cinq parts de protéines et une part de produits laitiers (voir graphique).

     
    L’agriculture mondiale est largement déséquilibrée : elle produit ainsi trois fois moins de fruits et légumes que ce qu’il faudrait pour alimenter les sept milliards d’humains selon les recommandations nutritionnelles. © Céline Deluzarche, Futura, d’après Krishna Bahadur KC et al., PLOSOne, 2018

    Alors que les fruits et légumes devraient compter pour 50 % de notre alimentation, ils ne représentent que 8,6 % des terres agricoles ! Et encore, lorsque l'on parle de légumes, il s'agit à 40 % de tubercules, comme la pomme de terre ou le manioc. Autrement dit, encore des féculents qui viennent s'ajouter nutritionnellement parlant aux féculents déjà en surplus.

    Les céréales et l’élevage massivement subventionnés

    Pourquoi un tel décalage ? « Les aliments riches en carbohydrates, comme les céréales, sont relativement faciles à cultiver et nutritifs, ils ont donc été massivement encouragés pour atteindre l'indépendance alimentaire », explique Krishna Bahadur KC, l'auteur principal de l'étude. En France, un éleveur bovin touche en moyenne 46.105 euros par an et un exploitant de grandes cultures (blé, maïs...) 34.872 euros de subventions, soit respectivement 39 % et 15 % de leur exercice selon les statistiques 2016 du ministère de l'Agriculture. Un maraîcher touche lui à peine 9.559 euros soit 4 % de son exercice. De plus, les céréales concentrent la plus grosse partie des recherches scientifiques et agronomiques au détriment des fruits et légumes, délaissés par leschercheurs.

    Le bœuf contre la carotte

    Ce désolant constat est non seulement nuisible à notre santé mais aussi à la planète, révèle également l'étude. Si la production agricole coïncidait exactement avec les recommandations nutritionnelles, on économiserait ainsi 51 millions d'hectares de terres cultivables, car les fruits et légumes nécessitent moins d'espace. Néanmoins, il faudrait tout de même accroître la surface de terres consacrées au pâturage de 13 % pour augmenter le niveau de protéines animales.

     
    Réorienter l’agriculture vers plus de légumes permettrait d’économiser 51 millions d’hectares de terres cultivables. © Arnaldo Adana, Unsplash

    Ces recherches rejoignent les conclusions de précédentes études montrant comment un régime trop riche en protéines affecte la planète. Mais convertir le monde entier aux poireaux et aux bananes n'est pas la solution, insistent les chercheurs. « L'élevage de bétail assure la survie de 987 millions de personnes dans le monde et beaucoup de terres utilisées par le pâturage ne sont pas susceptibles de servir à une production agricole », insistent les chercheurs. Une autre piste consiste à améliorer les rendements grâce à la technologie, par exemple en développant les fermes verticales urbaines ou la culture hydroponique. Pas sûr que cela soit suffisant pour doper les rendements de fruits et légumes de 8,7 % tous les ans, comme cela serait nécessaire pour atteindre les besoins nutritionnels correspondant à une population de 9,8 milliards d'habitants en 2050. En attendant, arrêter de subventionner la betterave à sucre et le maïs permettrait peut-être de régler une partie de l'équation.

    • L’agriculture mondiale produit suffisamment de nourriture mais de façon totalement déséquilibrée.
    • Il faudrait ainsi cultiver trois fois plus de fruits et légumes qu’à l’heure actuelle pour couvrir les besoins nutritionnels de la population mondiale. 
    • Les céréales ont été historiquement avantagées car elles sont faciles à produire et nutritive

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  • Bébés nés sans bras : on vous résume la controverse en sept actes

    Le gouvernement va lancer une nouvelle enquête dans ce dossier qui suscite la polémique depuis plusieurs semaines. 

    Le gouvernement va lancer une nouvelle enquête dans l\'affaire des bébés nés sans bras, a annoncé le 21 octobre 2018 la ministre de la Santé Agnès Buzyn. (photo d\'illustration)Le gouvernement va lancer une nouvelle enquête dans l'affaire des bébés nés sans bras, a annoncé le 21 octobre 2018 la ministre de la Santé Agnès Buzyn. (photo d'illustration) (LOIC VENANCE / AFP

    franceinfoFrance Télévisions
    https://www.francetvinfo.fr/sante/bebes-nes-sans-bras/bebes-nes-sans-bras-on-vous-resume-la-controverse-en-six-actes_ 

    publié le 22/10/2018 |

    C'est d'abord une enquête de "L'Œil du 20 heures" sur France 2, diffusée le 26 septembre, qui médiatise l'affaire. Mélanie Vitry confie aux journalistes son désarroi lorsqu'elle a découvert, à la naissance de son petit garçon, qu'il était né sans main droite. Dans les environs de son village de Druillat (Ain), sept bébés sont nés sans bras ou sans main entre 2009 et 2014. Un phénomène similaire a été constaté dans le Morbihan et en Loire-Atlantique.

    Depuis, les autorités sanitaires se sont saisies du dossier et le gouvernement a annoncé le lancement d'une nouvelle enquête. Mardi 30 octobre, onze nouveaux cas ont été identifiés, annonce l'agence Santé Publique France. Franceinfo fait le point sur la chronologie de cette affaire. 

    Acte 1 : un rapport de l'agence Santé publique France signale plusieurs malformations congénitales

    L'agence Santé publique France rend un rapport sur le sujet de ces malformations congénitales, jeudi 4 octobre. Des cas groupés de bébés nés sans mains, bras ou avant-bras dans trois endroits de France ont alerté les autorités sanitaires ces dernières années, mais aucune cause n'a pu être mise en évidence par leurs enquêtes, explique le rapport. 

    Ces cas ont été observés dans l'Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et dans le Morbihan (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.

    Pour l'Ain, "l'analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé publique France n'a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations", indique l'agence sanitaire."Pour la Loire-Atlantique et la Bretagne, l'investigation a conclu à un excès de cas. Cependant, aucune exposition commune n'a été identifiée", détaille-t-elle. 

    On apprend également dans ce rapport que l'alerte sur les cas de l'Ain a été donnée par le principal des six registres des malformations de France, celui de Rhône-Alpes, le Remera (Registre des malformations en Rhône-Alpes), dirigé par Emmanuelle Amar. Cette structure, qui fonctionne sous forme associative, est menacée après que la région Auvergne-Rhône-Alpes et l'Inserm ont stoppé son financement. Pour mieux repérer les malformations congénitales, Santé publique France souhaite ainsi créer une fédération nationale des six registres (Bretagne, Paris, Antilles, Réunion et deux en Auvergne-Rhône-Alpes – dont le Remera – pour disposer d'une base de données commune.

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  • LE CHANT DES COLIBRIS
     
     

     
        Si vous lisez cette lettre avant samedi soir, et si vous êtes du côté de Grenoble, foncez à la Belle Électrique pour le Chant des colibris ! À 17h, une conférence de Cyril Dion, et le soir, un concert avec Joseph Chedid, Jeanne Cherhal, Natalia Doco, Gael Faure, Xavi Polycarpe, Emily Loizeau, Pomme, Natacha Régnier, Fredrika Stahl, Laetitia Velma.

        Se sentir appartenir à une communauté de valeur déterminée à agir, ça donne de l'élan, de l’énergie ! Le Chant des colibris, ça sert à ça!   

          Billetterie:      https://www.weezevent.com/le-chant-des-colibris-grenoble 

         Les autres pourront se consoler en admirant les magnifiques photos du concert de Lille, le 27 octobre dernier, sur Colibris le Mag !

       Crédit : ©Fanny Dion

    !


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  • Bactéries résistantes aux antibiotiques : autant de morts en Europe que la grippe, le sida et la tuberculose ensemble

    Psychomédia  avec sources : ECDC, Le Monde (avec AFP).
    Publié le 6 novembre 2018

    Les bactéries résistantes aux antibiotiques ont causé la mort de 33 000 personnes dans l’Union européenne en 2015, selon une étude du Centre européen de prévention et contrôle des maladies, publiée dans la revue The Lancet Infectious Diseases.

    Les chercheurs ont estimé les contaminations et les décès pour 5 types d’infections à partir des données du réseau européen de surveillance EARS (European antimicrobia resistance surveillance network).

     

    Ils estiment à 671 689 le nombre de personnes contaminées et à 33 110 le nombre de décès attribuables aux bactéries multirésistantes pour l'année 2015.

    L’impact est « comparable à l’effet cumulé de la grippe, de la tuberculose et du virus du sida », sur la même période, soulignent les auteurs.

    La majorité des décès touchent les enfants de moins de 12 mois et les personnes âgées de plus de 65 ans. L’impact sur la mortalité est le plus élevé en Italie et en Grèce, l’Italie comptant à elle seule pour plus du tiers des morts associées aux super-bactéries. Plus de 10 000 personnes sont décédées en Italie d’infections, notamment par la bactérie Escherichia coli et le staphylocoque doré.

    Sur le total de 670 000 infections par une bactérie multirésistante en 2015, près des deux tiers ont été contractées dans le milieu hospitalier.

    Il est estimé que 39 % des cas sont des infections résistantes aux antibiotiques de dernière ligne tels que les carbapénems et la colistine.


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  • Des communautés de la RDC déposent une plainte auprès d’une banque de développement allemande pour résoudre un conflit foncier centenaire avec une société d’huile de palme .

    Grain

    RIAO-RDC, GRAIN, WRM, FIAN Allemagne, urgewald, CCFD-Terre Solidaire, CNCD-11.11.11, FIAN Belgique, SOS Faim, Oxfam Solidarité/teit, Entraide et Fraternité, AEFJN (Belgique), The Corner House (Grande-Bretagne), Global Legal Action Network | 07 November 2018 | Media releases, Land 

    RIAO-RDC, accompagné par les organisations allemandes FIAN et urgewald, au siège de DEG à Cologne, en Allemagne, pour déposer une plainte contre Feronia Inc, pour le compte de neuf communautés de la République Démocratique du Congo.

    RIAO-RDC, accompagné par les organisations allemandes FIAN et urgewald, au siège de DEG à Cologne, en Allemagne, pour déposer une plainte contre Feronia Inc, pour le compte de neuf communautés de la République Démocratique du Congo.

    Neuf communautés de la République démocratique du Congo ont accompli un geste historique cette semaine en déposant une plainte auprès du mécanisme de plaintes* de la banque de développement allemande (Deutsche Investitions- und Entwicklungsgesellschaft, DEG). Les communautés veulent une solution à ce conflit foncier qui remonte à la période coloniale belge avec une société d’huile de palme que finance actuellement un consortium de banques de développement européennes dirigé par DEG.

    En 1911, l’administration coloniale belge avait unilatéralement octroyé au Lord Leverhulme de Grande-Bretagne une concession foncière gigantesque d’un million d’hectares couvrant les territoires de ces communautés et de nombreux autres. Leverhulme, avec le soutien de l’armée belge, utilisa le travail forcé et la répression violente pour extraire l’huile de palme des forêts pour ses usines de savon Sunlight au Royaume-Uni et avec le temps construisit plusieurs plantations de palmier à huile dans la zone de concession qui par la suite passerait sous le contrôle du géant multinational de l’alimentation Unilever. En 2009, Unilever a vendu sa filiale de plantations de palmiers à huile en RDC, Plantations et Huileries du Congo (PHC), ainsi qu’un portefeuille de contrats de concession contestés d’une superficie totale de plus de 100 000 hectares, à Feronia Inc., une société canadienne sans expérience avec les plantations.

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  •   

    2017    254 p.   18 €

      Attac s’est associé à l’Institut de recherche critique en design Civic city pour publier son dernier livre, Notre monde à changer ! Ce bel ouvrage est le résultat d’une habile réinterprétation graphique, par Ruedi Baur et son équipe, des données économiques, analyses et propositions politiques portées par Attac.

      Les montants de l’évasion fiscale, la répartition des richesses et les inégalités dans le monde ou encore les conséquences des dérèglements climatique sont mis en images grâce à un système numérique de représentation de figurines créé par l’atelier Intégral Ruedi Baur en hommage au système Isotype développé en 1925 par le socio-économiste autrichien Otto Neurath et le graphiste allemand Gerd Arntz.

       Dans le cadre d’un projet graphique pour la Biennale d’Art Contemporain, Manifesta 11 qui s’est déroulée en 2016 à Zurich et qui avait pour thème « what people do for money  », l’atelier Intégral Ruedi Baur avait développé un système numérique de représentation de figurines. Celui-ci se voulait être un hommage au système Isotype développé en 1925 par le socio-économiste autrichien Otto Neurath et le graphiste allemand Gerd Arntz.
    Du design d’information qui avait pour objectif de rendre plus intelligible les statistiques en les sortant de leur abstraction. Cette Biennale terminée, se posait la question de la manière de donner une autre réalité politique à ces représentations humaines. Après discussion avec l’éditeur Lars Müller intéressé par la publication du projet, Ruedi et Vera Baur s’adressent à l’association Attac en leur proposant de concevoir avec eux un livre sur l’état économique, social, écologique et politique du monde. Ainsi a débuté une brève mais intense aventure de quelques mois dont le résultat se trouve dans Notre monde à changer ! Les données issues de diverses statistiques choisies comme les propositions politiques d’Attac furent réinterprétées graphiquement par Ruedi Baur et son équipe dans le cadre d’une collaboration fructueuse entre Attac et Civic city.

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  • La pollution de l'air tue 600 000 enfants par an, alerte l'Organisation mondiale de la santé

    Selon une étude de l'organisation, plus de 90% des enfants dans le monde respire un air pollué.

    L\'horizon pollué de Cracovie (Pologne), le 28 décembre 2017. L'horizon pollué de Cracovie (Pologne), le 28 décembre 2017.  (ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP)


    franceinfo avec AFPFrance Télévisions
    https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/la-pollution-de-l-air-tue-


    publié le 29/10/2018 | 

    La pollution de l'air, tant intérieur qu'extérieur, entraîne chaque année la mort de quelque 600 000 enfants de moins de 15 ans en raison d'infections aiguës des voies respiratoires, alerte lundi 29 octobre l'Organisation mondiale de la santé. La pollution de l'air est "le nouveau tabac", souligne le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur le site de l'organisation (http://www.who.int/fr/news-room/detail/29-10-2018-more-than-90-of-the-world%E2%80%99s-children-breathe-toxic-air-every-day).

    L'OMS a publié un rapport révélant que chaque jour, environ 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d'enfants) respirent un air si pollué qu'il met gravement en danger leur santé et leur développement. Selon l'OMS, environ 91% des habitants de la planète respirent un air pollué, ce qui entraîne quelque 7 millions de décès chaque année.

    Les enfants absorbent plus de polluants

    "Cette crise de santé publique fait l'objet d'une attention accrue, mais un aspect critique est souvent négligé : comment la pollution de l'air affecte particulièrement les enfants", relève l'OMS dans le rapport. En 2016, la pollution de l'air à l'intérieur des foyers et à l'extérieur a entraîné la mort de 543 000 enfants de moins de 5 ans et de 52 000 enfants âgés de 5 à 15 ans en raison d'infections aiguës des voies respiratoires.

    L'une des raisons pour lesquelles les enfants sont particulièrement vulnérables est qu'ils respirent plus rapidement que les adultes et absorbent donc plus de polluants. En outre, les enfants vivent plus près du sol, où certains polluants atteignent des concentrations maximales, à un moment où leur cerveau et leur corps sont encore en développement. 

    Les nouveau-nés et les jeunes enfants sont également plus vulnérables à la pollution de l'air dans les foyers qui utilisent régulièrement des technologies et combustibles polluants pour cuisiner, se chauffer et s'éclairer.


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  • 2017   280 p . 7,90 € (Poche)

       Voici le premier guide grand public sur les additifs basé sur la science. Vous saurez en quelques secondes si un aliment peut être acheté sans inquiétude.

      Vous découvrirez ce que cachent réellement les codes ou les noms compliqués qui figurent sur les emballages : des additifs sans risque comme le E 330 ou le E 920, ou plus problématiques comme le E 250 ou le E 621.

      Pour classer les 338 additifs autorisés, nous avons analysé les études scientifiques et défini 4 catégories :
       -rouge : additif qu'il vaut mieux éviter
       -orange : à éviter dans des circonstances précises
       -gris : additif douteux
       -vert : additif qui ne pose pas de problèmes

      Avec, pour chaque additif : les aliments dans lesquels on le trouve, la dose à ne pas dépasser et s'il vaut mieux l'éviter chez l'enfant ou en cas d'allergie, diabète, maladie rénale, prédisposition au cancer, risque cardio-vasculaire...

      Parmi les révélations de ce livre :
       -Les 7 colorants soupçonnés de favoriser l'hyperactivité
       -Pourquoi les additifs au phosphate sont sur la sellette
       -Comment les émulsifiants peuvent perturber la flore intestinale
       -7 édulcorants à éviter en cas de glycémie élevée

       Ce guide a été réalisé par les journalistes scientifiques de LaNutrition.fr sous la direction d'Anne-Laure Denans, docteure en pharmacie et diplômée en nutrition.   

    Un formidable outil informatif et pédagogique mis à la disposition des consommateurs », selon le Pr Jean-François Narbonne qui en a écrit la préface.

    Avec, pour chaque additif : les aliments dans lesquels on le trouve, la dose à ne pas dépasser et s’il vaut mieux l’éviter chez l’enfant ou en cas d’allergie, diabète, maladie rénale, prédisposition au cancer, risque cardio-vasculaire… Et les références des études consultées. »

     1 additif sur 4 pose problème : ce guide signale donc 90 additifs qu'il vaut mieux éviter de consommer régulièrement ou à dose élevée. Parmi les substances suspectes : colorants, phosphates, émulsifiants (qui perturbent la flore intestinale) et nitrites.

    Les additifs répondent aux besoins des industriels, pas des consommateurs, soulignent les auteurs. Ils permettent notamment de réduire les quantités d’ingrédients naturels plus onéreux et de prolonger la conservation.  (Psychomédia)


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  •  Et maintenant on mange quoi? (Christophe BRUSSET )

    2018     304 p.  19 €

       Trois ans après le succès de son best-seller, Vous êtes fous d'avaler ça!, Christophe Brusset poursuit son combat contre les dérives du food-business.
      Avec le même sens de l'humour et des anecdotes toujours aussi étonnantes, il dénonce la généralisation de la malbouffe industrielle ainsi que les dégâts provoqués en termes de santé publique.
      Fort de son expertise, il vous explique comment éviter les principaux pièges tendus par les fabricants et leurs lobbies, mais aussi par la grande distribution et ses as du marketing.
      Après avoir levé le voile sur la valse des étiquettes, des labels et autres appellations plus ou moins sérieuses, Christophe Brusset vous accompagne rayon par rayon dans les méandres de votre supermarché.
      Des produits frais aux denrées du petit-déjeuner en passant par les plats surgelés, il multiplie les conseils et les mises en garde. Grâce à son guide de survie en grande surface, vous ne ferez plus jamais vos courses les yeux fermés! «Une boussole indispensable pour manger sain sans se ruiner et survivre dans la jungle de la malbouffe!»
     
       Christophe Brusset, 47 ans, ancien dirigeant au sein de groupes internationaux de l'agroalimentaire, est l'auteur de

      -Vous êtes fous d'avaler ça ! publié chez Flammarion en 2015 et vendu à plus de 60 000 exemplaires. (chroniqué dans ce blog)

       Quelques extraits: 

    Ancien acheteur pour la grande distribution, il dénonçait dans « Vous êtes fous d'avaler ça ! ,  les multiples dérives  dont il a été, pendant vingt ans,  le complice ou le témoin .

    « Piment indien rempli de crottes de souris, thé vert de Chine bourré de pesticides, faux safran marocain, viande de cheval transformée en bœuf, confiture de fraises sans fraises, origan coupé aux feuilles d’olivier, etc. », énumérait-il.

    Il conseillait d'éviter les premiers prix dans les rayons de supermarché.  On est sûr d’avoir de la mauvaise qualité si on paie trop peu. Un steak haché de qualité à 4 euros le kilo, c’est impossible. La bonne stratégie est donc d’éviter les premiers prix. 

    Dans ce nouveau livre, il vous accompagne rayon par rayon dans les méandres de votre supermarché. Des produits frais aux denrées du petit-déjeuner en passant par les plats surgelés, il multiplie les conseils et les mises en garde .

    Il nous apprend, par exemple, à bien lire l'étiquette des pots de miel. S'il est écrit : “mélange de miels originaires et non originaires de l'Union européenne”, cela signifie qu'il vient de Chine, et qu'il n'a de miel que le nom. En réalité, le consommateur avale des sucres, des colorants, des arômes, des pollens, et peut-être même des antibiotiques de synthèse , rapporte Europe 1. Un pot de miel sur trois vendu en grande surface en Europe est frauduleux. 

     Méfiez-vous notamment des soupes et des sauces à base de cèpes. Il arrive en effet que les champignons achetés en Chine à bas prix soient complètement colonisés par les vers, qui sont ensuite broyés dans les préparations. Même dégoût si l'on analyse attentivement la composition des purées de framboises du Chili, qui contiennent des bouts de feuille, mais aussi et surtout des asticots mixés, ni vu ni connu. 

    Quant aux épices, rapporte France Inter, l'auteur témoigne : Pour la fabrication des produits standards, on extrait les huiles essentielles. Après l'avoir fait, il reste un résidu. Ce déchet, des gens un peu malins l'achètent pour le mélanger à des produits en poudre. Il y a quelques années, j'ai acheté des conteneurs complets de poivre épuisés en inde qui ont fini dans des poivres moulus . Pour éviter ces produits de mauvaise qualité, l'auteur conseille d'acheter des épices entières ou de grandes marques.

     L’idéal pour bien se nourrir serait de commencer par fuir les temples de la malbouffe que sont les supermarchés , écrit-il, relayé par le journaliste Timothée de Rauglaudre sur Slate FR. Mais il se veut « pragmatique » : « Ils sont en telle situation de monopole dans la distribution de produits alimentaires, autour des agglomérations et jusque dans les centres-villes, qu’il est strictement impossible  de les éviter.

     Les prix élevés du bio – 79 % plus cher que le conventionnel pour un panier de fruits et légumes, selon une étude de 2017 de l’UFC-Que choisir – rebutent les ménages au budget serré, d’autant plus lorsqu’ils sont touchés par la précarité alimentaire, qui concerne une personne sur cinq en France, d’après un récent baromètre Ipsos-Secours populaire , souligne le journaliste.

      Christophe Brusset n’en est que trop conscient , ajoute-t-il :  Je viens d’un milieu ouvrier et pauvre, je sais ce que c’est que de jongler avec les fins de mois. J’ai connu ça toute ma jeunesse.  C’est pourquoi il s’attache à montrer la voie vers les produits les “moins pires” en supermarché, sans augmenter le montant du ticket de caisse.

      http://www.psychomedia.qc.ca/sante/2018-11-02/livre-et-maintenant-on-mange-quoi


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  • Infographie] 60 % des populations d’animaux sauvages sur Terre ont disparu en 40 ans

      Les alertes n’en finissent plus de se succéder. Après le secrétaire général de l’ONU et les experts du Giec, le WWF révèle le mercredi 31 octobre son rapport Planète vivante, panorama de la biodiversité mondiale. Et encore une fois, l’ONG s’inquiète de la disparition de millions d’espèces en raison de la pression toujours plus forte des activités humaines sur la nature.

    Manchots adelie espece menacee WWF naturepl com Edwin Giesbers Les manchots Adalie de l'Antarctique font partie des espèces particulièrement menacées et en déclin.
    @WWF - Edwin Giesbers

        Une nouvelle fois, le WWF tire la sonnette d’alarme sur l’état de notre planète. Dans son rapport Planète Vivante 2018, réalisée tous les deux ans, l’ONG a calculé qu’en 40 ans, 60 % des populations d’animaux sauvages sur Terre ont disparu : poissons, mammifères, oiseaux, amphibiens et reptiles.

       "Les espèces n’ont jamais décliné à un rythme si rapide, qui est aujourd’hui cent à mille fois supérieur que celui calculé au cours des temps géologiques", indiquent les experts. En cause, les activités humaines. Agriculture intensive, dégradation des sols, surpêche, dérèglement climatique, pollution plastique pèsent aujourd’hui sur la biodiversité en contribuant à la perte et à la dégradation des habitats naturels et à la surexploitation des ressources.

    Infographie Planète vivante

        Seules 10 % des terres préservées en 2050 

       "Nous sommes face à une grande accélération de la pression exercée par l’Homme sur les écosystèmes : la demande en ressources naturelles tout comme en énergie explose. L’empreinte écologique mondiale, qui mesure l’impact des activités humaines sur les ressources naturelles, a doublé en un demi-siècle", alertent encore les auteurs du rapport.

       À ce jour, seulement un quart des terres ont échappé aux activités humaines. Un chiffre qui devrait chuter à 10 % en 2050 si l’on ne change rien. Mais en s’attaquant au capital naturel de la planète, c’est l’humanité elle-même qui se met en danger, prévient l’ONG. "Si l’on devait payer pour de l'air frais, de l’eau potable, pour l’alimentation, le montant serait estimé à 125 000 milliards de dollars par an, soit une fois et demi le PIB mondial", a calculé le WWF.

       New Deal pour la nature

       “Nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis, car notre modèle de développement est fondé sur ce capital naturel gratuit. Il est donc indispensable de reprendre le contrôle sur cette accélération de la disparition de la nature. Pour cela, nous devons faire de la biodiversité une priorité internationale et parvenir en 2020 à un New Deal pour la nature", appelle Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

        La France accueillera au printemps prochain la septième session du groupe d'experts mondial sur la biodiversité, du 29 avril au 4 mai 2019, ainsi que le congrès mondial de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) à Marseille en 2020. Cette même année, la Chine accueillera la COP15 de la biodiversité, l’équivalent de la COP21 pour le climat.

         Concepcion Alvarez, @conce1   © 2018 Novethic - Tous droits réservés 


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